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Insomnie : quel traitement efficace en 2015 ?

Info & Savoir

L’insomnie chronique touche plus de 20% de la population française. Elle est sévère dans 6 à 9 % des cas. En France, elle est responsable d’une consommation excessive d’hypnotiques, de tranquillisants, et entraîne de graves conséquences dans la vie privée et professionnelle. Ce n’est pourtant pas une fatalité et on peut la combattre.

La somnolence diurne excessive a des conséquences tant au niveau individuel (inefficacité pendant la journée, restriction des activités) que social (désinsertion sociale progressive, risque d’accidents de travail ou d’accidents de la route…).

 



Les causes en sont diverses et parfois associées avec des problèmes psychologiques (dépression) ou des pathologies psychiatriques. Plusieurs syndromes existent comme le syndrome d’apnée du sommeil, par exemple, qui touche 3 à 4 % de la population. D’autres causes de somnolence sont courantes, comme le syndrome des jambes sans repos  (15 % des patients) ou moins fréquentes comme la narcolepsie (0,05 %) et l’hypersomnie idiopathique.

 

Consulter en raison d’insomnies

Tout le monde peut passer une mauvaise nuit, ça arrive. Un repas trop copieux avant d’aller se coucher, un rendez-vous important le lendemain, une mauvaise nouvelle ou au contraire, une bonne nouvelle…, les causes de mauvais sommeil occasionnel peuvent être multiples. Cela ne signifie pas pour autant que vous avez une insomnie chronique qui nécessite un traitement !

 

Surtout, prenez le temps d’expliquer vos symptômes au médecin, de rechercher quand l'insomnie est apparue. Votre sommeil est suffisamment important pour lui consacrer  une  consultation entière ! Votre médecin fera le point avec vous, recherchera une cause. Si nécessaire, il fera appel à un spécialiste.

 

Deux Français sur trois se plaignent de troubles du sommeil, pourtant il est le facteur majeur de notre équilibre. Il permet d'évacuer toutes les tensions et la fatigue accumulée tout au long de la journée. Ainsi, il conduit à la détente. En position allongée, la colonne vertébrale se relâche. Les jambes perdent alors de leur lourdeur ; les personnes souffrant de troubles de la circulation sanguine surélèvent d'ailleurs les pieds de leur lit afin d'accroître leur bien-être.

 

Un individu privé de sommeil, et notamment de la phase de sommeil incluant les rêves, présente des changements radicaux de sa personnalité. Son irascibilité peut rapidement évoluer vers des troubles psychologiques. Le sommeil est donc indispensable à l'équilibre mental.

 

A la suite d'une période difficile, d'un stress important ou d'un coup dur, des épisodes d'insomnie peuvent survenir. Ces manifestations occasionnelles doivent toutefois éveiller l'attention afin d'éviter qu'elles ne se transforment en insomnies chroniques. L'insomniaque peut avoir des difficultés pour s'endormir, des réveils précoces ou encore de multiples réveils pendant la nuit avec une incapacité à se rendormir.

 

Environ 30 % à 40 % des adultes souffrent d'une certaine forme d'insomnie au cours de l’année. L'insomnie augmente avec l'âge et est généralement plus fréquente chez les femmes. Elle peut devenir un problème sérieux. Elle pourra diminuer votre énergie au travail et provoquer de l'anxiété ou de la tension. Les personnes qui souffrent d'insomnie se sentent souvent fatiguées, déprimées et irritables, et ont parfois de la difficulté à se concentrer.

Plusieurs types d’insomnies

 

L'insomnie et le syndrome des apnées du sommeil

L’apnée du sommeil est un trouble où la personne cesse de respirer pendant une période allant de quelques secondes à deux minutes, plusieurs fois durant la nuit. Les apnées du sommeil touchent à peu près 5 à 6% de la population. Elles se traduisent par un relâchement complet des muscles du pharynx qui empêchent l'air de passer. Les signes sont : des ronflements nocturnes, des respirations bruyantes qui réveillent parfois le conjoint, des réveils avec maux de tête, une transpiration excessive pendant la nuit et une fatigue chronique. En raison de sa mauvaise nuit de sommeil, la personne se sent fatiguée et abattue, et peut avoir l’impression de souffrir d’insomnie.

