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Je suis souvent angoissée. Pourquoi ?

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Lorsque l'angoisse nous saisit, elle est souvent disproportionnée par rapport à ce qui la déclenche. C'est qu'avec elle, se réveillent d'autres angoisses enfouies, anciennes, profondes, oubliées. Pour venir à bout de l'angoisse, il faut prendre en compte tous ces échos. Une vie sans angoisse est illusoire, mais une vie dévorée par l'angoisse est intenable. Entre ces deux extrêmes, nous pouvons tracer notre chemin le plus sereinement possible. Oui, mais pourquoi les mécanismes de nos peurs se dérèglent-ils et pourquoi notre cerveau émotionnel prend-il alors le pouvoir ?

L'angoisse est un phénomène naturel, il est souvent décrit par notre psychologie moderne comme un mécanisme de défense qui nous protège d'un déséquilibre plus grave. Que vous vous sentiez angoissé à l'idée de perdre votre travail c'est « normal », ou plutôt naturel, qu'un danger potentiel vous menace, ça l'est tout autant. Comme le stress ou l'anxiété, il s'agit d'une réaction de survie, mais si l'angoisse en arrive à vous empêcher de penser ou d'agir, ou même carrément de vivre votre vie, il est clair que vous avez là un problème à résoudre.

Le mot « angoisse » regroupe plusieurs sens et définitions.

En psychologie, il désigne un état de mal-être qui se manifeste par une sensation interne d'oppression et de resserrement ressentie au niveau du corps ; ceci s'accompagnant généralement d'une crainte de malheurs ou de mort imminente contre lesquelles le sujet se sent impuissant.

 


 

L'angoisse n'est pas un signe psychopathologique en lui-même mais le miroir d'un ensemble de phénomènes affectifs ; toutefois, si elle devient trop fréquente voire continue, l'angoisse devient un symptôme pouvant être corrélé, à d'autres signes particuliers pour former un syndrome, ou se présenter de manière isolée à travers l'anxiété généralisée, ou névrose d'angoisse. Dans certaines situations cliniques, une absence d'angoisse peut-être aussi alarmante qu'un excès.

En psychanalyse, l'angoisse est à la fois un concept métapsychologique dans la première topique puis, retravaillée dans la deuxième, et dès lors vue comme la manifestation clinique signal d'un conflit intrapsychique.

En philosophie, le sujet a été traité par plusieurs auteurs et particulièrement l'existentialisme pour lequel elle prend la valeur d'un questionnement sur la condition humaine.

Bien qu'il soit très difficile de formuler une définition précise de l'anxiété ou de l'angoisse, c'est-à-dire une définition qui couvrirait tous les aspects, tout le monde connaît cette sensation. Il n'y a personne qui n'ait expérimenté un certain degré d'anxiété, que ce soit l'appréhension ressentie avant de passer un examen, ou bien cet état d'alarme lorsqu'on s'éveille au beau milieu de la nuit, certain d'avoir entendu un bruit suspect à l'extérieur.

Ce qui est moins connu, cependant, c'est que des sensations telles que les étourdissements ou les vertiges extrêmes ; les points devant les yeux et une vision brouillée ; les engourdissements et les picotements ; les muscles contractés, presque paralysés ; et les sensations de gêne respiratoire pouvant aller jusqu'à l'oppression, l'étouffement ou la suffocation, peuvent également faire partie de l'anxiété. Quand ces sensations se manifestent et que vous ne comprenez pas ce qui se passe en vous, l'anxiété peut alors s'intensifier au point d'atteindre un niveau de panique, car vous croyez alors être subitement frappé par une maladie.

