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J'ai peur en public : comment vaincre la phobie sociale

Info & Savoir

Avoir peur en public, c’est avant tout avoir peur des autres ! La phobie sociale ou anxiété sociale est une peur persistante et intense de se trouver dans une situation sociale où la personne s'expose à l'observation des autres. Les personnes affectées par cette pathologie savent que leurs peurs sont irrationnelles. Pourtant, elles appréhendent énormément les situations dans lesquelles elles sont confrontées au regard des autres. Ainsi, elles font tout pour les éviter. Heureusement, ce n’est pas une fatalité et on peut s’en sortir !

Lorsqu'elles sont dans les situations redoutées, les personnes atteintes de phobie sociale ont tendance à croire qu'elles sont jugées négativement. Celles-ci ont peur d'être vues comme anxieuses, folles ou stupides. De facto, elles s'isolent.

La phobie sociale et ses signes

 


 

Une peur persistante et intense d'une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers ou bien peut être exposé à l'éventuelle observation attentive d'autrui. Le sujet craint d'agir (ou de montrer des symptômes anxieux) de façon embarrassante ou humiliante.

 

L'exposition à la situation sociale redoutée provoque de façon quasi systématique une anxiété qui peut prendre la forme d'une Attaque de panique liée à la situation ou bien facilitée par la situation.

 

Le sujet reconnaît le caractère excessif ou irraisonné de la peur.

 

Les situations sociales ou de performance sont évitées ou vécues avec une anxiété et une détresse intenses.

 

L'évitement, l'anticipation anxieuse ou la souffrance dans la (les) situations(s) sociale(s) ou de performance redoutée(s) perturbent, de façon importante, les habitudes de l'individu, ses activités professionnelles (ou scolaires), ou bien ses activités sociales ou ses relations avec autrui, ou bien le fait d'avoir cette phobie s'accompagne d'un sentiment de souffrance important.

 

Les caractéristiques habituelles associées à la phobie sociale comprennent une hypersensibilité à la critique, à une évaluation négative ou au rejet, une faible estime de soi ou des sentiments d'infériorité. Les sujets ayant une phobie sociale craignent souvent une évaluation indirecte par les autres, telle que de passer un examen.
Une baisse de l'estime de soi est couramment engendrée par ce trouble, après des années elle peut engendrer une dépression. Si le trouble n'est pas résolu, cette boucle peut se reproduire. Le risque de dépression majeure chez un phobique social est multiplié par trois.

 

Les phobies sociales peuvent être très variées (on estime que 3% à 13% de la population en est atteinte), cela peut aller d'une gène limitée à une situation (éreutophobie : peur de rougir en public) à un blocage social complet, empêchant la personne de sortir de chez elle. Attention de ne pas confondre la phobie sociale et la timidité ou le trac. Ce sont des réactions normales, et qui arrivent à se combattre par la volonté. La phobie sociale va bien au-delà, la souffrance est réelle et demande souvent un traitement psychologique pour apprivoiser ces réactions.

 

Zoom sur l’agoraphobie

L'agoraphobie touche de 2 à 4% de la population. Sous sa forme mineure (agoraphobie simple) elle se développe entre la fin de l'adolescence et la trentième année environ. La forme majeure s'accompagne généralement de troubles paniques et survient entre 35 et 45 ans. Si l'origine de cette névrose diffère selon les sujets, elle survient le plus souvent suite à un traumatisme psychique (accident, deuil, chômage...) récent ou éloigné. Ainsi, cet état — que de nombreux spécialistes différencient d'une « maladie » — peut être développé à tout moment par tout individu. Il peut aussi s'accompagner d'autres syndromes, phobies ou troubles compulsifs (dépression, claustrophobie...)

 

L'angoisse générée par cette manifestation phobique peut être de différente ampleur selon la réceptivité du sujet. Les individus les plus exposés peuvent alors présenter des crises de spasmophilie, appelées aussi « crise d'angoisse » ou « attaque de panique ». À l'exception des personnes présentant des pathologies particulières (déficients cardiaques, asthmathiques...), les crises de spasmophilie ne présentent au demeurant aucun danger pour la santé ou la vie du sujet. Néanmoins, les victimes comparent ces épisodes à une sensation de mort imminente.

 

Ces attaques de panique présentent une ou plusieurs caractéristiques psychologiques et manifestations physiques : palpitations, tachycardie (accélération du rythme cardiaque), tremblements ou secousses musculaires (d'où vient le nom de spasmophilie), douleur, gênes thoraciques, sensation d'étranglement, souffle court…

 

Les patients subissent une forte peur de plein fouet, les sensations de vertige, d'étouffement, de perte de contrôle, accompagnées des manifestations physiques d'une angoisse intense, ce qui les amène à redouter les situations dans lesquelles ils craignent d'avoir peur (peur d'avoir peur = Phobophobie). Ils peuvent alors élaborer par opposition un processus dit d'« évitement », consistant à éviter toute situation représentant l'objet de leur phobie. Dans ce dernier cas, l'agoraphobe risque ainsi d'entrer progressivement dans un processus de dé-sociabilisation et présenter à terme un syndrome dépressif majeur.

 

Toute peur se soigne !

Le premier pas à faire pour traiter la phobie sociale… c’est de reconnaître que l’on en souffre ! Car il est parfois difficile d’admettre ses propres angoisses, surtout lorsqu’on ne sait pas que ce trouble est reconnu et bénéficie de traitement. Soigner la phobie sociale n’est pas une mince affaire.

 

Car souvent des habitudes se sont mises en place et la victime prend soin d’éviter tout au long de sa vie les situations embarrassantes. Pourtant, il est possible de mettre fin au calvaire, en optant pour des traitements associant médicaments et psychothérapies. En la matière, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) semblent particulièrement adaptées…

 

Les séances de TCC associent des exercices pratiques de déconditionnement en présence du thérapeute. Le sujet doit affronter la situation qu’il craint, progressivement. Le thérapeute l’accompagne et lui sert de modèle en ce qui concerne le comportement qu’il faudrait avoir. Le processus d’imitation entre en jeu. On utilise aussi le jeu de rôles, et souvent la relaxation musculaire. Entre les séances, le sujet doit se livrer à des exercices à titre personnel, en se donnant des objectifs, par exemple parler en réunion, demander son chemin dans la rue... en évaluant ses progrès.

 

La partie cognitive du traitement comporte une analyse des schémas de pensée responsables du comportement déviant. On propose des représentations mentales d’un autre modèle, mieux adapté. On fera anticiper la réaction négative au sujet en lui apprenant à dire stop dès qu’elle apparaît. On oppose ainsi le raisonnement logique à des processus irrationnels.

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