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Je pense sans cesse à la mort

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La mort fait partie intégrante de notre condition humaine. La finitude est là, même si nous la repoussons de plus en plus grâce aux progrès de la médecine. Voilà un sujet peu réjouissant. La plupart hésite à évoquer ce thème et se contente d'y être confronté lors des décès familiaux ou amicaux inévitables au cours d'une vie. Mais lorsque cette pensée devient obsessionnelle, continuer à vivre devient de plus en plus compliqué.

Il existe bien entendu des moments où l'on ne peut s'empêcher de penser à la mort...

Le décès d'un parent, la maladie grave d'un proche et voilà qui nous remet immédiatement en tête le fait que la mort est là qui rôde. D'autant qu'elle peut être brutale et rapide, intervenant à tout âge. Un accident de voiture et c'est l'existence de toute une famille qui bascule. Il est alors normal de penser à la mort, de faire le point sur sa vie, sur le fait que tout homme est fragile et que si l'instant de la fin demeure inconnu, le fait est que la mort est bel et bien le terminus pour tous, y compris pour soi.

 



Les périodes de deuil provoquent des pensées souvent morbides, cela peut aller jusqu'à des rêves ou cauchemars qui deviennent parfois obsédants ou effrayants. Il s'agit de phases importantes dans une vie, mais qui ne durent pas. En fonction de la proximité affective avec la personne décédée, et de la profondeur des sentiments, cette période peut être plus ou moins longue, mais le fait est que dans tous les cas, la vie reprend le dessus.

Penser sans cesse à la mort lorsqu'il n'y a pas de raison évidente est un autre état d'esprit.

Penser sans cesse à la mort correspond donc généralement à des phases spécifiques de la vie. Le deuil est le moment où l'on est évidemment le plus fragilisé, mais cela est facilement compréhensible.

Il faut alors savoir gérer avec l'aide du temps qui passe, quitte à se faire assister lorsque la dépression s'installe. Certaines personnes sont particulièrement éprouvées dans leur vie et perdent plusieurs proches en même temps ou de façon rapprochée. Or, la résistance de chacun a des limites.

L'obsession de la mort peut également être présente lors de moments de stress, qui ne devraient pas avoir de relation avec une telle pensée. Il s'agit la plupart du temps de moments où un changement de vie survient, et ce à n'importe quel âge. Ainsi, de jeunes gens consultent en avouant être obsédés par cette idée lors du baccalauréat par exemple ou de l'entrée dans la vie active. Ce sont des angoisses inconscientes qui se font jour, en particulier lorsque les parents sont eux aussi angoissés par cette étape de leur progéniture. Comme le dit la chanson, « Partir, c'est mourir un peu ». Pour certains, faire le deuil du passé pour aller vers une nouvelle étape ne se fait pas sans une véritable révolution intérieure ou un grand passage à vide.

Pour les adultes, plusieurs périodes peuvent être délicates à traverser : lorsque l'on arrive à l'âge où ses propres parents sont morts par exemple, ou lors d'une rupture, d'un déménagement pas forcément souhaité et assumé. Car l'événement déclencheur n'est pas forcément tragique. Il arrive aussi parfois que des problèmes physiques soient à la racine du problème. Des soucis hormonaux jouent sur le moral, mais aussi sur le mental. Baby blues, ménopause peuvent être des périodes où la peur de la mort s'impose et devient récurrente.

Pour les parents, il est aussi un phénomène bien connu : la peur de la mort de leur enfant peut surgir à différents moments de leur vie. Un phénomène bien normal, tous les parents s'inquiètent pour leur progéniture. La peur de la mort est parfois intense lorsque l'enfant n'est qu'un nourrisson. On se lève pour vérifier sa respiration, on est sans cesse aux aguets, certains parents deviennent parfois de véritables angoissés, alors même que leur bébé ne présente aucun signe inquiétant.

Cela peut réapparaître ensuite, lorsque l'enfant prend son vélo, son scooter ou sa voiture pour la première fois. La peur de l'accident mortel peut alors venir envahir le cerveau au point de paralyser l'action. Des peurs là aussi compréhensibles, mais qui n'en restent pas moins handicapantes si l'on ne parvient pas à les surmonter.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les enfants aussi peuvent être obsédés par la mort. Dans ce cas, il faut qu'ils y aient été confrontés, parfois de façon totalement indirecte. Il peut s'agir du décès d'un grandparent, mais aussi de celui du père d'une petite copine, voire même de la disparition d'un animal. Parfois d'une discussion entendue portant sur la religion et le décès. Dans ce cas, chez certains, les questions fusent, chez d'autres l'angoisse peut devenir insurmontable.

