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Le jugement des autres me mine !

Info & Savoir

Nul besoin des feux de la rampe, de caméras ou de micros pour se sentir l'objet de tous les regards. Palpitations, rougeurs, sueurs froides, inhibitions n'ont souvent pas d'autres scènes que celles de la vie quotidienne. Qui ne fait l'expérience de sa vulnérabilité quand il se sent exposé au jugement de l'autre ?

"Mais la timidité est-elle une maladie ? Aux yeux des psychiatres, elle n'est qu'un trouble, une gêne, un obstacle. On ne contestera pas qu'elle est souvent vécue ainsi et que sous certaines formes aiguës, elle peut en effet relever d'une véritable pathologie.

 


 

Quant à la timidité ordinaire, celle qu'on surmonte plus ou moins selon l'âge ou les circonstances, doiton n'y voir qu'un mal ? N'a-t-elle pas ses vertus, incitant par exemple à la circonspection, au tact et à la compréhension, qualités qui font si souvent défaut aux gens très ""assurés"" ? Les moralistes avaient sans doute raison de voir dans les appréhensions du timide une fragilité intime que chacun, à des degrés divers, doit surmonter en son for intérieur. La médicalisation des passions risque fort de nous éloigner de cette sagesse."

En groupe, les timides n'osent pas prendre la parole de peur de passer pour des idiots, ils n'osent pas entamer une discussion avec un inconnu de peur de se faire rejeter, etc. Vous noterez d'ailleurs comme la timidité n'est qu'émotionnelle et non rationnelle. En effet, comment pourrionsnous justifier le fait de ne pas tenter une conversation de peur d'être rejeté... alors que justement ne pas la tenter nous laisse aucune chance de succès ? Seule la peur d'être jugé peut le justifier de manière émotionnelle. Le timide est trop centré sur lui-même, sur son monde. Nous ne voyons dans le regard des autres qu'un regard inquisiteur. Pourtant, ce que recherche votre interlocuteur n'est pas de juger.

En effet, si nous posons des étiquettes sur les autres et sur leurs comportements, c'est bien parce que nous nous posons en juges suprêmes investis d'une toute-puissance du jugement. Mais ce juge implacable juge avant tout... nous-même ! Reflet d'une vision du monde où tout est polarisé, bien, mal, correct, incorrect... et où nous tentons à tout prix de nous placer du côté du bien, pour être aimable, pour ne pas être abandonné, pour ne pas être rejeté.

Un obstacle souvent rencontré est la peur d'être jugé. Cette peur est parfois si intense qu'elle peut nous rendre muets et faire que nous nous isolions, même quand nous sommes entourés. Cette peur vient rarement seule. Avec elle viennent la gêne, la honte, l'envie de fuir, et mille pensées qui se collent à nous et nous condamnent.

 



Devrions-nous nous rassurer ou nous faire rassurer ? Mais notre esprit ne connait pas de repos et il ne sera pas rassasié par de simples assurances que nous ne sommes pas jugés. Il en voudra sans cesse plus, et celles qu'il obtiendra perdront vite de leur efficacité.

Derrière tout cela, il y a sans doute une peur profonde : celle de ne pas être apprécié, de ne pas être aimé. Et le problème, c'est que quand on imagine ce qui se passe dans la tête de quelqu'un d'autre, on se trompe toujours !

La phobie sociale, ou anxiété sociale, est un trouble de l'anxiété caractérisé par une crainte (appréhension, inconfort émotionnel ou inquiétude) persistante et intense causant une détresse considérable et une capacité diminuée de quelques fonctions dans la vie quotidienne. Elle est causée par la crainte, pour un individu, de se trouver face à une situation sociale durant laquelle il s'expose à une interaction avec d'autres individus.

