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Comment choisir un chat de race ?

Info & Savoir

Le printemps est la saison de multiples naissances de chatons, après un hiver où les amours félines se sont un peu éteintes. Un français sur 4 possède un chat, et le chat de maison est le plus fréquemment rencontré. Mais le chat de race a la côte. Voici comment le choisir.

 

Si vous êtes de plus en plus nombreux à craquer sur l’idée d’acquérir un chat de race parmi les nombreuses races représentées en France, vous êtes peu nombreux à savoir quelles précautions prendre et quelles démarches entreprendre pour guider votre choix et trouver le chaton de vos rêves…

 

Qu’est-ce qu’un chat de race ?
Un chat est reconnu comme appartenant à une race lorsque lui est délivré un pedigree. Le pedigree est un document officiel délivré par une association agréée qui enregistre les naissances déclarées par les éleveurs. Ce pedigree retrace l’arbre généalogique et les titres remportés en exposition par les parents du chat sur 4 générations.

 

Ainsi, un chaton né de 2 parents dits « de race » ne sera pas reconnu comme étant « de race » si l’éleveur n’a pas au préalable déclaré sa naissance auprès de l’association en charge de délivrance des pedigrees et fait la demande de pedigree. Chaque pays possède un ou plusieurs organes s'occupant de l'émission des pedigrees. En France, cet organe s'appelle le LOOF (Livre Officiel des Origines Félines). Il existe également des associations internationales comme la TICA, la FIFé, la CFA et la WCF.

 

Un chat né en France (que ses parents soient nés en France ou non) ne peut être considéré comme « chat de race » depuis la loi du 6 janvier 1999 que s'il possède un pedigree émis par le seul Livre des Origines habilité par le Ministère de l'agriculture à tenir une généalogie officielle : le LOOF.

 

Pour qu'un chat né à l'étranger soit considéré en France comme « de race », il est nécessaire que son pedigree soit reconnu par ce même organisme. Chaque chat ou chaton de race né à l’étranger et importé en France, fait donc l’objet d’une deuxième inscription au LOOF, afin d’obtenir l’établissement de son pedigree français et être alors reconnu comme étant « de race » en France.

 


 

Chat de race : le standard de la race

Un chat de race tente de s’approcher au maximum du « standard » de la race, le standard étant la description complète et précise de ce que doit être physiquement le chat idéal pour une race donnée et un rappel des défauts à éviter.

 

Un système de notation attribue des points à la qualité de certaines parties du corps, de la qualité de la fourrure ou de la couleur de la robe du chat, ce qui permet d’apprécier plus justement l’importance de certaines faiblesses ou « défauts » de ce qu’est le chat par rapport au standard de la race à laquelle il appartient.

 

Ce standard est la base sur laquelle sont construites l’observation et l’évaluation des qualités d’un chat en exposition par les juges, qui doivent les connaître parfaitement. Ils déterminent ainsi les meilleurs chats de chaque race. Les éleveurs sélectionnent leurs reproducteurs pour s’approcher au mieux de ce standard, tenter de produire le plus beau chat de « leur » race et confrontent souvent leur base de sélection au regard des jugements en exposition afin de valider la qualité de leur programme de sélection.

 

Les standards de chaque race sont mis au point par les juges, membres des clubs de race et éleveurs et peuvent évoluer : ils intègrent parfois de nouveaux critères, des nouvelles couleurs de robes apparaissant au gré des sélections. C’est ainsi qu’un Persan du début du siècle n’a plus rien à voir avec un Persan actuel. Le respect du standard ne doit cependant pas se faire au détriment de la santé de l’animal : si sa morphologie parfois « hyper typée » inconforte la vie de l’animal, elle est considérée comme un défaut et pénalisée.

 

Choisir un chat de race, c’est avant tout… choisir une race de chat !