Les enfants s'expriment rapidement sur le sujet, ils sont totalement submergés par la pensée que leurs parents puissent mourir et qu'ils risquent alors de se retrouver seuls. Ce sont souvent les aspects très concrets de la mort qui viennent les paniquer. Ainsi, le fait d'être enterré ou de se faire incinéré est totalement inimaginable. Tous n'évoquent pas le fait que cela peut leur arriver personnellement, cela dépend de l'âge.

Ces enfants sont particulièrement sensibles, mais il ne faut pas s'inquiéter exagérément pour autant. Il s'agit quasiment toujours d'une phase qui sera surmontée par le dialogue avec le parent qui ne doit pas forcément imposer un point de vue. Un enfant encore très jeune pourra trouver une solution en se faisant un petit méli-mélo de croyances qui suffit à le rassurer et le faire repartir vers plus d'optimisme. Cette période peut aussi être celle où des peurs multiples se font jour : peur du noir notamment, peur du « loup » ou de vilains personnages qui viennent assombrir le sommeil, la nuit est souvent l'ennemie.

Le parent est là pour rassurer, une présence et quelques mots suffisent souvent à chasser les fantômes.

Attention aussi aux petits hypocondriaques. On évoque souvent ce sujet chez les adultes. Or, les enfants sont aussi concernés. Il n'est pas rare que la peur de la maladie se transforme en peur de la mort, mais là encore, il s'agit de phases transitoires de l'enfance et de l'adolescence, à condition que d'autres événements ne viennent pas renforcer leurs angoisses.

Une bonne nouvelle, la peur de la mort peut se soigner y compris et surtout lorsqu'elle devient phobique !


 

Certains effectivement en viennent à ne pas pouvoir passer près d'un cimetière, doivent éviter toute conversation sur la mort, se sentent mal en lisant un roman où un décès survient, ne supportent pas d'assister à un enterrement ou à évoquer le sujet dans une conversation... Bref, la situation peut rapidement devenir intenable et provoquer de vrais malentendus au quotidien.

Consulter un thérapeute est dans ce cas une solution. Si l'on a eu un passé compliqué ou que des décès ont laissé des traces, une psychothérapie peut être indiquée. Mais dans de nombreux cas, une thérapie comportementale permet d'agir sur les principaux inconvénients qui se posent au quotidien. Cela ne règle pas le problème de fond, car très fréquemment, ces patients ont des angoisses dont ils ne connaissent pas l'origine, étant donné qu'aucun événement traumatisant ne les a marqués.

Les séances de travail permettent d'apprendre que ces obsessions sont relativement courantes, elles ont pour objectif de surmonter les attaques de panique. Cela passe par de la relaxation, par des listes de situations difficiles à travailler via des exercices, en apprivoisant peu à peu l'idée de la mort. Cela permet aussi de progresser sur l'effet « superstition » presque toujours présent : les patients ont dans l'idée qu'en évitant tout sujet portant sur la mort de loin ou de près, ils mettent en place une sorte de talisman qui les protège. La durée de ce type de thérapie est très variable en fonction de la profondeur et de l'ancienneté de la phobie. Cela peut aller de six mois à trois ou quatre ans. Mais l'on parvient toujours à un résultat.

Le rite a une importance réelle. On connaît son rôle dans le deuil, tous les psychiatres sont d'avis que les rituels aident à surmonter le choc, à traverser le gué plus facilement. Ils sont rassurants, réconfortants et posent des bornes permettant d'avancer pour aller de l'avant. Chez les enfants aussi, le rite joue un rôle, même s'il est totalement déconseillé de les faire assister à un enterrement ou une incinération à un jeune âge où ils n'ont pas les clés pour intégrer ce qui se passe. Au-delà du rite, la foi et les religions aident aussi à surmonter en partie la peur. Penser qu'il existe une vie après la mort, ou croire en la réincarnation sont rassurants, car c'est l'idée de fin définitive et totale qui effraie et génère une anxiété difficile à surmonter.

La peur de la mort est basée sur une réalité : la mort interviendra bien réellement. Mais elle est aussi totalement imaginaire car les personnes obsédées par cette idée ne sont pas en danger de mort imminente, loin de là. La peur se manifeste alors qu'aucune menace ne se manifeste. Or, la peur est normalement là pour nous protéger et nous faire réagir face à un danger. Si elle s'active à tout moment, elle vient alors paralyser toute action et peut engendrer une véritable dépression.

Il s'agit d'une peur fondamentale, celle qui sous-tend souvent toutes les autres. Apprendre à la gérer et à accepter sa propre finitude est indispensable à la survie. Cela peut aussi passer pour certains par une recherche philosophique et religieuse afin de tenter de trouver une réponse.

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