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Télévision : biographie de l'animateur Arthur

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« Être l’animateur le plus détesté me fait rire ! », disait Arthur il y a quelques années en commentant un sondage qui le plaçait en tête des présentateurs de télévision les moins aimés du public. A  50 ans passés, Arthur symbolise incontestablement la plus belle réussite du tube cathodique français depuis une vingtaine d’années.

 

« Être l’animateur le plus détesté me fait rire ! », disait Arthur il y a quelques années en commentant un sondage qui le plaçait en tête des présentateurs de télévision les moins aimés du public. Une étude de l’opinion surprenante car l’animateur-vedette de TF1 (avec d’autres comme Jean-Luc Reichmann, Nikos Aliagas, Lagaf, Christophe Dechavanne, Jean-Pierre Foucault ou Benjamin Castaldi) accumulait les succès d’audience grâce à ses émissions tels que « Les enfants de la télé » et « Vendredi, tout est permis ». 

 


 

Classé dans le magazine économique « Challenges » dans la liste des 500 personnes les plus riches de l’hexagone (avec une fortune estimée à 200 millions d’euros en 2012), Jacques Essebag (vrai nom d’Arthur) ne se contente pas de présenter des shows de divertissement sur TF1 ou de se produire sur scène, dans des pièces de théâtre ou des one man shows. Il dirige aussi son holding AWPG (Arthur World Participations Group), doté d’un capital de 52 millions d’euros, qui investit dans les médias, le cinéma, l’internet et d’autres secteurs.

 

Arthur : un parcours de self-made man

Quel parcours pour celui qui vit le jour le 10 mars 1966 à Casablanca (au Maroc) et arriva en France en 1967, avec sa famille. Ses parents (son père exerçait le métier d’expert-comptable et sa mère s’occupait de lui et de son jeune frère, Olivier) décidèrent de s’installer à Massy-Palaiseau, une ville en banlieue parisienne, où le futur Arthur décroche son baccalauréat B avant de commencer des études de droit à la faculté de Sceaux.

 

Arthur : premiers pas à la radio

Mais le jeune étudiant a déjà le virus du micro et il effectue ses premiers pas à la radio, en annonçant les résultats sportifs locaux dans l’émission « Tonus » sur Radio Massy-Palaiseau, la station de la municipalité. Pour l’anecdote, c’est Jean-Luc Mélenchon, alors élu de Massy-Palaiseau, qui aurait indirectement recruté Arthur sur une autre staion de la région, Radio Nord Essone ! En 1987, RFM l’engage pour animer les matinales.

 

Et Jacques devint Arthur 

Comme il y a déjà un présentateur qui se prénomme Jacques, il choisit de s’appeler Arthur. Après un court passage sur Kiss FM, il rejoint Skyrock en 1989 et crée « Les zigotos du matin » avec Skyman (alias Guillaume Faye). Quand il arrive sur Fun Radio en 1991, Arthur s’autoproclame « l’animateur le plus con de la bande FM ». Il y anime la tranche du 6 h 30-9 h 30 dont il va booster les audiences avec des jeux provocateurs comme « l’orgasmotron » (simulation d’orgasme féminin en direct). Sa notoriété commence à grandir, d’autant plus que Fun Radio lance une grande campagne publicitaire sur les murs de Paris avec les affiches « L’animateur le plus con de la bande FM », qui marquera les années 1990.

 

Arthur  et l'aventure Fun Radio

C’est à Fun Radio qu’Arthur fera la connaissance de Maître Lévy, qui deviendra son réalisateur. Impressionné par l’humour de celui qui triomphe aujourd’hui sur NRJ chaque matin sous le nom de Manu Lévy, Arthur le fait participer à ses émissions. Lévy le suivra dans toutes ses aventures radiophoniques et sera également l’un des auteurs pour ses shows télévisés, avant de faire cavalier seul. Arhur a 26 ans quand Europe 1 l’engage à prix d’or en 1992 pour rajeunir son auditoire entre 16 h 30 et 18 h, chaque jour. Le présentateur des « Enfants de la télé » officiera, en direct et en public, à la tête d’ « Arhur et les pirates » durant quatre années avec à ses côtés Maître Lévy, Alexandre Devoise, Michèle Bernier, Princesse Jade et Rémy Caccia.