… et ce n’est pas si évident ! Choisir une race de chat répond souvent du coup de cœur. Une nette préférence pour un physique, un « type morphologique », ou même un caractère… la difficulté réside le plus souvent dans la découverte des races. Flâner dans une exposition féline permet d’approcher desraces très particulières, parfois assez rares, mais aussi de découvrir parfois son attirance pour une morphologie particulière.


Le type morphologique moyen du chat est représenté par le chat européen. Des variations de ce type ont donné lieu à la distinction de quatre types morphologiques distincts :
Le type bréviligne ou cobby : corps massif, court et puissant, ossature forte, encolure épaisse et courte, queue courte et épaisse, tête ronde, profil concave (Persan, Exotic Shorthair, Burmese),


Le type médioligne : corps rectangulaire, ossature solide sans excès, encolure dégagée, queue moyenne, tête équilibrée et intermédiaire (Chartreux, Mau Egyptien, Abyssin),


Le type longiligne ou oriental : corps long et tubulaire, ossature fine, encolure longue, queue fine et longue, tête triangulaire, profil convexe ou droit (Oriental, Siamois, Cornish Rex, Peterbald)


Le type long et puissant : corps long et puissant, ossature forte (Bengal, Maine Coon, Norvégien, Sacré de Birmanie)

 

La qualité de la fourrure est aussi un point important à prendre en considération : des efforts de toilettage et d’entretien plus ou moins importants seront à fournir en fonction de la longueur de son poil et de sa qualité « laineuse » ou soyeuse. Certaines races existent en poils longs, d’autres en poils mi-longs ou courts. Certaines races encore sont aussi dépourvues de poils, comme le Sphinx. Cette nudité (alopécie généralisée) est liée à une mutation spontanée, sélectionnée ensuite pour être stabilisée dans la race concernée.

 

Il apparaît important de se renseigner auprès des éleveurs à propos de l’entretien nécessaire des fourrures de nos amis félins : en effet, en exposition, les chats sont en beauté et ont parfois nécessité de nombreuses heures de shampooing, démêlage, séchage, toilettage avant de pouvoir être présentés. Il est utile de savoir si notre mode de vie peut faire de la place à un tel investissement de temps… sous peine par exemple de devoir faire tondre régulièrement un chat à poils longs non entretenu.

 

Le caractère du chat est un critère de choix majeur. Le LOOF met à votre disposition de nombreux documents vous décrivant chaque race de chat, les classant aussi selon 3 types de caractères : les « paisibles », les « sentimentaux » et les « démonstratifs ». Ne pas hésiter à les contacter pour de précieux conseils avant l’acquisition d’un chat de race.

 

La santé du chat de race

Le chat de race est un animal qui a subi des sélections génétiques, afin d’obtenir la naissance du chat obéissant le plus parfaitement au standard de la race. La consanguinité est un sujet abordé fréquemment, car responsable de fragilités diverses.

 

Chaque race de chat est exposée aux problèmes généraux de santé rencontrés dans l’espèce féline, mais parfois, certaines affections sont rencontrées particulièrement au sein de certaines races. Votre vétérinaire sera le plus à même d’aborder avec vous et de vous expliquer en quoi consiste ces affections, quelles sont les conséquences attendues sur la vie de votre animal et comment les prendre en charge.

 

Plus encore, il vous conseillera sur les précautions à prendre afin de guider votre choix sur un élevage pratiquant des tests afin de vous prémunir de tout problème grave. En effet, certaines affections peuvent être dépistées chez les reproducteurs et le cas échéant, permettre d’éliminer de la reproduction des chats qui pourraient produire des chatons malades à plus ou moins long terme.

