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Mon fils fume du cannabis : c'est grave ?

Info & Savoir

Une drogue est une substance d'origine naturelle ou synthétique capable de modifier l'état de conscience, le comportement d'un individu et de créer ainsi un phénomène de dépendance. Si vos observations vous conduisent à soupçonner une toxicomanie chez votre enfant (usage de cannabis ou autre), il est important de ne pas attendre d'avoir des preuves concrètes en main pour avoir un entretien avec lui. Petit guide à l'attention des parents souvent démunis face à ce problème.

Sachez qu'un enfant ne se drogue pas que par plaisir. Les facteurs qui le poussent à se droguer sont multiples et parfois complexes, mais ils signent tous son mal-être, son mal de vivre. Le punir ne résoudra pas le problème.

 



Là où la confiance et l'amour manquent, s'installe la solitude, le désespoir et l'autodestruc-tion. En règle générale, le partage apporte un soulagement et ceci reste vrai non seulement pour l'enfant mais également pour les parents. Ainsi, si vous vous sentez dépassés par le problème, lorsque les souffrances dépassent la limite de vos forces, n'hésitez pas à chercher une aide extérieure. Il est vrai que cette démarche n'est pas facile pour certains parents, car on éprouve souvent de la gêne ou de la honte à s'adresser à des inconnus quand ça va mal. Il est important de ne pas attendre que l'enfant soit trop engagé dans cette mauvaise expérience car cela peut avoir des conséquences tragiques.

Le cannabis est une drogue ?
Son usage provoque des sensations, modifie les perceptions, du monde extérieur ou de soi-même. A son propos circulent beaucoup d'informations, tour à tour alarmantes ou rassurantes, souvent incomplètes parfois fausses. Il devient difficile de se faire une idée juste des risques liés à son usage, surtout quand il concerne les adolescents. Selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, la consommation de cannabis concerne, en France, plus de 4 millions de personnes, dont 850 000 usagers réguliers et 450 000 usagers quotidiens. Près d'un jeune sur trois, à 17-18 ans, en a consommé au cours du dernier mois.

Si le cannabis ne conduit pas forcément à une déchéance physique, psychologique, sociale ou à une consommation de drogues de plus en plus fortes, ce n'est pas pour autant une « drogue douce » qui pourrait être consommée sans risques par le plus grand nombre.

Aucun usage de drogue n'est anodin et celui de cannabis doit être pris au sérieux. Il concerne la santé, parfois la sécurité mais il concerne surtout un nombre très élevé de jeunes consommateurs qui, le plus souvent, n'en mesurent pas les risques et les dangers.

Aucun usage de drogue n'est anodin et celui de cannabis doit. Il concerne la santé, parfois la sécurité mais il concerne surtout un nombre très élevé de jeunes consommateurs qui, le plus souvent, n'en mesurent Évidemment, tous les jeunes ne fument pas du cannabis mais très nombreux sont ceux qui, à l'occasion, s'en verront proposer. Il est donc important que circule l'information sur ses effets, ses dangers. Mais il faut aussi écouter les difficultés que rencontrent les parents et les éducateurs pour en parler et pour comprendre les comportements de leurs enfants... qui n'en sont déjà plus.

Qu'est-ce que le cannabis ?
« Cannabis » est le nom latin du chanvre, plante de la même famille que le houblon. Il en existe deux espèces quasiment jumelles : « Cannabis sativa indica » ou chanvre indien, à partir de laquelle est produite la drogue dont l'usage, la production, la vente et la simple possession sont interdits ; et « annabis sativa sativa » ou chanvre textile, dont la culture est autorisée en particulier pour ses fibres dont on tire la corde de chanvre, des vêtements, du papier. Le cannabis se présente sous plusieurs formes :

La marijuana ou herbe de cannabis est un mélange séché de feuilles et d'extrémités résineuses des plants femelle.

Le haschisch est la résine des extrémités de la plante, obtenue par pressage. Il se présente sous la forme de barrettes, de boulettes ou de briques (savonnettes).

L'huile de cannabis est un liquide noirâtre, gras et onctueux. Elle est obtenue par macération de haschisch et d'alcool.

Herbe et résine de cannabis ont de nombreuses appellations : beuh, shit, chichon, zamal, etc. ou marocain, libanais, afghan, jamaïcaine, thaï, selon leur origine.

Comment le cannabis est-il consommé ? L'herbe, la résine ou l'huile sont principalement fumées. Soit sous forme de cigarettes roulées à la main : c'est le « joint » (ou pétard, stick, etc.). La résine est toujours mélangée à du tabac. L'herbe peut être fumée pure. Soit avec différents types de pipes, avec ou sans tabac : pipes à eau, shilom, bang, bambou, douille, etc.

