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Elle invente la Love Cuisine, la cuisine aphrodisiaque

Info & Savoir

Olivia Muhlke a inventé « Bonobo, la cuisine du désir », la première « Love Cuisine » épicée, exotique et aphrodisiaque, qui devrait rapidement faire un malheur en France et dans le monde entier. Rencontre avec une créatrice prête à séduire la planète avec ses produits gourmands.

Quelques mots sur votre parcours avant Bonobo ?

Olivia Muhlke : J'ai commencé par des études de commerce, un Bachelor of Business Administration (1991) et un Mastère spécialisé en Gestion des Achats Internationaux de l'ESSEC (1993). Au début de ma carrière, j'ai peu à peu gravi les échelons de la fonction Marketing-Achats Alimentaires chez Metro Cash & Carry. Puis, à l'âge de 35 ans, je me suis dit que je n'avais qu'une vie et que si je ne tentais pas l'entrepreneuriat à ce moment-là, je ne le ferais certainement jamais. Pourtant, j'étais vraiment très bien chez Metro. J'ai donc tout d'abord monté un cabinet conseil. Ensuite, avec un associé, j'ai créé puis cédé BEPULP SA à Sabert Europe, un grand groupe américain.

Notre entreprise était positionnée dans le secteur de l'emballage (écologique et biodégradable) et de la vaisselle écologique à usage unique, avec un sourcing Asie et une distribution en GMS en France. C'est grâce à la vente de ma société que j'ai pu me lancer dans mon projet de « Love Cuisine » et l'aventure Bonobo. En parallèle de mes activités professionnelles, je suis membre de la Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France.

 



Comment est né ce concept fort original de « Love Cuisine » ?

Vous savez, à l'âge de 40 ans, on se lance souvent des défis. Et puis, avec mes amis, on aime bien rigoler. Un soir, à table, on s'est mis à discuter sur les nouvelles tendances du marché, puis à sourire sur le succès du Viagra et tout un tas de produits un peu coquins. Pour parvenir à la conclusion qu'il n'y avait pas d'offre grand public de ce type dans le secteur de l'alimentaire. En me couchant, je me suis dit qu'il y avait certainement un truc à faire. Je me suis donc penchée sur la question et j'ai sorti plusieurs observations du marché. La première, c'est qu'en période de crise, les gens ont besoin de s'échapper de leur quotidien et de se changer les idées.

La deuxième, c'est que ce qui fonctionne par-dessus tout le mieux en ce moment, c'est tout ce qui permet aux gens de communiquer, d'échanger, de se retrouver (ex : les réseaux sociaux). Et puis la troisième constatation, c'est que nous sommes dans une vraie tendance du retour au plaisir de cuisiner et de bien manger (le succès des émissions culinaires à la télévision le prouve). Il fallait donc trouver des produits capables de créer du lien social, répondant à un besoin de séduction et pouvant devenir un moyen de séduire. En ajoutant à cela que l'épicerie fine marche toujours bien en période de crise, j'avais les premiers contours de mon projet. J'ai donc continué à affiner mes idées dans ce sens.

En fait, vous avez réussi à combler un vide ?

Oui, je l'espère vraiment ! Et je me suis aussi posée les bonnes questions : Et si le trop plein d'une assiette sous le dictat des « Sans » (sans allergène, sans sucre, sans acide gras saturés...) s'épandait justement dans l'expression gourmande du Désir ? Et si de ce Désir naissait une cuisine épicée, exotique et en plus... aphrodisiaque ? Et si, telle une évidence, une entreprise française s'attelait à combler ce vide et séduire le monde entier sur la table du « French Love » ? Elle se nommerait « B.o.n.o.b.o., Cuisine du Désir »...

Qu'est-ce que la « Love Cuisine » et quels types de produits distribuez-vous ?

La Love Cuisine est une cuisine épicée, exotique et aphrodisiaque. Elle n'est en rien graveleuse, porno-chic, ou tape à l'oeil. Chaude et ludique, elle se caractérise par une offre de produits « Premium », mais surtout par un mode de consommation à part entière : l'art de la séduction à table.

Nous avons lancé cinq gammes pour une quarantaine de produits au total : « Séduisezmoi » (boissons et mises en bouche), « Résistez-moi » (pâtes), « Epicez-moi » (sauces, épices, aides culinaires), « Grignotez-moi » (biscuits, chocolats, confitures, sucres), « Déshabillezvous » (jeux gourmands, cosmétique, livre...). Vous l'aurez compris, les trois ingrédients fondateurs des produits Bonobo sont : un goût épicé, une invitation au voyage et un élixir aphrodisiaque (0,5% de chaque recette).

Quelle est la cible des produits Bonobo ?

Leader et créateur du segment « Love Cuisine », la marque Bonobo cible les CSP moyennes à supérieures (++), adultes urbains ou non, pour un achat avant tout « plaisir », mais essentiel dans la satisfaction du désir. L'identité, forte et décalée, s'articule autour d'un personnage emblématique, Maître Bonobo, spécialiste de la relation amoureuse, amateur de bouche, de folies gourmandes coquines et épicées.