Les personnes affectées par cette pathologie savent que leurs craintes sont irrationnelles. Pourtant, elles appréhendent énormément les situations dans lesquelles elles sont confrontées au regard des autres. Ainsi, elles font tout pour les éviter. Lorsqu'elles sont dans les situations redoutées, les personnes atteintes de phobie sociale ont tendance à croire qu'elles sont jugées négativement. Celles-ci craignent d'être vues comme anxieuses, folles ou stupides. De facto, elles s'isolent.

La phobie sociale est une peur excessive d'une ou plusieurs situations durant lesquelles un individu peut être exposé à une possible manipulation d'autres individus qui l'entourent et d'agir d'une manière qui pourrait mener à une humiliation ou un embarras. Elle dépasse la « timidité » dite normale et peut mener à un évitement social exagéré de toute activité sociale. Ces activités qui peuvent être craintes incluent toute interaction sociale, particulièrement en petit groupe, des rendez-vous, des fêtes, parler à des inconnus, aller au restaurant, etc. Les symptômes physiologiques possibles peuvent impliquer une tachycardie, des difficultés respiratoires, rougissement, maux d'estomac, sueurs et nausées. Les pensées sont souvent infondées et très pessimistes.

Les individus souffrant de phobie sociale ont peur d'être jugés par les autres en société. Ces individus qui souffrent peuvent agir d'une manière particulière ou raconter quelque chose puis se sentir peu après humiliés ou embarrassés. Ainsi, ils choisissent de s'isoler de la société pour éviter de telles situations. Ils peuvent également se sentir mal à leur aise lorsqu'ils rencontrent d'autres individus qu'ils n'ont auparavant jamais vus et agir d'une manière distante lorsqu'ils sont en groupe. Dans certains cas, suite à ce trouble, ils tentent d'éviter tout contact visuel ou de rougir lorsque quelqu'un leur parle (c'est leur manière de montrer leur inconfort).

D'après le psychologue B.F. Skinner, les phobies sont contrôlées par des comportements évitants. Par exemple, un étudiant pourrait quitter une salle de classe (s'échapper) lorsque celui-ci doit s'exprimer d'une manière verbale devant un groupe. Les comportements évitants majeurs pourraient impliquer des mensonges pathologiques/compulsifs pour conserver une bonne image de soi et ainsi éviter tout jugement des autres. Les comportements évitants mineurs surviennent lorsqu'un individu tente d'éviter tout contact visuel et de croiser les bras pour éviter d'exposer tout tremblement4. Une réponse combat-fuite peut survenir à certains moments. Prévenir ces réponses automatiques peut être un moyen de lutter contre les troubles diagnostiqués dans la phobie sociale.

 



Steven Hayes, l'initiateur de la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement propose une autre voie : Recevoir des assurances - des autres ou de vous-même - que vous n'êtes pas jugé ne va pas vous aider. Vous n'avez pas non plus à conclure que vous êtes jugé... Ce qui peut vous être bien plus utile c'est d'apprendre à vivre à l'intérieur de cette ambigüité. Ça veut dire laisser votre esprit exiger de savoir si vous êtes ou non jugé...

Essayez de trouver des opportunités de révéler un peu plus de vous. Par exemple, vous pouvez dire à un(e) ami(e) quelque chose que vous ne diriez pas habituellement, puis lui dire qu'habituellement vous ne diriez pas une telle chose car vous avez peur du jugement des autres et que du coup vous vous cachez et vous sentez isolé. Mais que vous vous êtes rendu compte que plus vous essayez de contrôler la façon dont les autres vous perçoivent, plus il vous est difficile d'être vous-même avec les personnes qui comptent pour vous. Vous pouvez alors dire que vous avez choisi de sortir de votre coquille et de regarder ce qu'il advenait du souci que votre esprit se fait de ces jugements.

Ajoutez que vous ne dites pas cela pour qu'on vous rassure, mais simplement pour faire savoir à votre ami(e) que cela avait été un obstacle pour vous et que vous avez choisi d'avancer. Puis, prenez un peu de temps pour observer de près comment vont et viennent votre peur, les jugements sur vous-même et votre honte ; et accueillez tout cela avec attention et compassion pour vousmême.

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