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Comment faire le plein de bonheur ?

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Faire le plein de bonheur, voici un choix qui paraît évident. Qui donc refuserait cette démarche ? Si ce n'est que nous sommes nombreux à ne pas très bien savoir où se trouve la « station-service » susceptible de nous fournir le carburant nécessaire. Le bonheur vaut bien la peine de se donner un peu de mal pour l'atteindre, non ?

Dans ce cas précis, les chasseurs sont nombreux. Mais deux philosophies s'affrontent, il y a ceux qui essaient de mettre au point une méthode leur permettant de parvenir à l'objectif qu'ils se sont fixés ; et ceux qui s'en remettent au destin pour que le bonheur finisse par s'intéresser à eux, car dans cette optique, le bonheur va de soi.

Entre les déterminés et les rêveurs, qui donc a raison ? A écouter les uns et les autres, il semblerait que le bonheur soit réellement difficile à trouver, et que nous soyons tous désespérément à sa recherche. Peutêtre parce qu'il est différent pour chacun de nous. Pourtant, la vie rêvée des hommes est assez classique : amour, foyer, enfants, et si possible aisance financière. L'aspect matériel s'il est considéré comme important n'est pas vu comme étant prioritaire pour atteindre le bonheur.

Si l'optimisme va de soi pendant les jeunes années, le bonheur prend toute son importance dès qu'un vrai souci se présente... ou même un événement lointain tel que le tsunami au Japon, qui fait prendre conscience soudainement qu'une vie heureuse peut s'arrêter du jour au lendemain sans que l'on ait en main le pouvoir de changer le cours des choses.

Lorsque l'on s'intéresse à l'étymologie du mot, on retrouve un sens qui justifie les deux approches : « L'heur » provient en effet du latin « augur » qui signifie déjà à lui seul bon présage. « Augur » provient luimême du verbe « augere » ou faire grandir. « L'heur », et a fortiori le bonheur, est donc littéralement un bon présage annonçant que la personne dont il s'agit, voire un projet, vont donc grandir. A noter que le synonyme de bonheur : « félicité » provient au départ de l'indo-européen où il signifiait « têter », et le mot dérivé latin « felix » était de ce fait au départ lié à la fécondité, et là aussi à l'idée de grandir.

L'étymologie est toujours captivante et l'on retrouve donc dans le mot bonheur à la fois la notion de chance, de présage heureux qui donne raison à ceux qui attendent que la vie leur apporte le bonheur. Mais aussi la notion de croissance, de construction qui va dans le sens de ceux qui pensent qu'il est le résultat de certains efforts et d'une volonté.

« Le bonheur, c'est de le chercher » disait Jules Renard. Une phrase qui s'apparente à la plaisanterie sur le plaisir, plus intense en montant l'escalier que pendant l'acte sexuel. L'attente et une part de frustration momentanée aiguisent donc le plaisir, chacun s'accorde à le dire. Pour ce qui est du bonheur, il en va différemment. Le plaisir est en effet directement lié au sexe, un élément à la fois fugitif et concret. Le bonheur quant à lui, s'il s'appuie aussi sur des éléments concrets, est une notion totalement abstraite et subjective. Si pour certains, le bonheur est lié au plaisir sexuel, il ne constitue par pour autant le bonheur dans sa dimension durable. Il est un facteur de cet ensemble complexe que constitue le bonheur. Le philosophe Spinoza distingue clairement le plaisir du bonheur, car celui-ci ne pourrait s'épanouir dans un univers passionnel, trop souvent synonyme au contraire de souffrance. Le plaisir est lié à la notion d'éphémère alors que l'ambition du bonheur est d'être durable.

Une évidence, une volonté ou une conséquence ? Les philosophes ne sont pas tous unanimes, mais leur débat est à l'image de la vie, proche de nous.

Une recherche positive et optimiste Certains défendent le point de vue de l'optimisme. On retrouve sans surprise dans ce camp le philosophe grec Epicure, qui défend le point de vue selon lequel l'état de bonheur est lié à la satisfaction des besoins primaires tels que la santé, mais aussi la sécurité. Il est aussi en quelque sorte la récompense d'une attitude « sage » dans la vie. Blaise Pascal, sans surprise là encore, lie la recherche du bonheur à celle de la foi. Spinoza a longuement étudié cet aspect et lié le bonheur à la raison. En cela, il se rapproche des philosophes anciens, en insistant sur le fait que l'on ne peut être véritablement heureux qu'en agissant conformément à ses valeurs, et en évitant la passion. L'aspect religieux apparaît au summum du bonheur et se transforme alors en béatitude, qui est l'amour de toute chose, non accessible à tous.