 

Chat de race : les affections graves

C’est le cas d’affections graves telles que :

Myocardiopathie Hypertrophique Féline (HCM) : cette affection consiste en un épaississement anormal et important du muscle cardiaque (myocarde), aboutissant à une rigidité du muscle et un comblement de l’espace libre dans le ventricule gauche aboutissant à un diagnostic fatal plus ou moins rapide (morts brutales observées parfois dans les 2 premières années de vie),

Polykystose Rénale (PKD) : évolution de kystes (cavités liquidiennes) nombreux au sein du parenchyme (tissu) rénal, aboutissant à la destruction des reins et mettant en jeu le pronostic vital de l’animal souvent vers l’âge de 4 ou 5 ans. La transmission de la maladie est dominante, si un des parents est atteint, le chaton a donc une chance sur 2 de l’être aussi.

Atrophie Rétinienne Progressive (PRA) : dégénérescence progressive de la rétine aboutissant à une cécité rapide (animal aveugle),

Amyloïdose rénale : dépôt d’amyloïde (substance protéinée), au niveau rénal, aboutissant à une insuffisance rénale rapide et létale,

Amyotrophie spinale (SMA) : c’est une affection des cellules nerveuses de la moelle épinière aboutissant à l’âge d’environ 3 mois à une atrophie et une faiblesse musculaire.

 

Le dépistage des affections graves

Certaines affections disposent de tests génétiques, d’autres sont difficilement dépistées. Les tests génétiques disponibles dans certaines races (comme le test HCM chez le Maine Coon) ne sont pas valables dans d’autres races (comme chez le Bengal par exemple).

 

Des études sont en cours et comptent beaucoup sur la transparence et la participation des éleveurs de chaque race pour développer ce genre de tests qui seraient alors plus précoces dans la détection de la maladie et permettraient alors de faire naitre des chatons en meilleure santé.

 

Chat de race : les affection virales et parasitaires

En dehors des affections génétiques, l’élevage félin est affecté par quelques affections virales et parasitaires plus ou moins bien maîtrisées par la médecine vétérinaire :

affections parasitaires : giardiose et trichomonase sont des parasites intestinaux affectant les élevages félins, échappant aux vermifuges traditionnels et responsables de diarrhées bouseuses ou très liquides pouvant perturber la croissance du chaton après son adoption. Si la giardiose est bien identifiée par les vétérinaires, la trichomonase est moins bien connue, car récemment introduite par des animaux venus des Etats-Unis pour apporter su sang nouveau aux lignées européennes. Des traitements existent si l’affection est diagnostiquée (test sur selles).


affections virales : diverses affections virales peuvent entraîner des signes oculaires et respiratoires sévères, associées au syndrome coryza, et sont difficilement maitrisables en élevage. Certains chats peuvent être porteurs chroniques de ces virus que sont les Herpes virus et les Calicivirus.
Une affection virale touche sévèrement les élevages de chats, en France comme ailleurs : la PIF, ou Péritonite Infectieuse Féline.

 

Cette affection a un pronostic sombre, fatale dans tous les cas, et cause dans sa forme la plus facile à détecter des épanchements abdominaux ou thoraciques (accumulation de liquides) ou plus difficilement perceptible, une perte lente et progressive de poids. Le diagnostic est difficile dans cette deuxième forme. Cette affection n’est pas un problème d’hygiène d’élevage, elle intervient souvent lorsque beaucoup de chats sont élevés ensemble et partagent la même litière. Certaines lignées semblent être plus sensibles. Des précautions sont prises par certains éleveurs visant à minimiser les stress subis par le chaton avant son départ : décalage des vaccins de quelques jours par rapport à son adoption, par exemple.

 

J’ai choisis mon chat de race, et après ?

Il n’y a pas de règle malheureusement pour trouver un bon éleveur. Certaines démarches sont néanmoins incontournables.

Le LOOF met à votre disposition, en ligne sur son site web, les portées dont la naissance a été déclarée auprès de leurs services pour chaque race concernée. Les coordonnées de l’éleveur, ainsi que la taille de la portée, les sexes des chatons, et l’identification de la mère sont mentionnés.

 

Attention toutefois : les éleveurs ne sont pas limités quand aux nombre de portées par chatte reproductrice sur une durée précise. 2 portées nombreuses consécutives pour une même chatte peut être le reflet d’une reproduction intensive au sein de l’élevage. Les chattes peuvent en effet porter jusqu’à 3 portées par an (2 mois de gestation, 2 mois de lactation).

