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Johnny Hallyday : biographie d'un flambeur

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Dépensier, vivant au-dessus de ses moyens, Johnny Hallyday voyait l'argent comme un moyen d'être libre.

« Je suis complètement détaché des valeurs matérielles qui pourrissent et empoisonnent les individus. Mon argent me sert surtout à être libre et à vivre comme je veux. », expliqua un jour Johnny Hallyday. Á 69 ans et après 53 ans de carrière, l’idole a certes vendu des millions de disques et attiré des millions de spectateurs et de fans, tous acquis à leur dieu du rock.

 

D’autres artistes de sa génération et de sa trempe roulent sur l’or et dorment tranquilles. Certes, Johnny n’est pas « un pauvre », mais il n’appartient pas non plus à la catégorie des milliardaires ou des rentiers, qui n’ont plus besoin de travailler. C’est ce que nous raconte notre confrère du magazine « Les Inrockuptibles », Marc Beaugé, qui avait mené une enquête sur le train de vie d’Hallyday il y a quelques mois : « Johnny, c’est l’histoire d’une star française qui voulait vivre comme une star américaine et refusait obstinément d’entendre raison.

 

Johnny Hallyday et la vie dorée

Depuis la signature de  son premier contrat avec le label Vogue en janvier 1960, Johnny flambe et vit au dessus de ses moyens. S’il lui arrive de s’intéresser à l’argent qui rentre, il ne compte jamais celui qui sort. Il laisse cela à d’autres. Ces cinquante dernières années, une armée d’avocats,d’agents, de conseillers fiscaux, de potes ou de beaux-pères ont mis les mains dans ses finances, mais aucun d’entre eux ne l’a jamais complètement mis à l’abri… »

 

Johnny Hallyday obligé de se produire sur scène
Et en raison d’un train de vie très élevé, Hallyday ne peut guère songer à la retraite en dépit de la fatigue, de l’usure et de problèmes de santé qui faillirent lui être fatals en 2010. Selon un conseiller fiscal qui a évalué les dépenses mensuelles du chanteur, avec des éléments concrets, Johnny Hallyday aurait besoin de 200.000 à 400.000 euros par mois pour couvrir les frais d’entretien, le personnel, les voitures, les déplacements en jets privés et les dépenses courantes. Sans compter les remboursements de ses maisons et de ses arriérés d’impôts ! Dans l’enquête des « Inrockuptibles » publié en mai 2011, on pouvait lire : « Á un conseiller financier qui l’implorait de surveiller ses dépenses, Johnny avait ainsi pris l’habitude de balancer : « Je ne vais quand même pas vivre comme un comptable ! »…

 

Johnny Hallyday flambeur

Son insouciance et son côté « flambeur » font partie du personnage Johnny comme le note Marc Beaugé : « Dans l’entourage du chanteur, on raconte de folles histoires de dépenses somptuaires. Un matin, au début des années 1990, Johnny voit débouler un copain dans une Ferrai Testa Rossa. Jaloux, il s’achète la même l’après-midi. Un autre jour, Johnny est en avance chez un médecin à Neuilly. Il part faire petit un tour et revient en Rools-Royce décapotable qu’il s’est offert sur le chemin. Rien n’est trop beau. Médiatiquement, Johnny s’est construit en dépensant son argent, analyse un proche. Les premières années, dès qu’il achetait une voiture, il faisait la une des magazines. Il a conservé cette vision à l’ancienne de la rock-star. Il croit qu’il doit dépenser pour être Johnny et son image passe par là. »

 

Johnny Hallyday "oublie" de déclarer ses revenus

Toujours en délicatesse avec le fisc, Hallyday fut condamné, en 1977 devant la 11ème chambre correctionnelle de Paris à 10 mois de prison avec sursis et 20000 francs d’amende, ses comptables ayant « omis » de déclarer 4 millions de francs pour les déclarations de ses revenus de 1971 et 1972. Ce ne sera pas la dernière fois que l’interprète de « Noir c’est noir » devra opérer des arrangements avec la justice et le ministère des Finances.

Johnny Hallyday, l'idole
Jusqu'au bout, Johnny continue à vivre comme un seigneur après avoir dû rembourser les 107 millions de francs contractés au cours des trente dernières années, auprès de sa maison de disques Universal. Séparé de son producteur Jean-Claude Camus qui a été remplacé par Gilbert Coullier, le chanteur possède  plusieurs biens immobiliers : un pied-à-terre à Los Angeles où réside son chauffeur personnel, une maison à Pacific Palisades, un châlet en Suisse (à Gstaad), une propriété à Marnes-la-Coquette mise en vente pour 25 millions d’euros, une autre demeure à Los Angeles et une villa à Saint-Barthélémy, ces deux dernières étant louées.

