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Pourquoi le 1er mai est la fête du Travail ?

Info & Savoir

La journée internationale des travailleurs, aussi appelée fête des travailleurs, fête du Travail, ou fête des ouvriers dans le monde arabe, a été créée en 1889. Elle fait suite au mouvement revendicatif lancé par les syndicats américains au printemps 1884, fixé à chaque 1er mai, pour obtenir dans les deux ans la limitation du travail quotidien à huit heures, et aux dramatiques événements survenus le 1er mai 1886 à Chicago.

En 1793, Fabre d'Églantine (Philippe Nazaire François Fabre), acteur, dramaturge, poète et homme politique, dans un rapport lu à la Convention (Assemblée constituante) sur le calendrier révolutionnaire, auquel il a donné les noms des jours et des mois, institue pour la première fois en France une fête du Travail, fixée au 19 septembre.

 




Saint-Just (Louis Antoine Léon de Saint-Just), inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens, établit dans les institutions républicaines la date du 1er pluviôse (20 ou 31 janvier dans le calendrier grégorien) pour cette fête. En novembre 1831, les canuts de Lyon, qui travaillent jusqu'à 18 heures par jour, se révoltent aux cris de « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Leur révolte marque la naissance des luttes ouvrières. En 1848, après l'abdication de Louis-Philippe, la Constitution de la deuxième République instaure une fête du Travail dans les colonies pour effacer les dégradations dues à l'esclavage. La date du 4 mars, date de l'abolition de l'esclavage dans notre pays et dans ses territoires colonisés, est retenue. Dans l'Hexagone, en 1867, Jean-Baptiste Godin patron de l'entreprise qui porte son nom et fondateur du familistère de Guise (Aisne), crée pour ses salariés une fête du Travail, d'abord célébrée le 5 juin puis le premier dimanche de mai. Cette journée est toujours commémorée. Mais c'est aux États-Unis que tout commence vraiment. En 1884, les principaux syndicats ouvriers se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils décident d'organiser des actions qu'ils fixent à chaque 1er mai, date marquant le début de l'année comptable pour nombre d'entreprises du pays et le renouvellement des baux.

Au printemps 1886, si près de 200 000 travailleurs ont obtenu le fameux « 3 x 8 », sans réduction de salaire, il n'en est pas de même pour quelque 340 000 autres.

C'est ainsi qu'une grève générale est lancée pour faire céder les employeurs. Le 3 mai de cette année-là, à Chicago, un rassemblement devant l'usine McCornick Harvester (constructeur de matériel agricole), tourne mal, des milices patronales provoquant des incidents. Les forces de l'ordre tirent sur les manifestants, trois sont tués et près de cinquante blessés. Le lendemain, une marche de protestation pacifique a lieu. En fin de journée, à Haymarket Place (littéralement place du marché au foin), alors que la foule se disperse, qu'il ne reste qu'environ 200 protestataires face à autant de gardes nationaux, une bombe explose au milieu de ces derniers, en tuant sept et en blessant grièvement une soixantaine. S'ensuivent émeutes (dites Haymarket affair) et l'arrestation de huit anarchistes meneurs grévistes. Le 17 mai, malgré des preuves incertaines, Michel Schwab et Samuel Fielden sont condamnés à la prison à perpétuité, Oscar Neebe à une peine d'emprisonnement de quinze ans, et les cinq autres, Auguste Spies, Adolphe Fischer, Georges Engel, Albert Révolte des Canuts. Au terme d'une rude bataille, environ 600 victimes, les ouvriers se rendent maîtres de la ville dans la nuit du 22 au 23 novembre1831.

Parsons et Louis Lingg, à la pendaison. Ils sont exécutés, sauf le dernier qui s'est suicidé, le 11 novembre 1887. Le 26 juin 1893, les « martyrs de Chicago », entrés dans l'histoire de la lutte ouvrière, sont innocentés par le gouverneur de l'Illinois, John Altgeld : les trois prisonniers sont libérés sans condition quand les cinq autres condamnés sont réhabilités. En 1889, se tient à Paris le congrès de l'Internationale socialiste, alors que se déroule l'exposition universelle commémorant le centenaire de la Révolution française. Les congressistes revendiquent la limitation du temps de travail à huit heures par jour, soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche étant le seul jour chômé.

Le 20 juillet, sur proposition de Raymond Lavigne, militant politique et syndicaliste bordelais, ils décident que « sera organisée une grande manifestation à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes, les travailleurs mettent, le même jour, les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement la journée de travail à huit heures et d'appliquer les autres résolutions du congrès international de Paris. Attendu qu'une semblable manifestation a déjà été décidée par l'American Federation of Labor (Fédération américaine du Travail) dans son congrès de décembre 1888, tenu à Saint-Louis, la date est adoptée pour la manifestation internationale ». Le 1er mai 1891, à Fourmies (Nord), cité du textile, l'armée tire à bout portant sur le cortège d'ouvriers pacifiques, faisant plus d'une douzaine de morts.

 

Parmi eux, huit jeunes gens âgés de moins de 21 ans et Marie Blondeau, ouvrière tuée alors qu'elle défilait, vêtue de blanc et les bras chargés de fleurs. En souvenir de cette journée, les Européens instituent quelques années plus tard la journée internationale des travailleurs ou fête des travailleurs. Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heu-res et fait du 1er mai une journée chômée. Pourtant, le 1er mai suivant, des manifestations monstres ont lieu un peu partout dans notre pays. Elles ne se cantonnent plus à l'obtention de la limitation du temps de travail, elles sont l'occasion d'autres revendications (conditions de travail, congés...).

Le 12 avril 1941, sous l'Occupation, à l'initiative de René Belin, ancien dirigeant de l'aile socialiste de la Confédération générale du travail (CGT), devenu secrétaire d'État du Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain, le 1er mai est officiellement désigné comme fête du Travail et de la Concorde sociale, jour chômé sans perte de salaire, façon de rallier les ouvriers au régime de Vichy.

Le 29 avril 1947, le gouvernement issu de la Libération reconnaît officiellement le 1er mai comme étant la fête du Travail. Dans la foulée il en fait un jour férié et payé pour tous les salariés, sans conditions.

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