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Comment reconnaitre un menteur ?

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Menteur, charlatan, fabulateur, imposteur, mystificateur, mythomane, pervers, dissimulateur, paranoïaque, escroc... la langue française ne manque pas de mots pour qualifier l'homme qui utilise le mensonge pour parvenir à ses fins. Dans notre vie quotidienne, au travail, dans nos relations sociales, en famille ou au sein de notre couple, nous ne manquons pas d'occasions d'être confrontées à des menteurs. Comment les reconnaître, les détecter et déjouer leurs pièges ?

Il existe toutes sortes de menteurs. « Il y a, dit François de Croisset, autant de vérités de menteurs que d'espèces de papillons. Il y a l'homme qui ment parce qu'il est bien élevé : celui-là, c'est l'homme du monde. Il y a l'homme qui ment pour amuser les autres : celui-là, c'est un poète. Il y a l'homme qui ment par devoir : celui-là, c'est un saint. Il y a l'homme qui ment par intérêt, par égoïsme ou par lâcheté : celuilà, c'est un mufle. Il y a l'homme qui ment pour le plaisir de mentir : celui-là, c'est un menteur. Enfin il y a l'homme qui ment aux femmes : celui-là ne ment pas... il se rembourse ! ».

Il importe surtout dans un premier temps de détecter si l'on est face à un menteur pathologique qui peut se révéler beaucoup plus dangereux que le menteur non pathologique.

 



En effet, malheureusement, dans la vie, nous pouvons aussi être confrontées à des menteurs « malades ». Le menteur pathologique est impuissant à saisir sa propre image et à pouvoir s'y maintenir. Le menteur normal, lui, a souvent des motivations assez évidentes (peur de la punition, par exemple).

 

Une phrase d'André Malraux résume tout le tragique du monde mythomaniaque : « La mythomanie est un moyen de nier et non pas d'oublier ». La vie doit devenir un roman; la fiction et la réalité ne font qu'un. L'espace qui le sépare d'autrui, le mythomane le comble par une histoire, histoire obligeant l'auditeur à s'attacher à lui tant il est glorieux ou tant il a souffert. Autrui est présent, spectateur de cette mise en scène. Pour le mythomane, la réalité est alors la matrice du possible.

L'hystérique
Pour le menteur hystérique, la confrontation au miroir est confrontation à son insignifiance. Pour l'hystérique, son image est impropre à retenir le regard de l'autre. Il se cherche dans ce regard, essayant d'être cet objet idéal conforme à celui qu'il pressent au lieu du désir de l'autre.

 

Ce trouble de l'identification, tant narcissique que sexuel, va amener l'hystérique à afficher un personnage, à jouer un rôle, répondant ainsi à la nécessité d'éviter toute rencontre authentique avec autrui. N'ayant pas d'identité vraiment bien établie, il se sent obligé de vivre par substitution : d'où la théâtralité et une dramatisation permanente de l'existence. Être remarqué est nécessaire : excès de langage, goût vestimentaire extravagant, vie qui apparaît à l'autre comme un véritable roman.

Le psychopathe
Pour le psychopathe, ou déséquilibré mental, le comportement mythomaniaque est un moyen et non une fin en soit comme chez l'hystérique.

 

Pour lui, tout échange est régi par une loi qui n'est que violence, qui n'est que représentante de la mort. Le psychopathe est né et vit dans le monde dur du « chacun pour soi », où chaque individu est trop occupé à démêler ses propres difficultés pour s'intéresser à celles des autres. Monde de l'insécurité où la loi est celle du plus fort. Malgré son désir de rencontrer l'amour et l'amitié, chaque relation dégénère vite en affrontement.

 

Les troubles du comportement sont le résultat de ce sens vicié de l'existence, troubles où l'impulsivité est rarement absente et qui amènent fréquemment le psychopathe à avoir des démêlés avec la justice (bagarres, menaces, escroqueries, vols, réactions homicides ou alcoolisme pathologique). L'acte mensonger, s'il obéit à des motivations inconscientes, est un acte conscient, délibéré, que certains auteurs ont qualifié de perversité pathologique.

L'escroc

L'escroc est celui qui invente des histoires, se fait passer pour un personnage important. Son objectif est de duper, mais aussi d'abuser les autres. Il exploite sa victime et en est le bénéficiaire dans la réalité ; alors que le mythomane hystérique est le bénéficiaire de l'imaginaire et, en dernier lieu, la victime, car il doit ou fuir ou se faire démasquer.

Le débile mental

Le débile mental, quant à lui, ne tire avantage de ses fables ni au regard de la réalité ni au regard de l'imaginaire. Il apparaît perdant sur toute la ligne. Son discours est pauvre en quantité comme dans son contenu. La déficience mentale, c'est d'abord une situation forgée et vécue par le sujet, mais c'est aussi un trouble de la connaissance. C'est une psychopathologie du manque, notamment au niveau de l'intellect, de la connaissance, du savoir et du jugement...