Une quête indigne Mais d'autres sont moins positifs et voient au contraire la recherche du bonheur comme une quête relativement indigne face à la réalité du monde. Kant en particulier critique cette notion. Le premier évoque notamment l'insaisissabilité du concept même de bonheur « il est un concept si indéterminé que, malgré le désir qu'a tout homme d'arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et veut... Il n'y a pas à cet égard d'impératif qui puisse commander au sens strict du mot de faire ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un idéal non de la raison mais de l'imagination. » Il se rapproche quand même des anciens en insistant sur le fait qu'une attitude conforme à ses devoirs, vertueuse permet d'atteindre, peut-être, le bonheur, qui ne sera probablement véritablement atteint qu'après la mort.

Ce qu'il en est aujourd'hui La notion de bonheur a passionné également les philosophes contemporains et la plupart s'appuient sur l'Ethique avec un grand « E », la morale, la sagesse... des notions qui attirent aujourd'hui tout un chacun, et non pas les seuls adeptes de la philosophie. La psychologie participe largement à cet élan. Les psys d'aujourd'hui ont globalement une vision plus optimiste que Freud pour qui la notion de bonheur était quasiment inaccessible. Pourtant, les visions sont toujours très différenciées. Pour certains, le bonheur est une aptitude quasi naturelle de l'homme et sa recherche est donc légitime et naturelle, pour d'autres, l'homme a gardé la nostalgie du paradis perdu et la recherche reste vaine.

Prédisposition ou construction ? Le bonheur n'est pas un état permanent. Pour la plupart d'entre nous, le bonheur est plutôt fait d'instants où nous prenons conscience de notre « heur » ou chance. Lorsque ces moments se font réguliers et fréquents, nous considérons alors être enfin « heureux ». Si les écrivains et philosophes réfléchissent et modélisent parfois les conditions du bonheur, force est de reconnaître leur pertinence sur certains points, tels que : La première des conditions est de subvenir aux besoins primaires de l'individu tels que la nourriture. La sensation de faim peut en effet envahir l'esprit à tel point que l'on ne peut avoir d'autre but que de se procurer le strict nécessaire. Viennent ensuite certaines autres conditions telles que le logement par exemple.

Une fois cette étape franchie, elle est loin de suffire. Les exemples de femmes comblées et pourtant malheureuses est assez courant. En effet, pour se sentir à sa place, l'amour que l'on ressent pour d'autres, ainsi que celui que d'autres ont pour nous est l'élément qui change tout. Le bonheur n'a pas de classe sociale et c'est tant mieux.

Chez certains, le besoin d'épanouissement en termes intellectuels se fait également ressentir et participe activement à la sensation de bonheur. Apprendre et progresser améliorent l'estime de soi et permettent ainsi d'augmenter une sorte d'autosatisfaction positive.

Ces grands principes partent de la supposition que le bonheur se construit effectivement et qu'il passe donc par un travail sur soi. Par ailleurs, on ne peut que constater que certains individus semblent avoir une propension quasi naturelle au bonheur, au du moins à une attitude positive. Pour autant, ils ont subi ou subissent les mêmes épreuves que d'autres qui ont pourtant plus de mal à s'en remettre.

Une propension au bonheur Plusieurs études ont cherché à expliquer de façon quasi scientifique cet état d'esprit.

1.Le poids des études
Une première étude menée dans les années 80 a porté sur des personnes de toute origine géographique se proclamant heureuses. Les conclusions ont mis en lumière certaines aptitudes : Une capacité d'adaptation qui envisage les changements comme des opportunités et non pas des menaces. Savoir vivre le moment présent, sans pour autant être incapable de se projeter dans l'avenir.

La connaissance de ses propres valeurs, et la tolérance vis-à-vis des autres.

La capacité à passer à l'action, qui permet à son tour de mieux se connaître, renforçant le cercle vertueux.

Ne pas être dans le contrôle et savoir lâcher-prise quand les circonstances l'imposent.

2.La génétique
Voici une hypothèse qui est très contrariante dans la mesure où elle crée une nouvelle inégalité de départ pourrait-on dire. Dieu merci, a priori, il n'existe pas un gêne spécifique, ni même plusieurs qui viendraient imposer notre attitude face à la vie dès le berceau. En fait, les chercheurs parlent depuis une dizaine d'années de « prédisposition génétique » et non pas de gêne à proprement parler. Aujourd'hui, même les psychologues admettent l'influence du patrimoine génétique dans l'accession au bonheur, mais nous avons toute latitude pour favoriser et faire fructifier, ou contrarier nos tendances basiques.

La recette du bonheur est donc question de bon sens et la plupart d'entre nous sommes à même de remplir notre réservoir. A nous d'utiliser à bon escient notre libre arbitre !

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