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Mon fils est homosexuel

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La découverte de l'enfant à naître est un vrai bonheur. Tant de projections se font sur ce petit être en devenir à qui l'on souhaite le meilleur avenir. Or, l'homosexualité ne fait pas partie des caractéristiques que l'on anticipe chez son fils. Petite enquête au coeur de la découverte d'une autre sexualité chez son enfant.

Lorsque l'on nous annonce que nous sommes enceintes, la projection commence de façon naturelle.

 



Une interrogation sur le sexe de l'enfant en premier lieu, garçon ou fille. Il est d'ailleurs intéressant qu'aujourd'hui encore 45% des couples souhaitent préserver la surprise en dépit des moyens à leur disposition, justement pour pouvoir continuer à rêver et imaginer sans se limiter sur un sexe en particulier.

Vient ensuite l'image que l'on se forme : à partir de son propre physique, de celui du père, parfois des grands-parents. Cela ne va pas bien loin, nous imaginons la couleur des yeux, des cheveux, parfois la taille. Il suffit d'une remarque lors de l'échographie pour que notre imagination s'emballe.

Une fois né, la réalité prend le dessus en ce qui concerne le physique, et la projection continue sur l'aspect psychologique et intellectuel. Cet enfant sera forcément gentil et intelligent. Le temps s'écoule, permettant aux parents d'ajuster constamment leur image rêvée à celle de la réalité. Ils peuvent ainsi intégrer en douceur le fait que ce petit garçon est bel et bien un être à part, avec ses propres caractéristiques, et qui aura sa vie propre. Le fait est que jamais (ou quasiment jamais, à moins d'être soi-même homosexuel) une projection ne se fait sur l'homosexualité. Les parents sont d'ailleurs parfois les derniers à constater les penchants de leur fils, en partie parce que celui-ci ne met pas en avant sa sexualité dans le cercle familial, mais aussi parce qu'inconsciemment les parents ne peuvent intégrer cette donnée qui n'a jamais fait partie de leur schéma de pensée.

Il y a une grande différence entre le fait que la mère découvre l'homosexualité de son fils de façon inopinée, et le fait qu'il s'agisse d'un « coming-out » de la part de son enfant.

Dans le premier cas, il s'agit d'une difficulté supplémentaire. Il faut trouver le moyen d'aborder le sujet avec son fils et ne pas céder à la tentation de ne rien dire, à condition évidemment d'être certaine de ce que l'on a vu, surpris ou compris. La forme a beaucoup d'importance, car l'homosexualité est pour le fils souvent tabou, du moins lorsqu'il pense à ses parents.

 

Engager la conversation de façon subtile, douce pour que la gêne ne s'installe pas de façon durable est délicat. Si l'on sent que le fils ne peut parler, il ne faut pas hésiter à mettre fin à l'entretien pour lui laisser le temps de digérer l'information et faire le point. Quitte à ce que ce soit lui qui reprenne la maîtrise de la révélation.

Dans le second cas, le choc est du côté des parents et attention aux premiers mots qui seront prononcés par le père et la mère. Car leur fils a préparé cela de longue date et il s'agit pour lui d'un rendez-vous capital.

La dernière possibilité est la plus mauvaise : une révélation qui vient à l'emporte-pièce, à l'occasion d'une dispute par exemple. Dans ce cas, tout le monde est énervé et il n'est pas rare que cela tourne au règlement de comptes. Il va falloir ensuite réparer, avant de pouvoir aborder la question sous un angle plus normalisé, bien que tout aussi affectif.

Nous avons toutes été élevées avec une certaine image de l'homosexualité. Les années passant, nous avons également développé une opinion personnelle sur la question. Les femmes sont souvent plus indulgentes que les hommes avec les homosexuels, et il n'est pas rare que nombre d'entre elles en fréquentent à titre amical ou aient vécu une expérience personnelle. D'autres ne se sentent absolument pas concernées, du fait que personne dans leur entourage n'est gay, pour utiliser le terme à la mode. Si elles en rencontrent régulièrement dans la rue ou dans une soirée, elles ne fréquentent cependant que des couples hétérosexuels ; le thème de l'homosexualité reste donc totalement théorique.

