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Comment reconnaître une bonne huile d'olive ?

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Mélanges douteux, appellations fantaisistes... Il existe beaucoup d'arnaques dans le commerce de l'huile d'olive et sa réglementation connaît encore quelques failles. Quelle fiabilité ? Quelle traçabilité ? Comment s'y retrouver ? Conseils et astuces pour ne pas se laisser abuser.

L'huile d'olive est devenue l'objet d'un véritable culte en raison de ses qualités gustatives, culinaires, et de ses vertus médicinales reconnues et démontrées. Un engouement et une manne financière qui n'ont pas échappé à certains producteurs peu scrupuleux. D'après la répression des fraudes « le contenu d'une bouteille sur quatre n'est pas conforme à son étiquette ». Lamention d'une région à grande notoriété ou un environnement

 



de vente tels que lesmarchés, les foires régionales ne sont malheureusement pas des gages de qualité, ni d'authenticité. « Les arnaques se trouvent souvent sur les marchés locaux, où la tentation est grande de vendre de l'huile d'olive étrangère » alerte la répression des fraudes. « L'huile d'olive est le produit alimentaire dont il faut le plus se méfier ». Jusqu'en 2001, l'étiquette ne prenait pasencompte l'origine des olives mais seulement du moulin où elles étaient pressées. Ainsi, un moulin pouvait acheter des olives à un faible coût dans les pays du Maghreb ou en Espagne et coller une belle étiquette indiquant lenom du domaineoùelle était assemblée. Autrement dit, le consommateur pensait acheter une huile de terroir d'une région bien déterminée, alors qu' en réalité il achetait une huile d'olive qui venait d'un mélange d'olives de différentes provenances. Cela rendait bien service aux grandes marques vendues en supermarché, étant donné qu'il n'était pas obligatoire d'indiquer sur la bouteillequel'huile était issue d'un mélange d'olives de plusieurs pays.

Aujourd'hui la réglementation s'est renforcée, mais il n'est pas rare encore de se laisser tromper par les étiquettes. Certaines huiles soit disant « première pression à froid » sont de véritables arnaques pour le consommateur non averti. Il existe en Europe et en Afrique du Nord, des « usines à huile d'olive » qui fabriquent leurs produits avec des résidus de presse de l'huile d'olive vierge. Pour cela ils utilisent de l'acide pour séparer le reste d'huile des autres composants. Dansle meilleur des cas, elles contiennent un mélange d'huile d'olive et des huiles à basede grainesbeau coup moinschères, telles que l'huile de maïs, de coton, de palme, d'arachide ou de soja. Mais, certains fabricants encore moins scrupuleux n'hésitent pas à utiliser aussi de l'huile de colza et de lin dans le but de falsifier l'huile d'olive. Pour donner un exemple, 85%d'huile d'olive raffinée bonmarché (extraite à partir de résidus d'olive chauffés à l'aide de produits chimiques) mélangée à 15 % d'huile d'olive extra vierge plus chère (extraite à froid grâce à des moyens mécaniques à partirde la pulpe d'olives fraîches) est souvent vendue sur certains marchés comme étant de « l'huile d'olive 100%extra vierge en première pression à froid.» Ce type de fraude peut avoir des conséquences considérables pour le palais mais également sur la santé du consommateur. Pour éviter ce genre de dérive, depuis 10 ans, la législation européenne impose l'indication de l'origine des olives sur les étiquettes et non plus le lieu de fabrication. Mais cette mention fortement conseillée n'est pas toujours respectée comme il se devrait.

Ces arnaques à l'huile d'olive vierge extra pénalisent les petits producteurs .En effet, les prix peuvent varier du simple ou double. La traçabilité, source de confiance et d'authenticité a un coût. Les consommateurs ont souvent du mal à comprendre pourquoi il existe des réelles différences deprix entre deshuiles d'olive vierge extra provenant d'unemêmerégion. Ils ignorent simplement qu'ils peuvent, sans le savoir, acheter des huiles d'importation ou des huiles d'olives mélangées de différents pays.

Comments'y retrouver, et éviterde se faire abuser par des fabricants peu scrupuleux ? Il faut avant tout adopter le principe de précaution. Si l'étiquette ne mentionne aucune précision, il s'agit d'olives provenant de différents pays. Certaines mentions très discrètescomme par exemple « produit CEE » peuvent être trompeuses pour le consommateur. La meilleure garantie, gage de qualité, d'authenticité et de fiabilité pour l'acheteur réside dans les appellation d'origine : AOP, DOP, DO, AOC, DOC). Bien sûr il existe aussi de nombreux producteurs de petite taille quinesont pas reconnus par ce type de labels mais qui produisent des huiles d'excellente qualité. Il faut dans ce cas bien vérifier l'origine par une dénomination de provenance, de paysoude région. Mais n'en déplaise aux consommateurs la première garantie de qualité : c'est le prix.

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