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Qu'est-ce que la maladie de Basedow ?

Info & Savoir

Parmi les pathologies qui ne font pas parler d'elles, figure la maladie de Basedow, méconnue alors qu’elle est assez répandue. Cela explique la raison pour laquelle les symptômes passent souvent inaperçus. En voici les principales caractéristiques.

C’est la thyroïde qui est atteinte dans cette affection. La maladie de Basedow est en réalité une forme particulière d’hyperthyroïdie, auto-immune, ce qui en fait toute la complexité.

 

Maladie de Basedow : la thyroïde en question

La personne fabrique donc elle-même des anticorps qui n’ont pas lieu d’être et viennent complétement perturber l’organisme, car cette production est permanente.

 

Les anticorps ont normalement pour but de détruire certaines cellules néfastes, mais au lieu de mener à bien leur mission, dans le cadre de Basedow, ces anticorps stimulent sans cesse la libération d’hormones thyroïdiennes, d’où hypertrophie de la glande. Mais cela peut cependant passer totalement inaperçu dans un premier temps.

 


 

Maladie de Basedow : les victimes concernées

Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes, et l’âge se situe généralement entre 40 et 60 ans. Cette maladie est la plus fréquente des hyperthyroïdies.

 

Les médecins ont pu prouver l’existence d’un facteur génétique, il est donc intéressant de savoir s’il y a des antécédents familiaux. A noter que le tabac multiplie le risque de souffrir de cette maladie. On a pu remarquer que la maladie se signalait notamment en période de guerres, et en ce cas, ce sont les hommes qui sont les plus touchés.

 

Les traumatismes psychiques jouent donc un rôle, et sans parler de guerre, il peut s’agir tout simplement d’un changement de vie. En effet, on sait que le système endocrinien est sensible au stress. Et lorsque le système immunitaire n’est pas au mieux, une maladie auto-immune peut plus facilement s’installer, en particulier lorsqu’il existe une prédisposition.

 

Maladie de Basedow : les principaux signes cliniques

Le métabolisme s’accélère, ce qui provoque généralement une perte de poids. Jusque-là, la plupart des femmes ne s’affolent pas sauf que lorsque l’on maigrit sans raison véritable, il faut quand même commencer à se poser des questions. Surtout que l’appétit n’est pas atteint. L’amaigrissement touche notamment les muscles.

 

Un malade assis a par exemple de grandes difficultés à se lever seul (syndrome du tabouret). Mais l’amaigrissement n’est pas l’unique symptôme : il y a également des attaques de type tachycardie, les pulsations cardiaques sont souvent rapides et irrégulières.

 

Les dysfonctionnements de la thyroïde provoquent aussi des sautes d’humeur et une grande nervosité. Car la surcharge en hormones thyroïdiennes provoque une surexcitation en même temps qu’une grande fatigue, voire un épuisement général. On ne s’aperçoit donc pas vraiment du problème, car le malade peut faire preuve d’une grande énergie, travailler beaucoup. D’où le fait que personne ne s’étonne qu’il soit ensuite fatigué, irascible, hypersensible.

 

Certains malades ont même des crises d’angoisse, des tremblements. Pour les femmes ménopausées, cela est aussi lié à la baisse d’hormones sexuelles. Lorsque l’on atteint le stade aigüe, la maladie a une influence sur tous les domaines de la vie et l’état psychologique est forcément touché.

 

Maladie de Basedow :les autres symptômes

 

De nombreux malades souffrent aussi d’exophtalmie : les yeux sont exorbités, un symptôme qui cette fois ne trompe pas. Les cheveux deviennent aussi plus fins et cassants. Parmi les autres signes on peut citer l’augmentation de la température cutanée, la diarrhée, parfois l’ostéoporose après la ménopause.

 

Les signes sont donc divers, mais souvent peu spécifiques, si ce n’est ce qui concerne les yeux ou l’apparition d’un goitre, or, bien heureusement, ces signes ne sont pas systématiques.

 

Maladie de Basedow : le diagnostic à poser

En premier lieu, on procède à des analyses de sang. Si les signes cliniques sont assez clairs, les analyses suffisent à poser le diagnostic. On opère souvent une scintigraphie avec un composé radioactif afin de vérifier le fonctionnement de la glande. Une échographie permet aussi de vérifier s’il n’y a pas de nodule, ni de cancer.

 

En dépit de cette apparente simplicité, le diagnostic met parfois des mois à être posé en premier lieu parce que les signes ne sont pas très clairs et que le patient ne consulte pas. Mais aussi parfois parce que le praticien ne pense pas à la maladie de Basedow, si l’on vient simplement avec une grande fatigue ou une dépression, qui à elle seule peut aussi expliquer l’irritabilité ou la perte de poids.

 

Maladie de Basedow :  le traitement à mettre en place

Il arrive qu’il n’y ait pas besoin de traitement pour la bonne raison qu’une rémission spontanée se produit dans un tiers des cas. Pour les autres, il existe des traitements différents en fonction du diagnostic, et aussi de la préférence du praticien.

 

La médication antithyroïdienne est le traitement que l’on préfère en France. Il est normalement utilisé pour rétablir l’équilibre thyroïdien. Le traitement est délicat pour deux raisons : il faut trouver le bon dosage, ce qui est toujours complexe avec les hormones. Et une fois que l’on a trouvé la solution, dès que l’on arrête ou baisse les doses, le risque de rechute est très important. Ce risque est constant, c’est la raison pour laquelle il est parfois nécessaire de changer de thérapie.

 

Le traitement consiste généralement en l’administration de Néomercazole pendant un mois pour bloquer la production d’anticorps, puis :
- trouver la bonne dose qui permet de garder l’équilibre ;
- garder une dose bloquante et rajouter une dose de substitution par ailleurs.


Dans tous les cas, le suivi doit être précis et régulier.
Le traitement dure environ 18 mois. Ensuite la moitié des patients récidive. Dans ce cas, il faut changer de stratégie.

 

Maladie de Basedow : ablation partielle ou total de la thyroïde
Certains praticiens optent pour la chirurgie, en particulier lorsqu’il y a présence d’un goitre. Il s’agit d’une intervention qui demande un chirurgien très expérimenté. L’ablation est bien entendu la solution privilégiée en cas de nodule toxique.

 

D’autres praticiens préféreront l’iode 131 à l’intervention chirurgicale. C’est le traitement de première intention aux Etats-Unis.

Il est important aussi de mettre en place des mesures de lutte contre le stress. Cela peut passer par de la méditation, de la relaxation ou aller jusqu’à une psychothérapie comportementale.

 

On le voit les solutions existent, mais elles sont longues à mettre en place et les rechutes font de la maladie de Basedow un vrai problème. C’est pour cela qu’au niveau des traitements, il n’existe pas de consensus médical international.

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