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Les grandes épidémies de choléra

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La première description historique par un Européen est faite en 1503 par un officier de Vasco de Gama, qui décrit une épidémie de diarrhées cataclysmiques rapidement mortelles (en 8 heures) et provoquant 20000 morts à Calicut (Inde).

C'est à l'occasion de la cinquième vague, qui frappa l'Égypte, une fois encore, en 1883, que Robert Koch découvrit le germe responsable : Vibrio cholerae.

Ainsi le monde entrait dans la période du choléra « actuel » avec cette « septième pandémie cholérique » que les experts tenaient cependant pour très improbable. Si la marche vers l'ouest de cette pandémie fut calquée sur celles des précédentes, il est capital de souligner que le point de départ en fut l'Indonésie et non plus le foyer indien traditionnel.

De 1863 à 1876, la quatrième pandémie de choléra toucha à nouveau l'Europe, mais surtout se répandit, à partir du bassin méditerranéen, en Afrique jusqu'au Sénégal et en Amérique du Sud (Argentine).

Parties de l'île Célèbes (actuelle Sulawesi) où la maladie avait été enregistrée dans les années 1930, elles gagnèrent Java et Bornéo, puis le Guangdong et les Philippines. Formose et la Corée du Sud furent touchées en 1962, Malacca, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge en 1963, le Pakistan oriental en 1964, le Pakistan occidental, l'Afghanistan, l'Iranet l'Europeen 1965, l'Afrique d'ouest en est (1970), l'Amérique latine (1991), les Comores et Madagascar (1998-1999).

La troisième pandémie ravagea l'Europe et le bassin méditerranéen de 1846 à 1861 avant de gagner à nouveau l'Amérique du Nord.

L'éradication du choléra asiatique paraissait donc pouvoir être très sérieusement envisagée lorsqu'en 1961 ces prévisions furent démenties par une série d'épidémies.

D'autres circonstances favorisèrent la régression en d'autres points : les foyers de la Chine méridionale par exemple s'éteignirent grâce au blocus des guerres sino-japonaises.

Lors de la deuxième pandémie (1826-1841), la Russie, l'Allemagne, l'Angleterre, la France et finalement l'Europe dans son ensemble totalisèrent plus d'un million de victimes jusqu'en 1837 ; simultanément, le choléra atteignit toute l'Amérique du Nord et l'Australie.

Ainsi l'activité incessante des Instituts Pasteur d'Indochine contribua largement à la réduction du foyer de Cochinchine.

L'année 1817 ouvrit la première des six pandémies classiques durant lesquelles le choléra déferla sur le monde : de 1817 à 1823, l'Asie entière fut atteinte et l'épidémie s'étendit -première pandémie- jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. Les frontières de l'Europe furent atteintes pour la première fois en 1823 à partir de l'Asie Mineure.

 



Durant des siècles, ses expansions périodiques restèrent limitées à l'Asie du Sud-Est. À partir du début du XIXe siècle, les progrès des échanges commerciaux et de la navigation contribuèrent à sa dissémination, à l'est vers la Chine et le Japon, à l'ouest vers l'Afghanistan, l'Iran, la Syrie, l'Égypte et le bassin méditerranéen.

Cependant, les mesures prophylactiques finirent par porter leurs fruits ; ainsi la Seconde Guerre mondiale, malgré l'importance du brassage des populations, n'entraîna pas de nouvelle extension. Peu à peu, de 1910 à 1960, le choléra en vint à se cantonner dans ses zones endémiques d'origine et les épidémies demeurèrent toujours centrées sur le delta du Gange, avec des fluctuations en fonction des circonstances locales et desmesures prophylactiques.

Limitées initialement à l'Asie (Inde, Chine et Indonésie), les épidémies se développent au XIXe siècle en véritables pandémies qui atteignent le Moyen- Orient, l'Europe et les Amériques. Le choléra, dont le lieu d'origine peut être situé au Bengale, n'a cessé de sévir de façon endémique dans le delta du Gange, avec des diffusions plus ou moins étendues au reste de la péninsule indienne.

Une prophylaxie rationnelle put alors voir le jour. Elle n'empêcha pas la Russie et l'Europe centrale d'être atteintes à nouveau de 1892 à 1896 et même, plus tardivement, en 1902, en 1908, puis lors de la guerre des Balkans et lors de la Première guerre mondiale (sixième pandémie, 1899-1922).

Cette origine géographique nouvelle s'accompagne d'un caractère bactériologique majeur : le germe actuellement en cause n'est plus le Vibrio cholerae classique, mais un germe voisin, Vibrio El Tor. Ce dernier, connu des bactériologistes depuis 1897, était tenu pour exceptionnellement pathogène. Les raisons de son pouvoir pathogène actuel et de sa substitution au Vibrio cholerae dans la pandémie actuelle sont encore ignorées.

 

Le fait qu'on ait vu en 1964 à Calcutta, foyer traditionnel de choléra classique, celui-ci disparaître pour être presque totalement remplacé par des cas de Vibrio El Tora fait parler d'une « variation » de Vibrio cholerae sous l'influence du chlore utilisé pour la stérilisation de l'eau. Si certaines expériences appuient cette hypothèse, celle de l'importation de Vibrio El Torne peut être écartée pour autant.

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