 

Les clubs de race vous proposent des coordonnées d’éleveurs qui adhèrent à leur club, et participent donc à la communication faite autour de la race. En aucun cas cette adhésion n’est une « charte » qualité quand aux pratiques d’élevage ou de santé de votre futur chat de race.

 

Où trouver votre chat de race ?

Rencontrer des éleveurs en exposition féline est facile, et vous avez accès sur un même lieu aux meilleurs reproducteurs de l’éleveur. Seuls des éleveurs professionnels ont le droit de vendre un chaton en exposition. Mais il est souvent préférable d’acquérir votre chaton chez l’éleveur même, pour vous rendre compte directement des conditions d’élevage et prendre le temps de recevoir ses conseils.

 

Des éleveurs proposent des sites web de plus en plus développés, et très référencés. C’est une première prise de contact intéressante mais qui ne renseigne pas sur les conditions d’élevage. Ces sites vous présentent leurs étalons, leurs femelles et leurs chatons disponibles.

 

Dans le meilleur des cas, il est fait mention des tests réalisés par l’éleveur pour se prémunir des affections congénitales, parasitaires ou virales. Si l’éleveur fait des expositions et est récompensé pour la beauté de ses chats, les titres de ses champions sont renseignés. C’est un gage de conformité au standard de ses lignées.

 

Votre chaton peut être issu d’un élevage amateur ou professionnel. Un éleveur est déclaré professionnel à partir du moment où il produit plus de 1 portée par an. Certains éleveurs produisent peu, mais produisent des chatons néanmoins très beau et très titrés en exposition, et en bonne santé. C’est souvent le gage d’avoir un chaton élevé en famille, et donc très sociable.

 

Les gros élevages ont souvent des structures très adaptées, soumises à des contrôles vétérinaires, et élèvent dans le meilleur des cas leurs chats en petits lots. Ils disposent dans l’idéal d’une maternité et d’une infirmerie. Ils effectuent des quarantaines pour les chats nouveaux entrants dans l’élevage. Ils ont plus facilement du recul sur l’évolution de leurs chatons.

 

Acquérir un chat de race, c’est acquérir un chaton, souvent à l’âge de 3 mois pour une sociabilisation optimale, ou un adulte que l’éleveur place à la retraite après quelques années et donc, cédé à un prix plus modeste.

 

Adopter un chat de race : les formalités

Un chat de race doit vous être vendu dans tous les cas avec :

Un document d’identification par tatouage (en passe d’être abandonné) ou par puce électronique,

Un certificat de cession obligatoirement rempli par un vétérinaire attestant de sa santé au moment de l’achat,

Un pedigree officiel édité par le LOOF,

 

Un certificat de vente ou contrat, daté et signé par le vendeur et l’acheteur qui stipule les conditions légales de l’échange,

Un document d’information sur les caractéristiques et les besoins de votre chat, éventuellement des conseils d’éducation,

Un carnet de santé établi par le vétérinaire ayant suivi le chat reportant les vaccins reçus avant la date d’adoption.

 

Adopter un chat de race et choisir un bon éleveur

Un bon éleveur, amateur ou professionnel, est celui qui communique avec vous facilement, tant sur les qualités de la race que sur ses éventuelles fragilités. C’est celui qui souhaite faire naître non seulement de beaux chatons, mais aussi et surtout des chats en bonne santé et bien sociabilisés.

 

Pour cela, des précautions sont prises grâce à un bon encadrement vétérinaire et une sélection des reproducteurs rigoureuse. Il s’agit alors de trouver un éleveur passionné, qui élève toutefois avec raison votre futur compagnon. Votre éleveur n’hésitera pas à valoriser les éventuels tests lui permettant de sécuriser au mieux la santé de ses chats. Bon choix et… bonne adoption !

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