Soit en déposant quelques gouttes d'huile sur une cigarette de tabac ou en dévidant celle-ci pour la remplir de mélange huile/ tabac.

Plus rarement, le cannabis peut être ingéré sous forme de préparation culinaire (gâteau, omelette, infusion, etc.).

Attention ! Les effets du cannabis apparaissent rapidement après la première bouffée et peuvent être limités simplement en arrêtant de fumer. Mais lorsque le cannabis est ingéré, les effets apparaissent au bout d'une à deux heures et il n'est plus possible de les stopper ni même de les contrôler.

L'usage du cannabis est-il autorisé ? NON ! Le cannabis est un stupéfiant dont l'usage, la culture, la vente ou la simple détention (le seul fait d'en avoir sur soi ou chez soi) sont formellement interdits.

Peut-on être dépendant du cannabis ? OUI ! Dès qu'il devient difficile ou insupportable de se passer de cannabis, on peut parler de dépendance. Avec les drogues, la dépendance peut se manifester de deux manières.

Physiquement, lorsque le manque provoque une souffrance intense qui ne peut être calmée qu'avec une nouvelle prise de drogue ou avec un traitement approprié. Psychologiquement, lorsque l'usager ressent la nécessité, peu à peu quotidienne, de consommer pour retrouver les effets et les sensations qu'elles procurent.

Avec le cannabis, il n'y a pas de signes physiques caractéristiques de la dépendance. En revanche, les signes de dépendance psychologique sont beaucoup plus fréquents. Ils se manifestent notamment par un sentiment de malaise, par une plus grande irritabilité (énervement, stress), par des troubles du sommeil qui apparaissent lorsque l'usager manque de cannabis.

Bien sûr, comme avec les autres drogues, l'intensité de la dépendance est liée aux habitudes de consommation, aux quantités utilisées, à la personnalité de l'usager, à ses conditions de vie. Ainsi, plus l'usage de cannabis est fréquent, plus l'usager se sent mal quand il n'en a pas ou quand il redoute de ne pas en avoir, plus le risque de dépendance est important.

Un usager régulier qui arrête de consommer a besoin de temps pour s'adapter à une vie sans cannabis. L'arrêt peut être difficile à surmonter et, comme avec toutes les drogues, il peut laisser réapparaître un mal-être que l'usage de drogue visait à cacher. Ainsi, décider d'arrêter est bien plus qu'une question de volonté. Plus la personne qui souhaite arrêter est dépendante, plus ce passage peut être difficile et nécessiter une aide extérieure.

Est-ce plus dangereux à l'adolescence ?

Toutes les sciences de l'homme (psychologie, neurologie, biologie, sociologie, etc.) montrent que les transformations du corps et des comportements, à l'adolescence, correspondent à une étape très importante de la croissance et de la formation de la personnalité. A cette période de la vie, l'usage régulier de drogues comme le cannabis ou l'alcool présente donc des risques majeurs : Celui de rechercher et d'éprouver une impression de détente et de mieux être uniquement à travers l'usage de drogues ; Celui d'écarter les sensations de mal être, d'angoisse ou de stress grâce à des drogues ; Celui de devenir dépendant de drogues sans lesquelles on ne se sent pas bien.

Or, le développement même de la personne suppose que ses relations aux autres et au monde extérieur ne soient pas fonction des drogues qu'elle consomme.

Beaucoup de parents pensent qu'ils ne peuvent entamer une discussion sérieuse avec leur adolescent que s'ils ont une preuve en main. Les parents croient en effet que leur enfant risque de tout nier, de se rebiffer et de refuser le dialogue avec eux s'ils n'ont que des soupçons. Les observations qui peuvent vous amener à penser que votre enfant se drogue (ou va mal) suffisent amplement pour vous entretenir avec lui. Le dialogue que vous pouvez engager ne doit pas obligatoirement se limiter à la drogue.

Vous pouvez, par exemple, lui dire : « j'ai l'impression que tu ne vas pas bien ces temps-ci. Si tu veux, nous pouvons en parler ensemble ». Il est fort probable que votre enfant ne voudra pas se confier à ce moment-là. Ne vous vexez pas, ne le forcez pas, ne désespérez pas. Restez ouvert et sachez attendre le moment où il sera prêt. Par cette attitude, votre enfant aura compris qu'il pourra aller vers vous quand il en sentira la nécessité.

En famille, chacun doit pouvoir parler sans crainte, exprimer ses sentiments et ses oppositions. Tout n'est pas forcément harmonieux toujours. Les conflits et les disputes sont des situations de « crises normales » bien que celles-ci soient le plus souvent douloureuses à vivre. La puberté est une période difficile pour toute la famille. D'où l'intérêt de dialoguer, donner toujours le bon exemple à son enfant et de lui montrer combien il compte à vos yeux et combien vous l'aimez.


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