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Je suis spasmophile : que faire ?

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La spasmophile, voici un mot bien mystérieux pour la plupart d'entre nous. sans connaissance médicale, on ne sait pas trop de quoi il s'agit. si cela se rapproche de l'épilepsie, de la tétanie, d'un problème neurologique ou psychologique... en bref, nous avons tendance à tout mélanger. alors, qu'en est-il exactement ?

L'existence de cet « état » a souvent été mise en doute, jusqu'à ce que les médecins se décident à qualifier cet ensemble de symptômes par le mot « spasmophilie ». Difficile cependant de parler véritablement de maladie au sens propre du terme, il s'agit plutôt d'un état qui caractérise certains individus et qui les rend extrêmement vulnérables au stress, aux circonstances extérieures et qui parfois ne les touchent absolument pas personnellement, du moins en termes physiques.

On aurait presque envie de penser à certains de ces films de science fiction où le héros ou l'héroïne ressentent de façon exacerbée les heurs et les malheurs de leur entourage, ce qui évidemment les détruit peu à peu. On peut aussi penser à certaines de ces grandes figures du XIXème siècle qui traînaient leur mal-être et leur neurasthénie à travers l'Europe.

 



On peut aussi penser que le diagnostic de spasmophilie est relativement incertain. En effet, les symptômes sont très divers et non spécifiques ce qui fait qu'en désespoir de cause, le mot de spasmophilie est lancé dans l'espoir de trouver enfin une solution et un mot pour ces maux. Alors, la spasmophilie recouvre-telle bien une maladie concrète ou n'est-elle qu'une solution pour une impossibilité de diagnostic ?

Justement, quels sont-ils ces symptômes ? Fatigue, insomnies, céphalées, angoisses diverses qui se manifestent par exemple par des palpitations, une difficulté à respirer avec la gorge qui se serre. On se sent opprimé, les maux de ventre arrivent, on peut commencer à trembler, à ressentir des sensations de chaleur ou de froid, des fourmillements, la vision se trouble... Cela peut aller jusqu'aux contractures musculaires et à l'augmentation du pouls.

Il est aussi assez fréquent de constater une baisse de la libido, une mauvaise humeur récurrente vis-à-vis de l'entourage ou au contraire un repli sur soi qui évolue peu à peu vers la dépression. Il n'est pas rare de voir les spasmophiles avoir un comportement alimentaire assez déséquilibré avec prise ou perte de poids.

Au niveau musculaire à proprement parler, on observe souvent des crampes, ou tendinites, des sensations d'avoir de l'arthrose. Les tressautements de la paupière sont fréquents et l'on a tendance à avaler sa salive sur un rythme trop rapide.

Tous ces symptômes pris un à un ne font pas un spasmophile, puisqu'ils existent également dans de nombreuses maladies ou chez des personnes particulièrement nerveuses. De façon plus anecdotique, on peut retrouver les mêmes sensations après un accident ou un deuil et il faut attendre que le temps fasse son effet. On aura tendance à penser que la personne qui souffre de ces problèmes, sans que l'on ne parvienne à en trouver une cause évidente, est quelqu'un de nerveux ou qui a un problème psychologique et doit donc suivre une thérapie.

Face à un tel cas, le médecin aura tendance dans un premier temps à rassurer son patient, quitte à lui ordonner quelques placebos. Il peut aussi lui demander de faire des examens en fonction des symptômes les plus fréquents, comme un électro-cardiogramme ou une radio des poumons... Le problème dans ce cas est que si l'on s'adresse à un spasmophile, chaque examen va augmenter son angoisse.

Si vous avez la malchance de tomber sur un médecin peu psychologue, il peut carrément vous dire de cesser de vous monter la tête et de tout faire tourner autour de votre petite personne. Il faut aussi savoir que les crises d'angoisse que vous pouvez ressentir et qui peuvent aller jusqu'au malaise vagal ne constituent nullement à elles seules un diagnostic de spasmophilie.

Autant dire qu'il vaut mieux avoir à faire à un médecin qui vous connaît bien, si possible qui connaît également votre terrain familial et votre passé. S'il est consciencieux, il vous obligera certainement à passer certains examens, tout simplement pour ne pas passer à côté d'un problème physique grave. On voit ainsi des spasmophiles qui se plaignent très souvent de maux de ventre au niveau de l'intestin ou de l'estomac et qui doivent subir une coloscopie ou fibroscopie simplement pour bien valider le fait qu'une tumeur n'est pas à la racine du problème. Evidemment, si tout est normal, on peut se dire que cela coûte bien cher, mais la prévention a un prix. Des examens assez simples peuvent également être faits sur place comme le contrôle de certains réflexes (signe de Chovstek et signe de Trousseau).

Le terme en tant que tel existe depuis bien longtemps. Le spasmophile réagit nerveusement et musculairement de façon inadéquate et disproportionnée comme s'il y avait un dérèglement et que l'information reçue par son corps et son cerveau était exagérée. Pourtant, il n'y a, a priori, aucune lésion évidente que ce soit au niveau musculaire ou cérébral.

Des causes ont été mises en avant qui peuvent différer en fonction des patients : Manque d'oligo-éléments, de calcium, de potassium et de vitamines (D et B6). On sait par ailleurs que le manque de certains de ces éléments peut provoquer des crampes et a donc une action directe sur la bonne tenue du muscle.

Un problème respiratoire qui provoque une hyperventilation et la sensation que l'on ne parvient jamais à respirer à fond. Les personnes nerveuses peuvent d'ailleurs ressentir cela sans être spasmophiles : comme l'envie permanente de prendre son souffle et de s'aider en se faisant bailler.

On parle toujours du stress en mal, alors qu'en fait il a également une action on ne peut plus positive en servant de signal d'alarme et en nous permettant de réagir de façon adéquate face au danger ou à la menace par exemple. Il s'agit ici du stress relativement court et quotidien auquel nous sommes tous confrontés quand nous prenons le volant par exemple, ou quand nous sommes inquiets, car les enfants ne sont pas rentrés... En bref, les circonstances de la vie quotidienne.

 



Là où le stress va venir perturber la vie du spasmophile est quand il s'installe de façon permanente. Tout commence à devenir difficile, tous les soucis de la vie deviennent des obstacles colossaux et l'on ne peut plus parvenir à relativiser ses problèmes, qu'il s'agisse de relations difficiles au travail, d'un découvert bancaire, d'une dispute... Tout devient insurmontable !

La tétanie est la conséquence ultime de la spasmophilie, mais pas uniquement. Elle peut arriver suite à un événement précis et bouleversant, qui provoque une crise que l'on confond parfois avec l'épilepsie mais qui n'a rien à voir au niveau des causes et origines.

Ce sont surtout les femmes et les enfants qui en sont victimes. Il s'agit d'une hyperexcitabilité neuromusculaire. Les nerfs se dérèglent et provoquent donc des contractures et spasmes. L'hyperventilation accompagne souvent les symptômes. C'est quasiment la tétanie, connue et décrite, qui est venue justifier l'existence de la spasmophilie qui serait en quelque sorte le stade inférieur de la tétanie.

La prochaine fois que vous entendrez parler de spasmophilie, ne prenez donc pas cela à la légère. Même si le diagnostic est complexe à établir, les « victimes » existent bel et bien et méritent vraiment votre considération.


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