 

L'insomnie liée au syndrome des jambes sans repos

Dès que la personne se met au repos, assise dans un fauteuil ou couchée, elle ressent des sensations très désagréables dans les jambes. Elle doit les bouger. Quand elle parvient enfin à trouver le sommeil, dans 80% des cas les jambes font des mouvements périodiques. Ce ne sont pas les petits sursauts de l'endormissement mais de vrais mouvements qui sont parfois même très importants. Des traitements médicamenteux viennent à bout de ce trouble.

 

L'insomnie liée aux médicaments, à l'alcool et à d'autres substances

De nombreux médicaments, les drogues et l’alcool sont des dépresseurs du système nerveux central qui provoquent l’insomnie. En observant des utilisateurs de dépresseurs du système nerveux central (tranquillisants par exemple), on a découvert que leur sommeil paradoxal n’alterne pas correctement avec leur sommeil lent. Afin d’améliorer son sommeil, la personne insomniaque doit d’abord être stabilisée à l’aide de doses graduellement réduites jusqu’à ce que le dépresseur ne soit plus utilisé ou nécessaire.

Les stimulants du système nerveux central, comme les amphétamines, les quantités importantes de café ou d’autres boissons contenant de la caféine, les antidépresseurs et les sympathomimétiques contre l’asthme, peuvent rendre le patient très somnolent durant le jour et l’empêcher de bien dormir la nuit.

 

Ceux qui consomment de grandes quantités d’alcool présentent un sommeil «prématurément vieilli», caractérisé par de multiples réveils, de nombreux changements de phase et une réduction du sommeil récupérateur. Comme le sommeil est léger et fragmenté, le temps total passé au lit peut augmenter, ce qui perturbe le cycle veille/sommeil. Même après une ou deux années d’abstinence, le sommeil des anciens alcooliques reste perturbé. On ne sait pas encore si ces troubles du sommeil sont imputables à des lésions permanentes dues à l’alcool ou si le mauvais sommeil existait auparavant; dans ce dernier cas, l’alcool aurait d’abord été utilisé pour corriger ce problème…

 

Comment traiter l'insomnie ?

 Le traitement de l'insomnie dépend du type d'insomnie, du nombre d'années et de la prise ou pas de somnifères. Il est évident que lorsque l'insomnie est là depuis des années, il est difficile de s'en débarrasser. Il faut retrouver les bons réflexes, redécouvrir ses besoins et ses rythmes. Or, les somnifères ont souvent faussé la donne. En endormant la personne quotidiennement, ils ont pris la place des substances naturelles d'endormissement et ont en quelque sorte « désappris » à la personne à dormir. D'où l'importance de retrouver une hygiène de vie propice au sommeil et de consulter rapidement un professionnel dans le cas d'insomnies sévères. La phytothérapie est également un atout majeur pour vous accompagner en douceur vers un sommeil régulier et vous permettre de vaincre l'insomnie.

 

Du bon usage des somnifères

 Les somnifères sont des armes à double tranchant : ils sont parfois utiles mais ils peuvent également aggraver l'insomnie. Ils n'apportent qu'un soulagement temporaire et ne guérissent pas. Leur utilisation ne doit surtout pas dépasser quelques semaines. Pris régulièrement, ils pourront entraîner une insomnie dite « rebond ». Cette forme d'insomnie survient lorsqu'une personne cesse de prendre des somnifères et que l'insomnie reprend de plus belle. Donc, au lieu de traiter l'insomnie, les somnifères peuvent en devenir la cause !

 

Les médicaments que vous achetez en vente libre sont parfois inefficaces. Quant aux médicaments obtenus sur ordonnance médicale, ils risquent de transformer vos habitudes normales de sommeil et vous rendre somnolent et étourdi le lendemain matin. De plus, les somnifères perdent de leur efficacité avec le temps; il faut donc augmenter les doses. C'est pourquoi il est déconseillé de prendre des somnifères pendant de longues périodes. C’est une sorte de cercle vicieux. Les somnifères peuvent même être dangereux si votre insomnie est causée par un problème de santé. 

 

Zoom sur les benzodiazépines

Les médicaments utilisés dans le traitement des insomnies, c'est-à-dire des troubles de l'installation et du maintien du sommeil, appartiennent classiquement à la grande famille des benzodiazépines. Leur nom pharmacologique se termine le plus souvent par « azopam » : Flunitrazopam, Rohypnol, Lormétazépam, Noctamide, Lorazépam, Temesta, Bromazépam, Lexomil... Ces benzodiazépines sont toutes sédatives, anxiolytiques, anticonvulsivantes, myorelaxantes et amnésiantes, mais à des degrés divers selon la molécule.