 

Cela semble un joli patrimoine mais les frais d’entretien, les emprunts à régler et les sommes pour les travaux représentent des montants très importants. Pas de quoi angoisser notre rocker national qui a acquis, l’année dernière, un jet privé à part égale avec son ami Tony Scotti, par ailleurs mari de Sylvie Vartan. Pour assurer toutes ces dépenses et son train de vie, Johnny a perçu une avance de 8 millions d’euros sur sa tournée 2012 de la part de son producteur Gilbert Coullier. Á lui maintenant de remplir les salles et de vendre un maximum de disques pour rendre à Coullier ce que ce dernier lui a consenti…

 

Johnny Hallyday et la folie des grandeurs
 « Dans l’entourage de Johnny, on recense plus de mauvais que de bons investissements. On se rappelle de l’achat d’un petit avion, il y a quelques années, à part égale avec un pilote belge de Formule 1. On se souvient surtout d’un yacht acheté 6,4 millions d’euros au milieu des années 2000. Gigantesque, ultraluxueux, l’engin était surtout très mal conçu. Au premier vent, il devait rester au port. Et même là, il coûtait cher : ses caractéristiques techniques imposaient la présence à bord, en permanence, d’un capitaine de la marine marchande, d’un capitaine en second et d’un ingénieur pour les moteurs. Puisque tous étaient embauchés à l’année, la facture mensuelle s’élevait à près de 30.000 euros. Beaucoup d’argent pour un yacht dont Johnny Hallyday ne se servait quasiment jamais. », raconte Marc Beaugé dans « Les Inrockuptibles ».

 

Dépensier, généreux et imprévisible, la star de la chanson est capable d’acquérir un nouveau bien sans connaître l’état de ses finances. En 2006, alors que ses comptes bancaires virent au rouge, il n’hésite pas à s’offrir un ranch de 500 hectares au Canada ! Devant la désapprobation de son fondé de pouvoir, Hallyday doit dénoncer la promesse d’achat, mais néanmoins débourser 100.000 euros de compensation aux vendeurs.

 

Toujours prêt à faire des cadeaux, Johnny s’en donne à cœur joie dans l’achat de tableaux, de juke-box de musée, de voitures ou d’écrans plasma pour les uns ou les autres. Quand il se rendait sur les plages de Saint-Tropez à l’époque où il possédait sa somptueuse villa « La Lorada », de nombreux « amis » le rejoignaient à sa table et commandaient des bouteilles de champagne à profusion. Les factures de plusieurs milliers d’euros étaient évidemment envoyées à Johnny…

 

« Quand Johnny veut vraiment quelque chose ou s’acheter des trucs incroyables, il finit toujours par l’obtenir. Personne ne peut lui tenir tête très longtemps. Et puis, c’est un gamin de la rue, sans argent, élevé par sa tante, la suivant sur les routes. Il n’a jamais cherché à accumuler bourgeoisement les richesses, il veut toujours en profiter immédiatement. », souligne un ancien avocat qui a travaillé pour lui.

 

Johnny Hallyday dans le viseur  du fisc

Au début des années 1990, la menace d’un avis détenteur plane au dessus de Johnny. Si la procédure se met en place, ses revenus seront bloqués par le fisc et il ne pourra vivre qu’avec 1000 euros par mois (6000 francs à l’époque). Il obtient donc un rendez-vous en toute urgence avec Michel Charasse, alors ministre du Budget.

 

Accompagné de son comptable, il n’en mène pas large. Il vient tout juste de payer les travaux de sa propriété à Ramatuelle et a perdu des millions dans de mauvais investissements aux Antilles. Il a aussi signé 3 chèques en bois d’une valeur de 9 millions de francs pour rembourser des arriérés fiscaux et a une dette de 30 millions ! Pour Charasse, « il n’était pas question de faire une fleur à Johnny, mais il était aussi inconcevable de le dépouiller du jour au lendemain. »

 

Un échéancier est donc mis sur pied avec l’abandon des pénalités si le chanteur respecte ce plan. Pour éviter de nouveaux ennuis avec l’administration, Hallyday choisira de s’exiler en Suisse en 2007 sur les conseils de son ami, le couturier Daniel Hechter. Cela ne l’a pas empêché de recevoir, en avril dernier, une nouvelle notification du fisc français pour régler un arriéré de 9 millions d’euros !

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