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"Je l'aime, mais je ne le désire plus…"

Info & Savoir

Si le mariage peut alimenter la flamme sexuelle, il arrive que la monogamie à long terme érode la passion. Vous faites l'amour et puis... rien. Parce que le sexe est devenu un automatisme et que le désir s’en est allé…

Tout mariage obéit à des cycles ; parfois l'amitié l'emporte sur le romantisme ; parfois la vie familiale l'emporte sur la vie intime. Mais un couple se doit de toujours entretenir un contact amoureux et fécond. Comment puiser à cette fécondité amoureuse, comment la préserver, comment faire en sorte que survive ce désir qui était vôtre au début de votre relation amoureuse ? Comment ranimer le désir enfoui sous des monceaux de contraintes quotidiennes ? Voilà ce dont il est question quand on aime mais qu’on ne désire plus…

 

Baisse de désir : hypoactive sexual desireen anglais

Les Américains, toujours amateurs de sigles, l’appellent le HSD (« hypoactive sexual desire » ou « très faible désir sexuel »). Il affecterait une femme sur trois et un homme sur cinq : le manque de désir semble être devenu le symptôme le plus souvent évoqué par les patients des sexologues.

 


 

La passion : à durée limitée ?

Passion et durée ne font pas bon ménage. Il arrive forcément un moment où l’on finit par voir l’autre dans sa totalité. Notre vision s’éclaire et au lieu de ce regard totalement partiel et partial que nous adoptons pendant l’amour-passion, nous parvenons à enfin voir notre partenaire dans sa totalité, sa particularité, ses différences.

 

Pour durer, le couple va alors chercher à se trouver des points communs supplémentaires, des valeurs communes, s’inventer des rituels qui consolideront la relation. C’est aussi le moment où si ce n’est déjà fait, le couple fait connaissance avec les familles mutuelles, les collègues de travail, etc. Mais surtout, à partir de là, l’individu n’est plus seulement centré sur lui-même dans le sens où seule la présence de l’autre peut calmer le manque, il peut donc vraiment s’intéresser à lui de façon plus objective, à ses envies en dehors du couple, à ses ambitions personnelles et non pas uniquement aux projets communs.

 

Les spécialistes affirment déjà depuis longtemps que c’est bel et bien le cerveau qui prime dans l’activité sexuelle et qu’il ne s’agit pas d’une simple réaction physique et automatique comme certains hommes aiment à le faire croire, signifiant par là qu’ils n’ont pas de problème d’érection.

 

Oui, la passion est en effet affligée d’une date de péremption. Mais contrairement aux faiseurs de statistiques, on peut avancer sans se tromper que cette durée est éminemment variable en fonction des individus. Certaines personnes ont un inconscient, un imaginaire plus fort que d’autres. En fantasmant ainsi, elles peuvent faire durer cette énergie plus longtemps que d’autres. Et le meilleur moyen pour y parvenir est bien entendu de susciter le manque. Si les circonstances font que volontairement ou pas, le couple ne se voit pas au quotidien, il est clair que la période passionnelle va se prolonger.

 

D’autres ne pourront résister à la tentation de se voir encore et toujours et les jours s’ajoutant aux jours, cela va bien entendu former une certaine habitude qui aura tendance à transformer la passion.

 

C’est alors l’amour au quotidien qui vient prendre le relais. Mais même lorsque cette situation a fini par s’installer, il est intéressant de « re-provoquer » un manque. Un bon moyen de tester son amour, car le fait de ne pas se voir pendant quelques temps permet ensuite pour la plupart de raviver l’intensité du plaisir à se revoir, à se redécouvrir en quelque sorte.

 

Nos besoins affectifs

Selon Michelle Larivey, psychologue, les êtres vivants n'ont pas que des besoins physiques, ils ont également des besoins affectifs. Ceux-ci ne sont pas aussi palpables et sont encore mal connus. Nous continuons d'avoir des besoins affectifs tout au long de notre vie. Nous devons les satisfaire pour conserver notre équilibre affectif et notre santé mentale. C'est même important pour notre santé physique ! De plus en plus, on découvre l'effet néfaste des manques affectifs sur la santé physique.

 

Ainsi, l'adulte de 30 ans a encore besoin d'affection et il en aura toujours besoin. À 50 ans une personne a encore besoin d'être appréciée et reconnue. Quel que soit son âge, celui qui vit une existence peu nourrissante, tend à déprimer. Qui n'a pas connu quelqu'un qui a sombré dans la dépression ou même est mort par manque affectif ?

 

Lorsqu'ils sont comblés, les besoins sont la plupart du temps invisibles. Je ne sens pas la faim, mon besoin de manger disparaît quand je viens de prendre un bon repas. Je suis également peu consciente de mon besoin d'être aimée si je vis avec des personnes dont l'affection me comble. J'apprécie alors tout simplement mon état de satisfaction et j'en profite sans même y penser. Tout comme au plan physique, le besoin ne fait surface que lorsqu'il est en souffrance, lorsqu'il ne trouve pas de réponse adéquate.

 

L'urgence et l'intensité du besoin varient aussi d'un moment à l'autre ou d'une période à l'autre de notre vie. Ils varient même selon les personnes avec qui nous sommes en contact. Comme au plan physique, c'est le degré de satisfaction actuel qui détermine combien chaque besoin est crucial, intense ou urgent. L'individu qui souffre d'un manque affectif a tendance à être obnubilé par ce besoin.

