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Harcèlement : sortir de la peur et du silence

Info & Savoir

Le harcèlement provoque chez une majorité des femmes un repli sur soi et non pas une une volonté de lutter et de se défendre. Il ne s'agit pas de lâcheté, mais d'une réaction instinctive de protection qui va en réalité à l'encontre de la recherche de solutions. Difficile de sortir de ce cercle vicieux qui peut faire traîner la situation en longueur...

Une fois que le harceleur ainsi que sa façon de faire sont bien identifiés, la réaction peut se faire attendre.

Car le harcèlement peut prendre différents masques :

A. Il peut être sexuel, avec blagues salaces, avances appuyées ou non. A vrai dire, il s'agit du harcèlement le plus « facile » à gérer, car quand bien même la femme y répond de façon neutre, il est habituellement plus facile de mettre à nu le coupable et être informée de son comportement. En effet, ce type de « dragueur » maladif a un comportement répétitif, généralement connu de l'environnement. Même si cela signifie aussi de ne pas rester seule avec lui, ce qui peut être particulièrement compliqué dans certaines entreprises.

B. Il peut être pervers dans sa volonté de faire du mal, de déstabiliser et de prendre le pouvoir sur l'autre. Dans ce cas, il peut s'agir de différentes hypothèses : remettre en cause systématiquement le travail de la femme, en cherchant à lui distiller peu à peu le fait qu'elle est incompétente, ne pas la convier à des réunions auxquelles elle devrait normalement participer. Il s'agit en fait de « mettre sur la touche » en isolant autant que possible la victime, qui ne saura plus vraiment vers qui se tourner.

 



Le harceleur est la plupart du temps une personne qui tente de séduire ou est convaincue de pouvoir le faire. Il pense avoir une sorte de don particulier. Il s'agit généralement d'une personnalité qui a une haute idée de lui-même.

Certains ont un profil spécifique qui les pousse à braver les interdits en ressentant une jouissance liée au fait qu'il peut mener à bien son action sans qu'il n'y ait de conséquence.

Un troisième type est au contraire très différent : il cherche à compenser par ce type de comportement un manque d'autorité, de statut social. Ces personnes ont parfois l'impression d'usurper le titre dont ils disposent et compensent par le pouvoir qu'ils peuvent avoir sur les autres.

Tous ont en commun de se sentir au-dessus des lois, du moins en ce qui concerne leur comportement.

Ils cherchent pour la plupart à conforter leur sentiment de supériorité, parfois fragile, en humiliant l'autre ou en le mettant mal à l'aise. Le harceleur est aussi souvent bon psychologue dans le sens où il s'attaquera souvent (mais pas toujours) à une femme dont il pensera avoir détecté une certaine vulnérabilité, ou gentillesse, ce qui lui permettra d'établir une relation de type parent/enfant. Un type de relation qui enferme la victime et l'empêche souvent de réagir dès le début.

Pour sortir de la situation, les solutions ne sont pas si nombreuses.

Sortir de la culpabilité

La première réaction de la victime d'un harcèlement a tendance à se demander : pourquoi moi ? Mauvaise question, qui met immédiatement la victime en situation de coupable elle aussi. Notre physique ou notre caractère ont bien entendu une influence sur les personnes qui nous entourent et leur façon de se comporter avec nous dans la vie de tous les jours.

 

Mais lorsque l'on est dans une situation de harcèlement, il en va autrement. Il faut absolument que le doute soit immédiatement et totalement évacué. Voici le premier pas salvateur qui évite de se retrouver embourbée dans la peur et de ce fait le silence. Quitte à se répéter comme un mantra : « c'est lui qui est en cause, pas moi ». Se convaincre de cela est le premier pas.

La mise en cause au sein de l'entreprise
Il s'agit en fait d'avoir un entretien avec le supérieur hiérarchique du harceleur ou le sien propre s'il s'agit d'un collègue. Il est aussi possible de voir le responsable des relations humaines en fonction de la taille de l'entreprise. Si l'on veut absolument voir le harceleur lui-même parce qu'il s'agit de son patron par exemple, il faut toujours le faire en présence d'un tiers, si possible un représentant du personnel et se sentir suffisamment armée pour le faire.

Ce premier pas est généralement adopté lorsque l'on souhaite garder son emploi, et que tout se passait bien jusque-là. Il ne faut en aucun cas avoir un entretien de ce type « seule à seul » avec le harceleur, car cela ne sert à rien. Le harceleur joue généralement la comédie de la surprise et ne change pas pour autant. Il ne fera que prendre plus de précautions.

L'entretien doit être soigneusement préparé : tous les faits doivent être relatés de façon chronologique, le plus objectivement possible. Il s'agit moins d'accuser que de mettre en lumière des agissements qui provoquent un malaise, voire plus et surtout un souci au niveau du bon fonctionnement au niveau de l'équipe et du travail.

La procédure au civil (Prud'hommes)

Elle est souvent privilégiée par rapport à une attaque en justice en bonne et due forme. Bien évidemment cette démarche n'intervient que lorsque la situation s'est déjà suffisamment envenimée pour que l'on ait perdu son emploi. Un avocat est souvent indispensable pour construire le dossier du mieux possible et tenter d'obtenir un dédommagement. Celui-ci reste toujours très aléatoire, car il est difficile de prévoir à l'avance la réponse des Prud'hommes. Tout dépend de la qualité du dossier.

La procédure judiciaire au pénal

La procédure judiciaire est utilisée dans le cadre du harcèlement sexuel et/ou moral. Elle est assez compliquée à mettre en place, car il faut avoir pu rassembler suffisamment de preuves et de témoignages sincères. Il faut être en bon état psychique, étant donné que la partie adverse n'hésitera pas à venir tenter de prouver le contraire et que les paroles qui seront prononcées seront difficiles à supporter.

La loi assure la protection des victimes, mais aussi des témoins et personnes ayant relaté des faits constituant un harcèlement moral. Ce dernier est devenu un délit spécifique en France depuis 2002 où il est inscrit dans le code du travail et le code pénal. La difficulté est que la victime doit pouvoir établir des faits qui permettent de présumer de l'existence d'un harcèlement. Ces preuves peuvent être de tous ordres : e-mails, lettres, notes internes, certificats médicaux, arrêts de travail, même les post-it peuvent servir, certains harceleurs se servant abondamment de ces petits papiers.

Il est essentiel de parvenir à mettre en lumière la répétition des faits, leur durée (il n'est pas nécessaire que cela dure des mois cependant), ainsi que des éléments tels que la dégradation des conditions de travail ou les dommages éventuels, tels que l'impossibilité de promotion, les conséquences sur la vie actuelle etc.

Sortir de la peur et du silence 

Sortir de la peur et du silence demande donc une bonne dose de volonté et surtout de persévérance, en particulier si l'on s'oriente vers une action judiciaire qui peut durer des années. Il faut être convaincue que le fait de se taire ne peut faire aucun bien, sauf au harceleur, qui pourra d'ailleurs changer de cible et s'en prendre à une autre. Si l'on ne trouve pas que sa propre cause en vaille la peine, peut-être faut-il se lancer dans l'action pour éviter la reproduction de tels faits ?

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