 

C'est pourquoi certaines sont commercialisées comme hypnotiques : pour dormir, à prendre au coucher, d'autres comme anxiolytiques : contre l'anxiété, à prendre dans la journée. Mais une benzodiazépine anxiolytique prise le soir est hypnotique et souvent prescrite dans ce but. Par ailleurs, une molécule anxiolytique prise dans la journée procure davantage de détente, donc un meilleur sommeil le soir, tandis qu'un hypnotique à durée d'action suffisamment longue garde un effet anxiolytique dans la journée du lendemain.

 


 

Toutes ces molécules sont supposées procurer un meilleur sommeil, mais elles ont généralement un effet indésirable : elles provoquent des troubles de la mémoire. Les bonnes pratiques médicales préconisent un traitement bref, d’une durée maximum de trois semaines, lorsque l'on utilise ces molécules comme hypnotiques, parce que leur effet s'épuise avec le temps.

On est alors amené à augmenter les doses et le mécanisme de l'escalade thérapeutique s'enclenche, d'autant plus facilement que l'arrêt brusque du médicament est mal supporté : il y a un rebond d'insomnie pendant lequel on dort encore plus mal qu'avant la prise du médicament pendant un temps plus ou moins long.

Par exemple, lors de l'arrêt brutal d'une benzodiazépine, le sommeil est perturbé pendant trois à quatre semaines pour une consommation de médicament d'une durée de six mois, pendant près d'un an, pour une consommation d'une durée de dix ans.

 

Les benzodiazépines ont un fort potentiel de dépendance qui explique qu'on puisse les consommer pendant des années. Parmi les autres effets indésirables, on observe un effet résiduel le lendemain de leur prise : somnolence, troubles de la concentration et de la mémoire, baisse des performances, en particulier risque d'accident lors de la conduite automobile.

Ces effets sont d'autant plus fréquents qu'elles ont une longue durée d'action et que leur dose est forte. En outre, elles peuvent modifier l'humeur ; le patient devenant plus irritable, parfois pleurant de façon immotivée. Les benzodiazepines modifient l'architecture du sommeil qui devient beaucoup moins riche en ondes lentes, témoignant d'un sommeil lent profond, et le sommeil paradoxal tend à diminuer.


D’autres molécules...
Des molécules plus récentes, non benzodiazépiniques, mais agissant au niveau du récepteur des benzodiazépines, ont été commercialisées comme hypnotiques il y a quelques années : Imovane, Stilnox, Ivadal. Elles ont pour avantage de mieux respecter l'architecture du sommeil et de préserver la vigilance et les performances dans la journée suivant la prise, mais elles n'ont pas d'action contre l'anxiété presque toujours présente chez les insomniaques chroniques. Elles sont prescrites préférentiellement dans les insomnies ponctuelles : voyage avec ou sans décalage horaire par exemple.


Les anti-dépresseurs
Les antidépresseurs sont très souvent prescrits dans le traitement de l'insomnie. Tantôt à des doses classiques pour traiter une dépression patente ou masquée, tantôt à des doses inférieures, de l'ordre du cinquième ou du tiers des doses, avec des antidépresseurs sédatifs à prendre le soir, comme par exemple l'amotriptyline (Laroxyl), la doxépine (Quitaxon), la mianserine (Athymil).

 

Des méthodes sans médicaments
Dans les cas d'insomnie chronique pour lesquels on n'a décelé aucune cause organique ou psychiatrique, on privilégie surtout les méthodes non médicamenteuses : homéopathie, phytothérapie, acupuncture… Outre les règles dites d'hygiène du sommeil, on prescrit également des traitements comportementaux ou cognitifs : la relaxation, le biofeedback, la sophrologie, l’hypnose…

 

Les troubles du sommeil sont de terribles désagréments à ne pas prendre à la légère, puisqu’ils peuvent altérer totalement votre mode de vie. Il est important de faire attention lorsque l’on est sujet à des fatigues diurnes. Si vous avez des doutes, il est nécessaire de consulter votre médecin pour trouver un traitement adapté à votre cas. 

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