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Info et Savoir : pourquoi avons-nous tant besoin de reconnaissance ?

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Dès l'enfance, la construction de l'identité se fonde sur la circulation et la qualité des signes de reconnaissance échangés avec l'environnement. Chacun de nous, pour exister, a besoin d'être reconnu, accepté, d'échanger, de recevoir et de donner des stimulations tant physiques que psychiques. Mieux nous saurons (re)connaître et gérer ces signes de reconnaissances, plus notre vie personnelle et sociale s'enrichira et se renouvellera.

Nous sommes assoiffés de reconnaissance. Et c'est normal, la reconnaissance joue un rôle fondamental dans notre équilibre : c'est elle qui nous confirme notre valeur, l'appartenance et l'intégration, qui solidifie l'estime de soi puis la confiance en soi. Le message que nous percevons lorsque nous recevons des signes de reconnaissance, c'est que nous existons, que nous sommes dignes d'intérêt et que nous faisons partie d'un groupe. Ce besoin, comme tous nos besoins, a une origine primitive: la reconnaissance favorisait la survie par la stabilité sociale et psychologique du groupe. Nous aspirons à recevoir le reconnaissance de nos accomplissements, de nos réussites, de ce que nous faisons bien, mais aussi la reconnaissance des difficultés, des obstacles que nous rencontrons et que nous dépassons, franchissons... ou non.

Le manque de reconnaissance est une des principales causes de stress exprimées par les salariés. Idem dans un couple ou dans des rapports parents-enfants. Le besoin non satisfait de reconnaissance est à l'origine de beaucoup d'émotions, de sentiments et par ricochet de comportements négatifs (frustration, colère, impatience, agressivité, irritabilité, ressentiment, susceptibilité, dégoût, maussaderie, morosité, etc.) dont le trop-plein mène directement à la perte de motivation, au découragement et au stress.

Nous aspirons d'autant plus à la reconnaissance que ce besoin naturel, autant biologique que sociologique, nous l'avons souvent vu rejeté avec une moue suspicieuse et méprisante. Ainsi enfants, nous apprenons : A minimiser voire à nier nos émotions :« quand on est un grand garçon ou une grande fille, on ne pleure pas ». Dommage collatéral : si nos émotions sont illégitimes, nous le sommes aussi.

A minimiser nos accomplissements : à trop s'étendre sur une réussite, on risque de prendre la grosse tête, d'avoir les chevilles qui enflent, de se reposer sur ses lauriers etc. Dommage collatéral : plutôt que de prendre trop de place dans la fratrie/classe/groupe, faisons-nous tous petits et insignifiants.

Que les autres savent mieux que nous ce qui a de la valeur et ce qui n'en a pas : parents, profs, adultes en général etc. Bref, que nous sommes incapables d'un jugement valable. Dommage collatéral : nous n'avons de valeur que si les autres nous en accordent.

C'est normal pour ceux qui savent de mettre le doigt sur les manquements, les fautes, les erreurs, des incapables que nous sommes, puisque c'est comme ça qu'on apprend. Dommage collatéral : nos accomplissements n'ont donc aucun intérêt, et on apprend dans la douleur.

Et le pire, c'est qu'une fois parvenus à l'âge adulte, nous souffrons du manque de reconnaissance tout en le perpétrant à notre tour, de la même manière, puisque c'est ce que nous avons appris à faire.

Le pire c'est que nous participons bien malgré nous à ce manque de reconnaissance ! En effet, nous avons beau aspirer à la reconnaissance, à quelle fréquence accordons-nous des signes de reconnaissance aux autres ? Assez rarement en fait. Qu'est-ce qui nous empêche de la faire ? Les raisons déjà exposées ci-dessus : nous sommes de bons élèves qui cherchons à nous faire remarquer en ayant bien appris notre leçon.

Nous évitons scrupuleusement de reconnaître les accomplissements et difficultés des autres, surtout si nous sommes en compétition avec eux pour la reconnaissance du chef, de Papa/Maman, etc. Et nous en venons tout naturellement à éviter de reconnaître nos propres accomplissements et difficultés. C'est ainsi que nous rentrons dans des cercles vicieux de dévalorisation de soi qui frustrent notre besoin de reconnaissance pour une durée indéterminée.

Commencez pas donner ce que vous voulez recevoir. Ne serait-ce que pour prendre l'habitude d'être en contact avec la reconnaissance, mais aussi parce que donnant-donnant, c'est mieux ! De plus, en particulier dans le milieu professionnel, peu de gens étant enclins à envoyer des messages de reconnaissance, lancer la machine est une bonne façon de s'attirer les marques de reconnaissance de la part des autres et d'améliorer considérablement ses relations. Et puis, il est assez vain d'espérer qu'on nous donne ce qu'on n'est pas prêt à donner soi-même. En bref, accordez aux autres la reconnaissance que vous voulez obtenir, et l'effet boomerang ne devrait pas tarder à se faire sentir. Aux autres d'abord (enfants, conjoints, amis, mais aussi salariés, collaborateurs, collègues), puis à vous-même.

D'ailleurs, vous êtes la seule personne à savoir de quelles marques de reconnaissance, exactement, vous avez besoin. De plus, si vous ne reconnaissez pas vos propres accomplissements, disons-le tout net, personne ne le fera à votre place. Quels sont les accomplissements et difficultés que vous voudriez voir reconnus ? Dans quelle mesure leur accordez-vous vous-même la reconnaissance que vous aimeriez recevoir d'autrui ? Quels signes de reconnaissances allez-vous vous accordez à vous-même ? Autant de questions qui méritent vos réponses.

Pour mettre en place un système de reconnaissance automatique, il est nécessaire de prendre un moment pour vous, au rythme qui vous convient. Au fur et à mesure que vous commencerez à acquérir le mécanisme, les autres seront plus enclins à vous témoigner de la reconnaissance, que vous recevrez comme une cerise sur le gâteau, puisque vous aurez déjà commencé à nourrir votre propre sentiment de reconnaissance.

La « re-connaissance » signifieraitelle : naître, connaître ou se connaître à nouveau ? Et si nous devenions capables de nous donner cette reconnaissance, de soi à soi, est-ce que nous deviendrions plus libres des sources extérieures ? Est-ce que ce ne serait pas une façon de récupérer notre pouvoir sur ma vie sans toutefois renier ce besoin des autres ?

Et si, nous devenions contagieux au point que ceux qui reçoivent notre reconnaissance en arrivaient à mieux se reconnaître et à offrir à leur tour la reconnaissance aux gens qui les entourent ?

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