La plupart ne se posent pas la question d'approuver ou non, elles respectent le choix de ces hommes et femmes qu'elles ne connaissent pas au départ et qui n'ont de ce fait pas de relations étroites avec elles. Même lorsqu'il s'agit d'un cousin que l'on connaît depuis toujours, la façon d'envisager la sexualité de l'autre est bien entendu différente lorsque c'est son propre fils qui est concerné. En fonction du profil de la mère, la réaction à l'annonce de l'homosexualité du fils sera plus ou moins forte, mais quel que soit son opinion de départ, dès qu'il s'agit de son propre enfant, le point de vue change forcément.

La première réaction des mères est de se remettre en question. En effet, l'homosexualité reste encore assez mystérieuse. Certains sont convaincus que cela est déterminé dès la naissance, d'autres sont persuadés qu'il s'agit d'une sexualité choisie. Difficile de se faire une véritable opinion, les sciences n'ayant nullement donné de réponse et chaque individu a son histoire et ses particularités. Il est possible de constater que chez les homosexuels, certains développent une féminité assez marquée, d'autres absolument pas, sans oublier ceux qui s'intéressent tant aux hommes qu'aux femmes.

Dans le cas de son propre enfant, cela est identique. Certains enfants ne montreront aucune prédisposition tandis que d'autres auront des attitudes plus équivoques, et ce dès l'enfance. C'est d'ailleurs plutôt l'entourage qui le remarque et non pas la mère. Et c'est tant mieux, car cela ne présage pas toujours d'une homosexualité à venir. Il n'empêche que la mère se pose toujours la question de savoir si elle est « pour quelque chose » dans l'apparition de cette sexualité. D'autant que la vulgarisation d'une psychologie pas toujours fondée a fourni des arguments à cette mise en accusation.

 



Le père n'est jamais mis en cause, ce serait plutôt une relation trop fusionnelle avec son fils qui serait à la racine de tout... On a aussi entendu dire que les familles monoparentales dirigées par une femme seraient plus concernées que d'autres... Mieux vaut jeter aux orties toute cette psychologie de comptoir ! Chaque famille a ses caractéristiques, personne n'est d'accord sur l'origine de l'homosexualité, rien n'est prouvé. Mettre en avant la responsabilité de la mère est une échappatoire facile.

Complexe d'OEdipe ou pas, évocation de l'inceste, la mère ne pourra s'empêcher d'évoquer certaines images. Car si les enfants sont souvent choqués lorsqu'ils découvrent l'aspect concret de l'amour de leurs parents, il en est de même pour une mère qui découvre l'homosexualité de son fils. Ces images brutes de deux hommes faisant l'amour dont l'un est le petit garçon que l'on a élevé sont instinctivement bloquées, mais ont une influence évidente sur le malaise ressenti par les parents.

D'ailleurs, il faut noter que si l'homosexuel est accepté en tant que tel, le malaise persiste et augmente si la mère voit son fils embrasser ou être embrassé, câliné par son partenaire. Ces gestes ne sont pas les bienvenus, et généralement les fils sont suffisamment délicats pour préserver leur intimité, de façon plus évidente que dans le cas de l'hétérosexualité.

Mais pourquoi tant de culpabilité au niveau de la mère? Après tout, la sexualité est une question totalement personnelle, sur laquelle il n'y a pas à chercher à avoir de prise. D'autant que la tolérance est souvent l'attitude choisie par la mère après la découverte. Si les femmes se sentent si mal lorsque leur enfant leur révèle qu'il est homosexuel ou qu'elles le découvrent de façon inopinée, c'est souvent parce qu'elles craignent pour lui. Rien de nouveau à vrai dire, toutes les mères craignent pour leurs enfants. Dans le cas de l'homosexualité, deux éléments viennent ajouter un facteur de risque.

La population homosexuelle est plus touchée que la population hétérosexuelle par cette maladie grave. A vrai dire il n'y a pas plus de risque si toutes les précautions en termes de préservatif sont prises, mais les chiffres sont là, qui précisent que le nombre de personnes touchées par le sida parfois sans le savoir est proportionnellement important, en particulier étant donné le nombre de partenaires sexuels statistiquement plus élevé.