Arthur : l'Emission impossible

C’est aussi en 1992 qu’il débute à la télévision, après avoir été repéré par Dominique Cantien, grande prêtresse des variétés et des divertissements sur TF1. On confie à Arthur « L’Émission impossible », diffusée le vendredi soir vers minuit et qui se veut un mélange de certains talk-shows américains (comme le « Saturday night live » ou le « Howard Stern Show ») avec un groupe musical en live, des sketchs provocateurs et le concept du bureau derrière lequel l’animateur reçoit ses invités.

 

La plus fameuse séquence restera celle des « 17 secondes de bonheur » ou pendant 17 secondes, une jeune femme faisait tournoyer ses seins…Mais « L’Émission impossible » sera un échec même si elle instaura un autre ton dans la petite lucarne et révéla quelques humoristes comme Élie et Dieudonné ou Laurent Violet. Après cette expérience malheureuse, Arthur décide de prendre son temps avant de revenir à la télévision.

 

En 1994, il rejoint France 2 pour lancer une émission qui va compter dans l’histoire du petit écran : « Les enfants de la télé ». Coanimé avec Pierre Tchernia, ce magazine, à base d’images d’archives et de bêtisiers, va propulser l’animateur vers les sommets. Avec ce vrai succès (qui dure encore aujourd’hui), Arthur se métamorphose aussi en producteur, en créant sa société, Case Productions, avec Stéphane Courbit comme associé, et un troisième partenaire.

 

Arthur : viré le même jour que Dechavanne

« On a décidé de s’associer alors que nous avions été virés le même jour de TF1. Stéphane par Christophe Dechavanne, moi par Etienne Mougeotte. Au début, nous étions trois copains, sans véritable notion de gestion ni de comptabilité. Stéphane Courbit avait même encore des crédits étudiants sur le dos. Au final, on s’est retrouvés à gérer une société avec 2000 fiches de paie mensuelles… », a raconté Arthur.

 

Arthur : l’affaire des animateurs-producteurs 

Éclaboussé par l’affaire des animateurs-producteurs (Arthur, Jean-Luc Delarue, Nagui) qui secoue France 2 en 1996 et qui poussera le PDG de France Télévisions, Jean-Pierre Elkabbach, à la démission, Arthur part pour TF1 avec, dans ses bagages, « Les enfants de la télé « (dont il a eu l’intelligence de conserver tous les droits) et « La fureur du samedi soir », son émission de karaoké qui fera les belles heures de la Une. Parallèlement à ses activités télévisuelles, l’animateur quitte Europe 1 pour Europe 2 avec la présentation des matinales entre 1996 et 1999 où il ouvre son antenne à de nombreux jeunes comiques comme Gad Elmaleh, Axelle Lafont, Tex (aujourd’hui présentateur de l’émission « Les Z’Amours » sur France 2), Philippe Lelièvre ou Gustave de Kervern, l’un des créateurs de « Groland » sur Canal Plus.

 

Arthur producteur

En même temps, Arthur produit d’autres émissions sur TF1 (en plus ce celles qu’il anime), comme la quotidienne « Exclusif » (où démarrèrent Alexia Laroche-Joubert et Valérie Damidot), « Rêve d’un soir », « 120 minutes de bonheur », « le zapping du samedi », « CIA » coprésenté avec Dominique Farrugia, « Personne n’est parfait » les soirées du 31 décembre ou « La grosse émission » pour la chaîne Comédie ! Avec son partenaire Stéphane Courbit, il transforme Case Productions en ASP (Arthur Stéphane Productions).

 

Arthur et Endemol

Leur société se développe à un rythme effréné et rachète d’autres entreprises et de nombreux concepts. Le géant néerlandais Endemol acquiert ASP et offre la vice-présidence d’Endemol France à Arthur en 2001 (Courbit étant nommé PDG). Endemol France va révolutionner la télévision française avec le lancement de « Loft Story » sur M6, en avril 2001 sur M6, présenté par Benjamin Castaldi. Soit le début de la télé-réalité dans l’hexagone qui sera suivi par « La Star Academy », autre production d’Endemol France, « Nice People » et par de nombreuses autres émissions similaires.

 

Arthur : la consécration

C’est la consécration pour Endemol France, qui devient l’acteur majeur et incontournable du PAF, au point de signer un contrat d’exclusivité avec TF1 sur plusieurs années. Endemol France propose et produit en priorité ses concepts sur la chaîne de Francis Bouygues. Un jackpot de plusieurs dizaines millions d’euros qui le sera aussi pour Arthur en 2006.