La charte graphique (Noir et Magenta) résolument humoristique et sensuelle, les conditionnements en fine dentelle, assurent une lisibilité parfaite, en phase avec la thématique séduction. Et, petite note d'humour en plus, tous les prix se terminent systématiquement par 69 centimes ! En fait, avec Bonobo, nous avons cherché à construire une marque et une histoire, tout en nous différenciant de tout ce qui pouvait exister.

Comment voyez-vous votre marché ?

Si le marché de la séduction est en pleine expansion, il prospère principalement en non-alimentaire et hors GMS et voit fleurir quotidiennement de nouveaux modes de distribution (ventes privées à domicile, love stores, Internet...). Ainsi donc, sur un marché alimentaire français de quelques 140 milliards d'€ (hors boissons alcoolisées), où quelques marques internationales surfent sur la séduction et la sensualité à l'instar de Schweppes ou de Côte d'Or, il n'existait pas, avant le lancement de Bonobo, de cuisine du désir.

La Love Cuisine, innovante et moderne, aspire à s'installer durablement dans les linéaires. Elle se développera naturellement aux côtés des autres typologies de cuisine que sont la cuisine du monde, la cuisine bio, la cuisine forme & santé ou l'épicerie fine... C'est bien là, la naissance d'un véritable nouveau segment de marché !

Où en est votre lancement ?

La marque Bonobo est arrivée le 31 janvier dernier sur les Champs Elysées au Pop-up store Virgin Megastore et nous avons bien évidemment profité de la St Valentin pour le top départ national. Un roman culinaire « Cuisine du Désir... Quand elle fait parler les Hommes », signé de « Maître Bonobo » (personnage énigmatique et secret), a accompagné et accompagne toujours ce lancement marché sont des épices, des boissons, des pâtes, des sauces, du chocolat, des biscuits, des confitures, du sucre, du thé, pour un voyage d'exotisme propice à l'échange.

Très loin des love stores, l'offre Bonofood a vocation à rencontrer le grand public. La démocratisation du marché de la Cuisine du Désir passe donc par un référencement sur les réseaux de proximité et les magasins sélectifs. Les enseignes Monop', Casino et une grande épicerie parisienne, ont été les premiers à se positionner sur ce segment dès le lancement. Dans les linéaires, la gamme des produits Bonobo est actuellement implantée physiquement sur un mètre linéaire au rayon « Cuisine du Monde -Produits Ethniques ».

Après la France, peut-on imaginer que vous exportiez la « French Love Cuisine » ?

C'est évidemment, notre souhait, et notre motivation aussi. Pouvoir exporter le savoir-faire français ne peut que me remplir de bonheur ! Nous commencerons logiquement par les marchés anglo-saxons (Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne), puis nous nous tournerons vers le Japon, la Russie, la Chine, mais aussi bien entendu la Belgique et l'Italie, c'est-à-dire partout où l'épicerie fine française a déjà du succès. Mais pour cela, il y a un énorme boulot en amont avec notamment la traduction de tous les packagings produits dans les différentes langues. Attention, après la France, la Love Cuisine va arriver dans le monde entier ! (rires)

Comment avez-vous démarré l'aventure sur un plan financier et allez-vous par exemple ouvrir votre capital pour vous développer plus vite ?

J'ai démarré seule avec mes propres fonds. Aujourd'hui, Bonofood compte 4 personnes qui travaillent à temps plein et pour ne pas augmenter trop vite les charges de structure, je préfère faire appel en phase 2 (la phase actuelle du marketing, de la communication et de la commercialisation) à des prestataires de service extérieurs. Concernant l'apport de fonds, je suis farouchement opposée à trouver ou faire appel à des investisseurs, car quand c'est le cas, le créateur se trouve très rapidement dépossédé de sa propre entreprise.

Je préfère donc adopter une voilure plus basse quitte à prendre de vrais risques. J'aime mon indépendance ! Je crois que pour créer une entreprise aujourd'hui, il faut avoir au minimum trois choses : premièrement une réelle compétence (si on n'a aucun savoir-faire, mieux vaut ne pas se lancer), deuxièmement un peu de chance (c'est-à-dire être là où il faut au bon moment) et troisièmement un grain de folie (car il faut vraiment être un peu fou pour entreprendre !). Moi, j'étais programmée pour rester salariée, mais comme je suis assez joueuse, j'ai choisi de pratiquer le lâcher-prise et la différenciation !

C'est le projet d'une vie ou vous sentez-vous prête à vous lancer encore d'autres défis ? Honnêtement, c'est la dernière fois que je monte une boîte ou pour m'exprimer autrement, Bonofood sera ma dernière création de société. La raison est simple : ce projet est extraordinaire et il va m'occuper encore facilement pendant 10 ans. C'est long, c'est diffi- cile, c'est coûteux, mais c'est passionnant et je sais que je vais y arriver !

Mais la vraie réussite, ce sera quand j'entendrai des gens de tous âges dans la rue dire « On se fait une soirée Bonobo ce soir ? » comme quand on se fait une « soirée pizza » ou « une soirée jeu de société ». Bref, pour résumer, je suis condamnée à réussir avec Bonobo ! (rires)

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