Les grands principes connus

Que l'on soit face à des menteurs « classiques ou « pathologiques », détecter les mensonges fait partie de la communication non-verbale. Les comportements que la tradition attribue au menteur en situation (rougeur, mains moites, regard fuyant...) ne sont pas toujours présents, ne serait-ce que parce que le menteur expérimenté les maîtrise. Comportement curieusement agité, attitudes floues ou équivoques, hésitations, etc., peuvent aussi traduire la simple émotion de se voir suspecté et non le mensonge.

En revanche, des enregistrements vidéo à haute définition laisseraient actuellement percevoir, une fois zoomés, quelques signes inconscients, bien plus discrets et typiques du seul mensonge (crispation de quelques muscles faciaux, en particulier).

 

Cette aptitude à déceler le mensonge demande donc un apprentissage en particulier dans les métiers où la véracité des propos est prépondérante comme les métiers du contrôle (douaniers, inspecteurs, policiers, etc.), de la justice, de la négociation, etc. Néanmoins, un entraînement intensif doit permettre de plus ou moins masquer une partie des signes de mensonge.

 

La philosophie populaire dit que « si les escrocs présentaient des têtes d'escrocs, ils ne pourraient pas faire ce métier ». Schopenhauer, quant à lui, a philosophé aussi sur ce thème : selon lui, comme un escroc a souvent l'air plus honnête que la moyenne, il est nécessaire de faire semblant de le croire facilement pour qu'il baisse sa garde, afin d'avoir une chance de le voir se trahir.

Le plus important, lorsqu'on cherche à détecter le mensonge, c'est de savoir reconnaître les signaux corporels caractéristiques de la tromperie. Il faut savoir que mentir n'est pas un acte anodin. En général, proférer un mensonge provoque un certain malaise, voire du remord, et s'accompagne par conséquent de signaux corporels caractéristiques plus ou moins prononcés selon l'importance du mensonge, et l'entraînement du menteur.

 

Pas besoin d'être un détecteur de mensonge pour reconnaître ceux qui « ne savent pas mentir ». S'il est facile de contrôler ses paroles, par exemple en répétant son texte à l'avance, il est plus complexe de maîtriser son langage corporel. Par conséquent, les signaux de tromperie sont à rechercher dans le langage du corps, sur le visage, dans les mouvements des mains et des pieds.

Demander des détails
Si un menteur a préparé un discours crédible en surface, il suffit parfois de gratter un peu pour découvrir des absurdités. L'idéal est donc de poser un maximum de questions et de demander tous les détails. Si l'homme en question semble réfléchir avant de donner une réponse, s'il affiche une réticence a vous raconter sa réunion, s'il tente à tout prix de changer de sujet, ou s'il s'embrouille dans des explications incohérentes et peu claires, vous feriez bien d'être sur vos gardes.

Faire répéter
Demander à un menteur de répéter une partie de son discours peut être un excellent moyen d'en débusquer les incohérences, tout spécialement pour un mensonge improvisé. Cette technique ne marche que si le discours est assez long. En revanche, si votre menteur invente au fur et à mesure des détails à son histoire pour répondre à vos demandes de précisions, il y a forcément un moment ou il va s'empêtrer.

Aller au bout de l'explication
"Certains personnes n'éprouvent pas trop de remords quand elles mentent par omission, lorsqu'elles ""oublient"" de préciser certains points, restent dans le vague et donnent peu d'information. En revanche, elles éprouvent plus de difficulté à mentir ""franchement"" en soutenant ouvertement une assertion fausse. Si vous détectez une zone d'ombre dans le discours de votre interlocuteur, tâchez de l'éclaircir en posant des questions fermées. Formulez toujours vos questions de manière à ce que les mensonges pour y répondre soient le plus gros possible. Car plus le mensonge est gros, plus facilement il est détectable."

Utiliser le bluff
Voici une technique particulièrement machiavelique pour détecter un mensonge. Il s'agit de confronter le menteur à une situation difficile, en lui faisant croire qu'il est démasqué. Ne soyez cependant pas trop péremptoire quand vous bluffez, car s'il advient que vous vous soyez trompé, et que le supposé menteur aie dit la vérité, vous seriez en mauvaise posture.

Etre patiente

Lorsqu'il profère son mensonge, un menteur s'attend souvent à devoir donner plus d'explications. Par conséquent, il reste sur ses gardes pour pouvoir déjouer les tentatives de démystification. Au lieu de tenter de démasquer le menteur tout de suite, agissez comme si vous aviez cru à son mensonge. Soulagé de ne pas avoir à se justifier plus avant, votre menteur sera moins méfiant lorsque vous reviendrez à la charge quelques minutes après.

Quoi qu'il en soit, ne soyez jamais agressive et ne montrez jamais vos soupçons. Par ailleurs, prenez bien garde à ne pas sombrer dans la paranoïa. Etre accusé de mensonge est quelque chose de très blessant lorsque l'on est sincère, et si vous passez votre temps à harceler vos connaissances ou votre compagnon en doutant de leur sincérité, vous n'allez pas arranger votre vie sociale ou amoureuse !

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