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Pourquoi être à la mode garantit un mieux-être ?

Info & Savoir

Être à la mode garantit un mieux-être personnel et permet de se distinguer dans la société. Mais jusqu'à quel point ?

À l'heure de la mondialisation et des marques low-costs (terme anglais signifiant « bas coût »), il est désormais possible à tous de profiter des pouvoirs régénérateurs de la mode. Certains tentent cependant d'échapper à ces chemins trop tracés : amateurs de dépôts-ventes ou boutiques vintage cherchent dans ces espaces moins normés les vêtements qui sauront exprimer les nuances de leur personnalité.




« Nos vêtements laissent passer des messages qui nous échappent » résume Catherine Joubert. Si notre garde-robe nous protège et nous dissimule, elle nous expose en même temps et dessine notre image au milieu des autres. Trouver son style prouve une certaine forme d'équilibre. Cela indique que l'on est suffisamment tranquille pour avoir trouvé une image de soi qui nous satisfait. Cependant, il faut être capable de faire évoluer cette image.

« Même si cela n'a pas été toujours le cas au cours de notre existence : lorsque l'on est enfant, ce sont les parents qui choisissent les vêtements », explique Catherine Joubert, psychiatre et psychanalyste, auteur avec Sarah Stern de Déshabillez-moi - psychanalyse des comportements vestimentaires (éd. Hachette).

 

À travers ces tenues imposées, ils révèlent la manière dont ils rêvent leur progéniture. Cette prise de pouvoir cesse à l'adolescence, l'enfant pouvant alors choisir ses tenues vestimentaires. Les objectifs de ces ados sont alors multiples : ne plus dépendre de ses parents, établir son autonomie, marquer sa différence. En même temps, son identité passe par des signes d'appartenance très forts au groupe qu'il a choisi.

Une garde-robe élégante comme moyen de gagner sa dignité auprès de son entourage ?

« Depuis la Renaissance, la mode est un outil de distinction, de classe et d'ostentation. C'est l'un des moyens les plus puissants de signifier son élévation sociale. Aujourd'hui, les nobles, ce sont les quelques stars que l'on imite à travers un accessoire de luxe », explique Frédéric Godart, sociologue chercheur à l'Insead ((à l'origine, acronyme de Institut européen d'administration des affaires) et auteur d'une récente Sociologie de la mode (éd. La Découverte).

 

Car même si l'on dispose d'un petit budget, acquérir une paire de bottes ou un foulard de grande marque reste possible. En atteste la bonne santé de l'industrie du luxe dans nos pays en crise. Les femmes suivent une sorte d'initiation vestimentaire à travers leurs hebdomadaires préférés.

 

La chômeuse qui part s'acheter une jupe pour échapper au sentiment de fatalité, la fashion-victim qui attend impatiemment la sortie du nouveau sac censé combler ses rêves de perfection, l'ado qui affiche sa liberté en portant un tee-shirt à l'effigie de son idole... Nous pouvons nous servir de notre dressing pour exprimer des parts de nousmêmes qui ne demandent qu'à être extériorisées. Et même si tout un chacun suit un courant général et normatif, chacun peut trouver son style et exprimer ainsi son intériorité.

Outre le fait de permettre de s'intégrer dans un groupe à l'adolescence et dans la société plus tard, porter des vêtements que l'on aime bien et que l'on a choisi permet également de se sentir bien dans sa peau. Ainsi, s'acheter un joli vêtement, rafraîchir sa garde-robe peut avoir un effet dynamisant sur le psychisme. Et donner le sentiment de se renouveler.

 

Lorsque l'on part en quête d'un nouvel habit, on rentre dans un rapport stimulant au désir de l'autre : on veut trouver quelque chose qui nous rend visible donc désirable. À l'inverse, chez quelqu'un qui va mal et qui déprime, cela se manifestera à travers ses tenues négligées, le peu d'attention qu'il accorde à son apparence et même à son hygiène.

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