Les parents éduquent leur enfant sur la protection sexuelle, le lycée aussi, les campagnes gouvernementales également. L'information est donc là, que l'on soit homosexuel ou pas, peu importe. Si l'on raisonne donc un peu, cette peur de la maladie n'est pas soudainement devenue pire suite à la révélation de l'homosexualité filiale. A vrai dire, c'est même la population homosexuelle qui est la mieux informée et la plus mobilisée.

Les femmes sont bien placées pour savoir que la vie n'est pas toujours tendre pour elles, notamment dans le monde professionnel. Lorsque leur fils déclare son homosexualité, c'est surtout la peur de le voir malheureux qui prédomine. Pour diverses raisons : La principale est que l'homosexualité a beau être officiellement acceptée dans notre société, elle n'est pas intégrée dans les moeurs de tous. Il y a donc une invisible barrière qui se forme dans la société et qui sans rejeter les homosexuels (il faut bien être politiquement correct) tend à les écarter. Il ne faut pas oublier que l'homosexualité a longtemps été considérée comme une perversion, et qu'elle l'est encore dans certains pays.

 

C'est l'une des raisons pour lesquelles on retrouve à présent dans les grandes villes des quartiers « gay friendly », avec des boîtes, des restaurants et des logements où il y a une proportion relativement élevée d'homosexuels. Il existe donc une crainte bien réelle de voir son enfant subir des difficultés dans sa vie, personnelle et professionnelle, plus grandes que s'il était hétérosexuel. Peut-être pas, mais lorsqu'ils sont jeunes, nombreux sont ceux qui se sentent très mal dans leur peau et doivent attendre des années avant de pouvoir assumer sans complexes leur sexualité.

Une autre raison est la crainte que leur enfant ne soit malheureux du fait qu'il est probable qu'il n'aura pas d'enfant. Peut-être n'en souhaitera-t-il pas à vrai dire. Mais dans le cas contraire, il est clair qu'un homosexuel aura beaucoup plus de difficultés à parvenir à être père que s'il aime les femmes. Chez certaines, c'est peut-être aussi le regret de ne pouvoir être grand-mère qui s'exprime également.

Enfin, la révélation de l'homosexualité de leur fils est souvent synonyme de difficultés dans le cercle familial, en particulier avec le père. Cela dépend grandement de celuici bien entendu, mais le fait est qu'aujourd'hui les relations père / fils deviennent plus délicates à gérer, parfois dans un premier temps seulement, mais souvent sur le long terme, donnant lieu à des disputes difficiles à vivre. Une certaine agressivité se fait parfois jour ; la mère se trouvant parfois coincée entre son conjoint et son fils.

A la question des mères : « Que faire? » A vrai dire, la réponse est simple : rester sa mère. Ni meilleure, ni pire que précédemment. Même si le réflexe maternel est celui d'une protection exacerbée vis-à-vis de ce fils qui se trouve dans une situation qui n'est pas facile à assumer. L'important n'est-il pas que l'enfant continue à parler à sa mère en toute confiance, sans peur de jugement? Or, ce qui était valable lorsqu'il avait six ou quatorze ans reste toujours d'actualité. Il est vrai que la position est délicate et dépend de l'âge de l'enfant.

Plus il est jeune, plus il convient de l'aider à l'assumer tout en le laissant libre de changer d'avis, car certains jeunes hommes ne sont pas certains de leur sexualité et ont des expériences diverses. Dans ce cas, il faut attendre, peut-être le conseiller d'aller voir un psychologue s'il se pose trop de questions qui restent sans réponse et qu'il est dans le doute. Certains ont des choses à régler avant de s'installer définitivement dans l'homosexualité.

La mère aussi est sujette au doute, et se pose de nombreuses questions à la fois sur l'homosexualité en général, sur celle de son fils, sur la façon d'être la plus utile. Des associations existent, des forums également qui permettent aux familles de dialoguer, de s'entraider et surtout de partager leurs expériences. « Contact » est l'une de ces associations qui permettent de relativiser la situation. Savoir que l'on n'est pas seule peut aider à adopter les meilleures attitudes possibles. Il est également possible de consulter des brochures sur le sujet réalisées à partir de témoignages de parents et d'enfants.

Retenez surtout que seul l'amour compte. « Coming-out » ou pas, votre enfant a besoin de votre amour, de votre confiance, de votre respect et cela... ad vitam aeternam.

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