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Sexualité : faut-il assouvir nos fantasmes ?

Info & Savoir

Tout un chacun est concerné par les fantasmes. En avoir, y penser, rêver à des concrétisations possibles, autant d'éléments de notre vie. Quant à les assouvir, il s'agit d'autre chose, car il est assez rare que l'opportunité se présente spontanément. Pour y parvenir, la prévision voire la programmation sont parfois nécessaires. Mais assouvir ses fantasmes est-il vraiment une bonne chose ? Les garder secrètement dans un coin de son cerveau ou les réaliser : that is the question !

Le fantasme est généralement sexuel, il s'agit d'une situation imaginaire où l'on évolue dans le monde de la sexualité ou du moins de l'érotisme.

Le fantasme, toujours sexuel ?

Parmi les plus courants, on peut citer l'amour dans des lieux insolites, où apparaît souvent une part de risque, élément qui participe à l'excitation. Le fantasme va aussi fréquemment vers une sexualité différente : s'imaginer faire l'amour à trois, se retrouver dans une boîte échangiste, avoir des relations masquées ou attachées, ou encore le grand classique du fantasme du viol par un homme séduisant...

 

Mais plus globalement, le fantasme en psychologie peut aussi concerner une vision toujours imaginaire, mais qui se situe dans d'autres domaines que le sexe.

 



PDG du groupe où l'on travaille, en vacances dans les îles avec Brad Pitt ou George Clooney en fonction des goûts, se voir remporter des médailles, imaginer ce si bel homme que vous avez remarqué venir mettre son corps et sa fortune à vos pieds, ou plus prosaïquement, se voir remporter le Loto ou l'Euromillions ! Timides ou pas, ces idées surviennent dans des moments de détente, où l'on se trouve entre sommeil et réveil.

Les fantasmes, une normalité ?
Les fantasmes ont longtemps été considérés comme honteux par la plupart des femmes, tout comme la sexualité. La tradition judéo-chrétienne ne laisse que peu de place au plaisir, l'objectif du couple étant officiellement la procréation et non pas la jouissance. Une façon de voir totalement dépassée aujourd'hui, heureusement. La psychologie et la psychanalyse ont joué un rôle décisif dans la libération de la sexualité, considérée dorénavant comme un élément à part entière de la personnalité. Et si les comportements déviants existent, fantasmer n'en fait pas partie.

Cependant, le balancier a parfois tendance à aller trop loin dans l'autre sens, et les fantasmes sont devenus non seulement acceptables, acceptés, mais une certaine pression s'est installée pour que les femmes les assouvissent véritablement. Un peu comme l'orgasme qui devrait être systématiquement ressenti à chaque rapport, le destin du fantasme est selon certains d'être forcément réalisé. Une vision contestable. A chacun son fantasme et sa vie.

Le fantasme est intimement lié à l'imaginaire, et fait naviguer sur des vagues de désir, conscients ou pas. En matière sexuelle, ces images provoquent une véritable excitation physique, ou simplement psychique, lorsque d'autres domaines sont concernés. Or, il est bien évident que concrétiser son fantasme de faire l'amour dans un avion n'est pas du même ressort que d'imaginer un viol... Il peut s'agir de s'imaginer Inutile d'avoir fait une psychanalyse pour le comprendre.

Bons et mauvais fantasmes

Il serait également erroné de penser qu'il y a de bons et de mauvais fantasmes. Dans le cas du viol par exemple, ou de pratiques sexuelles considérées comme déviantes (sado-maso notamment), certaines femmes se posent des questions sur la normalité de leurs pensées et ressentent une certaine honte ou tout simplement un vrai malaise.

Si rêver de tomber dans les bras de sa star préférée fait plutôt sourire, dès que les fantasmes vont dans une direction plus violente, l'inquiétude se fait jour. D'autant que cela ne fait a priori pas partie de son désir conscient. Se retrouver dans un état d'excitation après s'être imaginée violée peut pour le moins surprendre. Mais en réalité, le fantasme ne doit absolument pas être pris au pied de la lettre. Comme le rêve, il est sujet à interprétation. Pas de panique, vous n'êtes pas une détraquée sexuelle sous le prétexte que vos fantasmes sont pour le moins différents de votre personnalité consciente. Dans un autre genre, le fait de rêver que l'on tue quelqu'un ne signifie nullement que l'on soit un assassin.

Il n'y a donc pas de mauvais fantasmes en tant que tel, d'autant qu'ils changent et se transforment au fil du temps. Il est bien évident que si l'on en vient à être obsédé par l'un d'entre eux en particulier, et qu'un malaise se fait jour y compris lorsque l'on est bel et bien éveillé, il est alors possible d'aller creuser plus loin et de consulter. Des cas qui restent très rares.

