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Les nanotechnologies, doit-on en avoir peur ?

Info & Savoir

Plus d'un millier de produits sur le marché contiennent aujourd'hui des nanomatériaux : des raquettes de tennis aux chaussettes, en passant par les crèmes solaires, la teinture, la peinture... Ces nanotechnologies, peu connues du grand public, ont fait l'objet, ces derniers mois, d'un débat public pour donner des pistes sur le développement et la régulation des nanotechnologies attendues par les Français

Les nanotechnologies désignent la science qui conçoit, produit et développe des structures et des appareils minuscules dont la taille est de l'ordre du nanomètre (nm), millionième de millimètre.

 


 

Pour comparaison, le diamètre d'un cheveu est de l'ordre de 80 000 nm! Après plus de vingt ans de recherches fondamentales et appliquées grâce aux avancées en chimie, physiques, sciences de la vie, médecine et ingénierie, ces nanotechnologies permettent aujourd'hui de développer des produits avec de nouvelles propriétés mécaniques, comme la résistance à l'usure, la rugosité... Ces nanoparticules sont aujourd'hui utilisées dans les secteurs de l'électronique, des cosmétiques, des médicaments. On les retrouve également dans le textile, les revêtements, les technologies alimentaires et énergétiques.

Nombreuses sont les innovations qui prouvent l'intérêt de ces nanotechnologies. Selon le CNRS et le CEA, l'un des objectifs des nanotechnologies est de contribuer au développement d'une société économe en ressources naturelles et en énergie, porteuse d'une forte exigence de préservation de la santé et de l'environnement. Dans le domaine médical également, les nanotechnologies suscitent beaucoup d'espoir.

 

Elles sont d'ores et déjà utilisées pour améliorer la conception et le ciblage des médicaments mais également dans les appareils optiques, les microscopes... Ils pourraient y avoir de nombreuses applications, notamment dans les domaines de l'analyse, des instruments comme les biopuces, les marqueurs moléculaires. Les nanotechnologies représentent un marché en forte croissance, estimé à 1 000 milliards de dollars à l'horizon 2015. Aujourd'hui, la France est au cinquième rang mondial en matière de recherche dans ce secteur. Quid demain ?

Les reproches adressés aux nanoparticules ne sont pas du seul fait des plus radicaux. Beaucoup s'interrogent en voyant déferler sur le marché ces produits utilisant les nanotechnologies sans le mentionner. D'autant plus que l'on ignore encore largement les risques sanitaires et les impacts sur l'homme et l'environnement de ses technologies minuscules. Les propriétés et les effets de ces particules, sont, de part leur taille, très différentes des particules avec lesquelles les mécanismes de défense humains ont l'habitude de réagir.

Beaucoup de craintes sont également formulées en matière d'éthique : ces technologies, invisibles à l'oeil nu, renforcent l'angoisse et la méfiance : mal utilisées, mal contrôlées, elles font craindre des utilisations éventuelles dans le domaine de la sécurité, des libertés individuelles et de l'hypertraçabilité des personnes et des objets. Si, grâce à ces particules, de nombreux progrès médicaux peuvent être réalisés, ne risque-t-on pas d'aller trop loin, vers un transhumanisme en voulant rendre l'homme encore plus performant ?

 

Les associations environnementales pointent du doigt les risques sanitaires et environnementaux jusqu'à présent négligés. Quid du devenir de ces substances dans le corps humain et dans l'environnement ? Comment les traiter ? Comment les recycler ? Quelle gouvernance ? Qui donnera les limites et pilotera les recherches et les applications industrielles de ces technologies ? Comment sont et seront-elles contrôlées ? Il manque aujourd'hui une réelle analyse objective des bénéfices et des risques de l'utilisation de cette technologie.

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