 

Le désir sexuel en question

Le désir sexuel est la capacité à envisager de manière positive une activité sexuelle et à déclencher une excitation sexuelle. Elle recouvre à la fois le désir de faire l’amour avec son partenaire mais aussi le fait d’avoir des pensées érotiques de façon spontanée.  Une baisse de désir sexuel nait d’une difficulté personnelle et non relationnelle. En effet, le désir sexuel est une capacité personnelle et non un sentiment généré par son partenaire.

 

La baisse de désir sexuel touche tous les paramètres de la sexualité, autoérotisme, imaginaire érotique et toute relation sexuelle quelle qu’elle soit et avec qui que ce soit. En effet si la baisse de désir ne concerne qu’une personne on se trouve plus devant un problème relationnel mais plus devant une baisse de désir sexuel.

 

Le désir sexuel comporte plusieurs composantes, auxquelles chacun accorde plus ou moins d’importance. Il y a le désir sexuel fusionnel (affectif), le désir sexuel d’enfant (de reproduction), le désir sexuel de décharge (c’est-à-dire d’orgasme) et enfin le désir sexuel coïtal (centré sur les organes génitaux)

 

Désir sexuel : quatre facteurs essentiels

Le désir sexuel dépend de 4 facteurs :

- la capacité à devenir sexuellement excité par quelque chose qui est différent de soi (le pénis d’un homme pour une femme par exemple) ;

- la capacité à devenir sexuellement excité par la distance qui nous sépare de l’objet du désir ;

- l’attractivité sexuelle de l’objet du désir : est-ce que l’autre répond aux critères qui nous attirent sexuellement mais aussi est-ce que j’arrive à voir ces critères ;

- la capacité à repérer quand on est sexuellement excité.

 

Désir sexuel : les autres facteurs importants

D’autres facteurs peuvent influencer le désir sexuel ou déséquilibrer l’un des facteurs précédents :

- les problèmes relationnels : des difficultés dans le couple, une routine qui s’installe, des préliminaires insuffisants responsables d’un manque de synchronisation entre les désirs de la femme et ceux de l’homme, des problèmes érectiles chez l’homme qui peuvent bloquer son désir par peur de l’échec…

- les problèmes médicaux : les déséquilibres hormonaux (chez l’homme, baisse de testostérone notamment avec l’âge ; chez la femme, variation des taux d’oestrogènes, avec la ménopause ou après un accouchement notamment), la prise de certains médicaments et certaines maladies qui affaiblissent l'organisme et inhibent le désir…

- les problèmes personnels : mal-être psychologique, stress, angoisse, problèmes professionnels, fatigue…

 

Une bonne santé sexuelle

Une bonne santé sexuelle permet de limiter les troubles du désir sexuel. Il faut pour cela avoir des moyens riches, variés et plaisants d’obtenir une excitation sexuelle (érection, lubrification…), et être capable de repérer cette excitation sexuelle, le tout permettant des décharges orgasmiques riches en émotions. De plus, il est nécessaire d’avoir des connaissances objectives sur la sexualité, libérées de fausses croyances, familiales, sociales et religieuses.

 

La sexualité doit être suffisamment présente dans la vie personnelle et dans la vie du couple. Il faut pouvoir considérer son partenaire comme un objet de désir sexuel et non pas seulement comme un compagnon de vie, un ami ou un objet de désir amoureux. Cela signifie aussi tout simplement accorder du temps et de l’importance à la sexualité dans son couple. Hormis pour les baisses de désir sexuel d’origine organique (dépression ou trouble hormonal par exemple), il n’existe pas de traitement médicamenteux pour les baisses de désir sexuel.

 

Les baisses du désir étant avant tout une problématique personnelle, c’est bien la personne concernée qui doit bénéficier d’une prise en charge et non son partenaire. Le partenaire fait toutefois partie du traitement puisque c’est vis-à-vis de lui que le patient doit retrouver du désir mais ce n’est pas lui qui doit être traité ou faire des efforts pour faire naître du désir chez l’autre.

 

La bonne santé physique et psychologique est essentielle à la naissance et l'épanouissement du désir. Ainsi est-il difficile de distinguer une baisse de la libido «naturelle » induite par des événements extérieurs d'un trouble sexuel aux contours indécis…

 

Retrouver le chemin du désir

Pour entretenir ou relancer le désir dans le couple, « il faut s'installer de façon positive dans le cerveau de son partenaire et renouveler les fameux points d'attachement » propose Lucy Vincent, chercheuse au CNRS. On ne peut pas empêcher le temps de passer. En revanche, on peut aménager sa vie différemment pour se consacrer davantage à l'autre. La clé ? Créer des rituels amoureux, sources de plaisir pour relancer le processus du lien et sortir du quotidien.

 

Pour désigner l’énergie vitale qui commande notre sexualité, Jung emploie le mot "eros" qui, pour lui, a deux versants : d’un côté, la sexualité, de l’autre, la spiritualité. Le psychanalyste ne veut pas dissocier les deux, car la sexualité est le désir exprimé dans sa structure masculine, et la spiritualité, le désir exprimé dans sa structure féminine. Pour Jung, tout désir est sous-tendu par une soif d’infini, le désir sexuel étant le corps du désir spirituel, et le désir spirituel étant l’âme du désir charnel. Les deux vont ensemble, l’accomplissement pour un être humain étant de tenter de rassembler en lui-même ces deux désirs qui le structurent.

 

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