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Existe-t-il des valeurs universelles ?

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Sans doute ne réfléchissons-nous pas très souvent au système de valeurs qui nous soutient. A titre individuel, mais aussi plus globalement. Des valeurs communes à l'humanité toute entière existeraient cependant, même si ce point de vue semble quelque peu optimiste au vu de certains événements. Les différences culturelles et religieuses seraient-elles assez fortes pour remettre en question cette solidarité de base ?

Il ne s'agit ici nullement de valeur financière ou boursière comme le présuppose souvent notre monde si concret. Même s'il faut reconnaître que ce type de valeurs est en train de devenir effectivement universelles ! Les valeurs qui nous intéressent ici sont celles qui se sont développées pour ce qui concerne notre Europe depuis la Grèce antique et même audelà.

 



Il s'agit donc d'un héritage forgé au fil du temps et des siècles, qui permet à chacun d'adhérer volontairement à un groupe, une collectivité, une nation, et de se sentir membre d'une société. Ceci est évidemment fortement lié au sentiment de solidarité, et permet de se sentir en harmonie avec les autres, voire protégé par une société dont on fait partie.

Qu'est-ce qu'une valeur ? Il semble important d'apporter d'abord une définition au terme de « valeur ». Une valeur serait à la fois un repère et une conviction. Un repère qui permet de s'orienter dans une direction plutôt qu'une autre lorsqu'un choix crucial se présente tant au niveau collectif qu'individuel. Son socle est la conviction qui s'est formée au fil du temps assurant du bien-fondé de cette façon de penser.

Le système de valeurs qui s'est bâti grâce aux philosophes et penseurs en Occident s'applique aux sociétés, aux politiques, mais aussi aux individus. Les valeurs constituent une fondation essentielle de notre personnalité et jouent un rôle prépondérant dans la construction de la confiance en soi.

Chez les sociologues, les définitions de ce mot sont bien entendu différentes selon les auteurs : entre « croyance durable », « préférence collective », « adhésion des individus à des objectifs », chacun a souhaité mettre en avant sa façon de voir les choses. Difficile de ce fait de parvenir à définir une valeur acceptable au niveau mondial. D'autant que certains insistent sur la dimension individuelle de cette notion.

Une valeur n'a rien à voir avec un besoin. Pas de pyramide de Maslow à l'horizon, il ne s'agit pas ici de satisfaire les besoins quel que soit le stade d'évolution, même si l'on retrouve bien des similitudes au niveau du raisonnement.

Un acquis à la naissance ? Les valeurs sont un acquis. En naissant l'enfant est entouré par une famille qui va lui inculquer ses propres valeurs permettant ainsi une transmission, via l'éducation en matière de religion, de classe sociale, de culture. Pour autant, certaines valeurs sont quasiment spontanées, car elles sont profondément enracinées dans notre moi, absolument indispensables à l'épanouissement. En effet, lorsque ces valeurs sont respectées, l'individu ressent une sensation de bien-être, l'impression que l'équilibre de sa personnalité n'est pas mis en danger. Parfois cette sensation peut passer quasiment inaperçue, car ressentie comme normale. Sauf que si la situation se renverse, l'inconfort et le malaise ressurgissent presque instantanément.

Lorsque les valeurs sont respectées, la personne en tant que telle se sent en sécurité. Cela est valable au niveau strictement individuel, mais aussi au niveau de la société. L'homme se sent protégé dans une société qui respecte de grandes valeurs communes et mal à l'aise, voire révolté ou apeuré si elle change d'orientation.

Valeurs et société Les valeurs collectives fondamentales concernent une société dans sa globalité. Cette société s'étend généralement à une nation, on peut ainsi parler de nation française, mais cela va au-delà jusqu'au sentiment d'appartenance à l'Europe, même à l'Occident grâce à une histoire commune notamment. Mais cela va-t-il jusqu'à l'universalité ? Nombreux sont ceux qui se sont intéressés à la question à divers niveaux. L'un des Français les plus connus en ce domaine est bien entendu Tocqueville qui s'est penché sur l'étude des valeurs du système démocratique, qui est bien entendu l'un des centres d'intérêt majeur des sciences sociales et politiques, mais elle a également des répercussions dans d'autres domaines, telles que la psychologie. Les historiens et spécialistes des sciences humaines ont bien entendu exploré les éléments fondateurs des cultures dans toute leur diversité, tant au coeur des villes qu'au fin fond de la jungle.

L'un des sujets d'étude privilégiés a été de découvrir ces valeurs qui ont permis de mettre en place les lois et règles régissant les différents types de société. Les valeurs de la société sont intimement liées à la culture de cette dernière. Elles évoluent donc dans le temps, la question étant de savoir si toutes tendent vers le même modèle. A ce jour, il est important de se dire que le système de valeurs des démocraties, celui qui nous concerne en France, est encore très minoritaire au niveau de la population mondiale. Et si d'autres populations aspirent à ce type de modèle, les raisons économiques n'y sont pas étrangères.

En France, la population adhère globalement aux notions de « liberté, égalité, fraternité » au moins d'un point de vue intellectuel, ainsi qu'à la possibilité de choisir ses élus. Lavaleur religieuse s'est en revanche délitée : si la France était la fille aînée de l'Eglise au Moyen-Age, on peut dire que les valeurs catholiques sont aujourd'hui plutôt un socle, une fondation pour des fonctionnements qui sont devenues de plus en plus laïques.

