Sciences, Culture, Philanthropie
Accueil > Les astéroïdes, une menace pour la Terre ?

Les astéroïdes, une menace pour la Terre ?

Info & Savoir

Parmi les objets du système solaire dont les orbites ont été déterminées avec précision, la population des astéroïdes est de loin la plus nombreuse : plusieurs centaines de milliers, les découvertes se faisant au rythme de plusieurs milliers par an. Lorsque les chercheurs ont découvert que la fin des dinosaures était liée à la chute d'un astéroïde d'une dizaine de kilomètres de diamètre, les recherches sur ce risque majeur s'intensifièrent. Depuis, les programmes de détection qui en sont issus ont considérablement amélioré la connaissance de ces corps susceptibles de croiser l'orbite de la Terre.

L'étude des astéroïdes fut longtemps délaissée par les astronomes. Nous les connaissons depuis maintenant plus de deux cents ans.

Le premier astéroïde fut découvert en 1801 par Giuseppe Piazzi, directeur, à l'époque, de l'observatoire de Palerme, en Sicile. Alors qu'il observait la constellation du Taureau, il découvrit un astre inconnuqui se déplaçait dans le ciel et devait donc faire partie du système solaire. En suivant son déplacement pendant plusieurs nuits, il fut déterminé que ce corps qu'ilnomma Cérès, orbitait entre les planètes Mars et Jupiter.

 

Cette découverte fut rapidement suivie d'autres : Pallas en 1802, Juno en 1804, Vesta en 1807. Àpartir de la deuxième partie du XIXe siècle, le nombre d'observations d'objets de ce type augmenta très rapidement. On en connaît maintenant des milliers. Le rythme annuel des découvertes est actuellement de plusieurs centaines, ceci grâce aux programmes automatiques de recherche. Il y a certainementencore des centaines de milliers d'autres astéroïdes qui sont trop petits, trop sombres ou trop distants de la Terre pour être détectés.

 




Dans l'immense majorité des cas, l'orbite des astéroïdes se trouve comprise entre celles de Mars et de Jupiter, plus précisément entre 2 et 3,5 unités astronomiques, dans ce que l'on a baptisé la ceinture d'astéroïdes.

Pendant longtemps, l'hypothèse envisagée quant à l'origine de ces corps célestes, fut l'explosion d'une planètequi aurait orbité entre Mars et Jupiter. Cette idée est aujourd'hui abandonnée, en particulier parce que la masse totale des astéroïdes ne permettrait de reconstruire qu'une planète très petite, avec un diamètre de moitié de celui de la Lune.

Les avancées techniques et scientifiques aidant, l'hypothèse qui semble emporter l'adhésion serait la formation avortée d'une planète. Selon la théorie de Laplace (astronome en 1796), les planètes se sont formées il y a 4,6 milliards d'années, par l'agglomération de poussières en petits corps appelés planétésimaux, qui se sont euxmêmes regroupés pour former des corps massifs.

 

Au niveau de la future ceinture d'astéroïdes, une grande partie des planétésimaux (un planétésimal est un petit corps solide de 5 à 10 kilomètres dediamètre et d'unemassedel'ordre de mille milliards de tonnes) étant en résonance avec Jupiter, planète la plus massive du système solaire, a fini par être expulsée de cette zone créant ainsi des trous dans la distribution des orbites au sein de la ceinture ; indice en faveur de cette théorie. Astéroïdes et planètes ayant été formés à partir de la mêmematrice proto planétaire, on peut se demander sur quels critères physiques s'appuyer pour les différencier.

 

Composées essentiellement de roches (carbonates, silices) ou de métaux (nickel, fer) ou d'un mélange des deux, la très grande majorité des astéroïdes est de forme très irrégulière ; ce qui contraste avec les formes quasisphériques des planètes. Cependant, les très gros astéroïdes, tels Cérès, sont également quasi-sphériques. La nature de la surface n'entrant pas non plus encompte, la différenciation se fait essentiellement par la taille.

En effet, l'astéroïde se définit implicitement comme un corps n'excédant pas 1 000 km de diamètre (diamètre correspond approximativement à celui de Cérès, le plus gros astéroïde de la ceinture principale) et gravitant autour du Soleil.

Toutefois, de nouveaux objets découverts ont perturbé ce critère de différenciation. Varuna, Ixion, Quaoar, Sedna, Orcus et Éris, détectés, soit sur des orbites similaires à Pluton soit au-delà, ont des tailles comprises entre 1 300 et 2 600 km et se situent à la frontière entre planètes et astéroïdes. La différence étant très mince, l'Union astronomique internationale (UAI) a revu la notion de planète et défini une nouvelle classe d'objets, en août 2006.

Le texte de la résolution adoptée est un compromis qui décrit également les différentes classes d'objets autres que les planètes en modifiant les règles du passé.

 

Le terme « petites planètes » disparaît au profit de deux catégories : les « planètes naines » et les « petits corps du système solaire » qui rassemblent les autres objets et les comètes. Les satellites des planètes ne sont pas concernés par les nouvelles définitions. Il est à noter que si la grande majorité des astéroïdes habite la ceinture principale (entre Mars et Jupiter), il y a quelques exceptions notables. Certains visitent parfois les régions situées à l'intérieur de l'orbite de Mars (le groupe d'astéroïdes Amor) ou de celle de la Terre (le groupe Apollo).

 

D'autres résidents en permanence à l'intérieur de l'orbite terrestre (le groupe Aten). À l'opposé, il existe des astéroïdes qui passent le clair de leur temps au-delà de Saturne, comme par exemple Chiron.

 

On trouve également des astéroïdes, appelés les planètes troyennes (voir définition dans la légende du shéma), qui suivent la même orbite que Jupiter, mais en avance ou en retard de 60 degrés par rapport à la planète -on parle de point de Lagrange (noté L1 à L5, le point de est une position de l'espace où les champs de gravité de deux corps en orbite l'un autour de l''autre, et de masses substantielles, se combinent pour compenser exactement la force centrifuge.). Une cinquantaine de planètes troyennes a été observée mais il y en a probablement beaucoup plus.

L'exploration des astéroïdes, si elle est récente, est en plein essor. Elle est nécessaire car indispensable pour connaître les comportements et compositions de ces blocs rocheux, pour savoir comment réagir dans l'éventualité où l'un deux (dont la taille serait non négligeable) se déciderait à entrer en collision avec notre planète. En mars 2004, Ariane 5 lançait la sonde laboratoire Rosetta, vers la comète Churyumov-Gerasimenko.

 

Cette mission cométaire de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui succède à Giotto, a pour objectif la récolte d'informations sur cette comète mais également sur les astéroïdes, Steins et Lutetia. D'une façon générale son but est la connaissance des « petits corps du système solaire». Les observations de Steins obtenues le 5 septembre 2008 et de celles de Lutetia qui nous parviendront en juillet 2010, devraient apporter quelques réponses aux questions qui interrogent les scientifiques.

Rejoignez notre communauté