Sigmund Freud a effectué plusieurs théorisations de l'angoisse qui se complètent. On distingue généralement deux conceptions de mécanismes intrapsychiques, qui la plupart du temps sont inconscients et n'apparaissent qu'à travers la parole de la cure, le dessin pour les enfants, ou par des médiations plus ou moins sublimées : La première théorisation considère l'angoisse comme secondaire au refoulement : l'affect sexuel délié de la représentation refoulée est transformé en angoisse ;

La seconde considère l'angoisse comme un « signal » devant l'imminence d'un danger notamment interne ; l'angoisse est donc ici un processus de défense mis en place par le Moi, face à l'afflux d'excitation pulsionnelle : l'angoisse précède donc le refoulement dans cette conception ; Liée à la précédente,« l'angoisse automatique » est une réaction spontanée de l'organisme devant une situation traumatique, externe ou interne.

Corollaire de la condition humaine, l'angoisse est donc une peur irrationnelle accompagnée la plupart du temps de modifications neurovégétatives du type de celles observées lors de chocs émotionnels. Désorganisant la conscience et entraînant une régression de la pensée et de l'affectivité, l'angoisse trouve ses causes dans un conflit intérieur réactivant par exemple des craintes fantasmatiques. Normale si elle est passagère, l'angoisse peut conduire l'individu à la névrose ou à la psychose s'il ne peut s'adapter à la situation qui la génère.

L'angoisse se manifeste par le biais de trois mécanismes distincts, l'un d'entre eux pouvant prédominer d'un individu à l'autre.

Le mécanisme physique comprend tous les symptômes physiques comme les étourdissements, les palpitations, la transpiration, les douleurs thoraciques et l'essoufflement.

Le mécanisme comportemental (ou behavioral) englobe les réactions concrètes telles que l'allure de la marche, le trépignement des pieds (taper du pied) et l'évitement. Pendant les attaques de panique, le mécanisme physique prédomine, car ce sont les symptômes psychosomatiques qui sont le plus facilement confondus, à tort, avec les signes de certaines maladies ou affections graves.

Le mécanisme mental inclut les véritables sensations d'angoisse, de nervosité, d'anxiété, de panique et aussi les pensées telles que : « Quelque chose ne va pas ».

La meilleure façon de se représenter l'ensemble des mécanismes de la réaction « faire face ou fuir », c'est en se rappelant qu'ils ont tous pour fonction de préparer l'organisme à réagir immédiatement et que leur but commun est de protéger l'organisme.

Selon le Dr Jean Huot, médecinpsychiatre, l'effet premier de la réaction « faire face ou fuir » consiste à alerter l'organisme de l'existence possible de danger. Ainsi, un des effets majeurs à se manifester initialement est un détournement immédiat et automatique de l'attention : la vigilance prend les commandes pour scruter les environs afin de détecter toute menace potentielle. Autrement dit, il est très difficile de se concentrer sur des tâches quotidiennes quand on est anxieux. Voilà pourquoi les personnes anxieuses se plaignent souvent d'être facilement distraites dans leur travail, aussi routinier soit-il, de ne pouvoir se concentrer et d'avoir des troubles de la mémoire.

Cela constitue un effet important et normal de la réaction « faire face ou fuir », car sa fonction est de détourner votre attention des tâches en cours pour vous permettre de détecter autour de vous tout danger potentiel. Parfois, aucune menace évidente ne peut être perçue de manière tangible ou rationnelle. En règle générale, cependant, l'être humain refuse le fait de n'avoir aucune explication à ce genre de situation ; il se livre alors à une introspection. Autrement dit : « s'il n'y a rien à l'extérieur qui puisse me rendre anxieux, il doit y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond avec moi. » C'est à ce momentlà que l'esprit invente une explication telle que : « je dois être en train de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir fou ». Rien n'est plus éloigné de la vérité, que cette façon de penser, puisque l'objectif même de la réaction « faire face ou fuir » est de protéger l'organisme et non de l'agresser. Néanmoins, cette façon de penser est compréhensible.

Heureusement, il existe de nombreuses solutions pour vaincre ses angoisses. Vous pouvez essayer de faire ce travail seul ou demander à un psychologue ou à un psychiatre de vous y aider.

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