Valeurs et individus Les valeurs sont sociétales mais aussi personnelles. Dans ce cas, elles peuvent contribuer à assurer l'appartenance à un groupe ou au contraire à l'en séparer. Généralement, elles permettent d'expliquer un comportement ainsi que les choix faits par l'individu, d'où l'importance de les connaître et de comprendre comment elles se sont structurées lorsque l'on cherche à entreprendre un travail psychologique.

De plus, les valeurs d'un individu sont susceptibles de changer et d'évoluer au cours de son existence, elles ne sont donc pas immuables, même si leur socle reste normalement cohérent tout au long d'une vie.

« Bonnes » et « mauvaises » valeurs Dans un pur raisonnement intellectuel, il n'y a pas de bonne ou mauvaise valeur. Les uns adhèreront à une valeur tandis que les autres la rejetteront. L'adhésion à une valeur engendre en effet le rejet d'une autre, considérée comme incompatible. Les valeurs sont portées par les individus, les groupes sociaux de toute nature, et se transmettent au sein de la société génération après génération, ce qui n'empêche pas leur remise en cause et leur évolution, mais sur des périodes de temps très longues : il peut s'agir de dizaines d'années, voire de siècles. Cesystème permet donc une certaine stabilité sociale.

Les évolutions et changements se font la plupart du temps de façon douce, mais il peut arriver qu'elles engendrent une révolution au sens propre. Elles peuvent aussi être intégrées suite à un phénomène de mélange de cultures. Par exemple la monogamie ou l'égalité entre les hommes et les races qui n'ont pas été évidentes dès la découverte d'autres populations...

Les valeurs entraînent la mise en place de normes qui à leur tour vont avoir pour conséquence la mise en place de comportements respectueux de ces normes. L'important est que ces valeurs soient partagées au sein d'un même ensemble social qui admet qu'elles sont bonnes pour le groupe et favorisent son bien-être. Ce groupe cependant n'est pas universel, car des différences importantes existent.

Universalité et valeurs En fonction des zones du monde, les valeurs changent effectivement. De nombreuses recherches ont été effectuées sur le sujet qui ont permis de définir diverses catégories : Les valeurs traditionnelles : on y retrouve les notions de famille, de clan, de tribu, mais aussi de religion ; Les valeurs modernes : consécutives à des raisonnements philosophiques, sociologiques, politiques, telles la démocratie par exemple, la volonté de pouvoir faire un choix à tous niveaux, y compris celui de l'éducation ; Les valeurs de bien-être : la qualité de vie devient alors une priorité, le souci de l'environnement, la tolérance à la diversité... Certains chercheurs ont également créé la catégorie des valeurs de survie, qui s'apparentent cependant plus à des besoins au sens strict duterme qu'à des valeurs (par exemple se nourrir suffisamment pour survivre). Si l'on accepte le résultat de ces études, force est de reconnaître que de grandes zones aux valeurs communes émergent de la carte du monde. Elles sont basées sur le croisement de plusieurs éléments dont les plus importants sont les religions et les systèmes politiques.

Des éléments de réflexion Voici plusieurs éléments de réflexion : Ronald Inglehart, politologue américain, a mis en avant le fait que 70% des valeurs peuvent être classées selon deux axes : l'axe qui tend vers l'épanouissement personnel et l'individualisme, et celui qui tend vers des valeurs rationnelles, de plus en plus indépendantes des religions.

Contrairement à ce qui peut être présupposé, globalement les sociétés traditionnelles pèsent de plus en plus lourd au niveau mondial, de la population concernée par les valeurs modernes étant plutôt en régression. Sans doute faudrait-il avoir une vision nettement plus longue pour pouvoir tirer de vraies conclusions et raisonner sur plusieurs centaines d'années.

Pour de nombreux philosophes européens, les valeurs sont totalement conditionnées par l'économie. Les hommes développeraient donc de nouvelles valeurs en fonction de leur niveau de vie en tant que société. Selon eux, c'est l'économie qui prime sur tout. Une fois un certain niveau atteint, l'homme serait donc poussé de façon systématique dans une même direction qui va vers plus d'individualisme, d'autonomie et d'indépendance.

D'autres partent du point de vue que c'est l'aspect culturel, y compris religieux, qui prend le pas sur tout le reste et engage sa propre évolution.

Il est évident que le fait d'avoir une vie permettant de vivre et non pas de survivre est la condition sine qua non à partir de laquelle peuvent se développer de nouvelles notions telles que celles qui sont apparues dans les démocraties occidentales. Pour autant, les notions d'appartenance à un clan, de protection des enfants, de solidarité sont quasiment universelles, dans les peuplades les plus reculées comme dans les civilisations les plus modernes.

En matière de valeurs religieuses, quelles qu'elles soient, elles sont toujours très fortes dans les sociétés primitives, en particulier agricoles et rurales. Plus le monde devient technique, plus l'homme a l'impression de maîtriser son activité et de devenir créateur de technologie, plus la laïcité progresse.

Force est donc de constater que les valeurs universelles qui persistent sont les plus basiques, liées à la naissance de l'humanité et qu'aujourd'hui, il existe plusieurs systèmes de valeurs fort différents qui coexistent au niveau mondial. Ce sont les priorités qui changent d'une zone à l'autre.

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