 

En vendant ses parts dans le groupe Endemol à la multinationale espagnole Telefónica, l’animateur aurait perçu entre 200 et 300 millions d’euros, tout comme son associé Stéphane Courbit. Dans les années 2000, l’histoire d’Arthur rimera aussi avec le triomphe du jeu sur TF1, « Á prendre ou à laisser », qu’il arrêtera en 2008 pour se consacrer au one man show avec son spectacle « Arthur en vrai », mis en scène par la comédienne Isabelle Nanty, puis au théâtre avec « Le dîner de cons » de Francis Veber, aux côtés de son ami Dany Boon.

 

Arthur et AWPG

Avec sa nouvelle société, AWPG, Arthur endosse le costume de chef d’entreprise en achetant le réseau de radios Ouï FM, en créant un site internet pour les seniors (qui ne remportera pas le succès espéré) et en s’associant avec Philippe Rousselet (fils d’André Rousselet, l’ami fidèle de François Mitterrand, patron des taxis G7 et ex-PDG de Canal Plus) dans la production cinématographique.

 

Sans oublier la radio avec « Planète Arthur », chaque après-midi entre 16 h et 18 h 30 sur Fun Radio entre 2000 et 2004, qui obtient de magnifiques résultats d’audience et permet d’entendre à ses côtés Valérie Bénaïm, Cyril Hanouna, Jonathan Lambert, Maître Lévy et Myriam. Mais en 2004, le recrutement de Cauet sur Fun Radio déplaît fortement à Arthur qui décide de quitter la station.


Les Enfants de la télé

L’animateur des « Enfants de la télé », de confession juive, reproche en effet (à juste titre) à Cauet d’avoir tenu en 1995 des propos, certes humoristiques, sur les camps de concentration nazis et la Shoah. Les dirigeants de Fun Radio refusent la démission d’Arthur et oblige le présentateur à poursuivre ses shows.

 

Obligé de revenir à l’antenne en septembre 2004, Arthur va alors réaliser trois émissions uniques dans les annales de la radio. Intitulées « Libérez Arthur », il va demander à être libéré de son contrat (mais sans le préciser explicitement), avec des messages de soutien de plusieurs de ses amis et des sketchs parodiant les patrons de Fun Radio. Jonathan Lambert participera activement à ces émissions de protestations.

 

Au bout de trois jours, la direction de Fun Radio licencie la star Arthur et lui intentera même un procès. En 2007, Arthur se réconciliera avec Cauet, un de ses anciens assistants. Depuis deux ans, le présentateur gère ses investissements et sa fortune (il serait propriétaire d’une villa à Saint-Tropez et d’un yacht de 27 mètres) tout en poursuivant sur la route du succès cathodique avec le triomphe de « Vendredi tout est permis », toujours sur TF1.

 

Enfants de la télé : le triomphe

Un format imaginé et conçu par Arthur et ses équipes qui connaît un triomphe international puisque l’émission a été rachetée par les Etats-Unis, la Chine, le Brésil ou l’Australie. Comme si pour Arthur, il était plus facile de travailler avec les chaînes étrangères que celles de l’hexagone ainsi qu’il le notait il y a quelqus semaines dans les colonnes du magazine « Télé Obs » : « Aujourd’hui, il est plus compliqué pour moi de décrocher un rendez-vous à France 4 que de rencontrer le président de la branche Télé Monde de Warner, à Los Angeles.

 

Aux USA, il y a une vraie appétence pour mon travail. En France, en revanche, beaucoup attendent le jour où j’aurai un genou à terre. Je suis celui qu’on aime détester. Cela fait vingt ans que je fais des primes sur la première chaîne française et il y a toujours un paradoxe entre d’un côté l’amour du public, les audiences de mes émissions et, de l’autre, l’image que je véhicule. Pourtant, vous ne m’avez jamais entendu faire de déclarations tapageuses, ni vu avec ma famille dans les avant-premières mondaines : je suis un mec plutôt discret. J’ai l’impression qu’on me fait payer l’arrogance du succès… »

 

Nul doute que la réussite d’Arthur a dû alimenter l’armée des jaloux, des aigris, des antisémites ou des concurrents. En vingt-cinq ans de métier, le petit animateur de la bande FM est entré dans le club des nababs du paysage audiovisuel français. Parti de rien avec un simple bac B, pour arriver au sommet : Arthur a réalisé « l’ascension » impossible !

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