Partager ses fantasmes érotiques

Parler de ses fantasmes n'a rien d'évident. Et à vrai dire, il convient de ne le faire que si l'on en a envie. La grande majorité des femmes avoue garder leur fantasme pour elles. Il arrive cependant qu'elles les partagent avec une amie intime au détour d'une conversation où elles cherchent parfois à se rassurer, en vérifiant si elles sont seules à avoir ce type d'idée.

Partager son fantasme avec son partenaire est d'un autre ressort : il s'agit alors d'une tentative de le réaliser. En le partageant, on exprime son désir de le partager avec l'être aimé, et si possible de le mettre en pratique. Pour cela, il convient d'être convaincue que l'autre peut être sensible à cette idée et l'envisager positivement. Ceci est la raison principale pour laquelle les femmes gardent parfois leurs fantasmes secrets : l'ignorance ou la peur de voir leur fantasme rejeté. Parfois aussi la peur de décevoir en se dévoilant sous un autre jour, sans oublier la pudeur souvent bien présente.

Pour d'autres, il peut s'agir d'une vraie partie de plaisir, où excitation et aventure se mêlent intimement. Enfin, pour certaines jeunes femmes moins expérimentées, le fantasme peut effrayer. Le fait de s'imaginer dans les bras d'un autre homme alors qu'elles sont en couple leur fait croire qu'elles sont infidèles comme si cela était véritablement arrivé. Or, il n'en est rien.

Le fantasme se rapproche du rêve éveillé et il est éminemment personnel. Il a fréquemment le goût de l'interdit, est souvent aux limites ou contraire à la morale habituelle. S'il existe, c'est pourtant qu'il exerce un rôle bénéfique. Il sert en effet à booster le désir et vivre des pulsions dans un monde imaginaire sans avoir nullement l'idée de véritablement passer à l'acte, car cela peut aller à l'encontre de tabous moraux, voire légaux. Les êtres humains apprennent en effet à réfréner leurs pulsions dès leur plus jeune âge.

Chez la femme, cette notion d'interdit est assez courante, chez l'homme les fantasmes sont plus clairement liés aux scènes sexuelles. Rêver de tromper son mari ne signifie pas qu'il soit nécessaire de passer à l'acte pour se sentir mieux.

Si l'on veut pourtant assouvir son fantasme, certaines conditions doivent être remplies : Cela signifie dans un premier temps qu'il est réalisable et que l'on peut donc le partager. Il ne s'agit donc pas d'un fantasme interdit par la loi ou nuisible pour l'autre.

Le partenaire doit être ouvert à ce qui est suggéré. Dire à son compagnon que l'on rêve de triolisme peut en effet lui plaire, le choquer, l'interpeller, le gêner ou le faire fuir à jamais. La bonne connaissance de l'autre est donc indispensable.

Il faut se préparer à accepter de réaliser le fantasme de l'autre. « Tu veux coucher avec deux hommes, j'aimerais également coucher avec deux femmes. » Le donnant-donnant est assez fréquent dans ce type de situation. Le partage du fantasme doit se faire dans un climat amoureux où le dialogue n'est pas un vain mot. Il ne s'agit nullement de vouloir imposer sa vision, mais d'être totalement en phase. Sinon, le rejet ou la déception risquent d'être au rendez-vous. Etre convaincue que le passage à l'acte sera positif, car parfois l'imaginaire peut suffire à remplir son rôle.

Connaître ses propres limites
Rien n'oblige à assouvir son fantasme, chacun est libre de faire comme il l'entend. Les femmes ont déjà dû subir des pressions sur le sujet de l'orgasme, qui en a inquiété plus d'une sous prétexte que celui-ci était forcément le Nirvana à atteindre. Aujourd'hui, la tendance est aussi à pousser à la concrétisation de ses fantasmes, mais il n'y a pas à se plier aux diktats de la mode en matière de psychologie !

Au secours, je n'ai aucun fantasme !

Erreur ! Tout le monde a des fantasmes, mais ils ne correspondent pas toujours à l'idée que l'on s'en fait. Le fantasme ne sort pas systématiquement d'un film X. Chacun a un idéal sexuel différent, une sensibilité à l'amour charnel unique et l'on peut fantasmer sur d'autres univers que celui de la sexualité. Il est en effet totalement normal de fantasmer. Les psychiatres pensent même que l'absence totale de fantasmes est au contraire plus inquiétante.

Un seul principe à suivre : assouvir ses fantasmes reste un choix personnel et une histoire de couple. Il est fortement déconseillé de se lancer dans l'aventure parce que cela est à la mode. Les psychologues ont même noté un certain malaise chez les hommes plus jeunes qui ont du mal à vivre le fait que les jeunes filles s'expriment de façon assez crue, avec un vocabulaire assez proche de la pornographie. Cette volonté de se rapprocher du modèle masculin a parfois l'effet inverse. Qu'on se le dise !

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