Biographies
Accueil > Biographie d'Yves Saint-Laurent

Biographie d'Yves Saint-Laurent

Info & Savoir

Silhouette longiligne, chemise blanche et lunettes d'écailles. Un air angélique derrière lequel se logent les tourments d'une quête toujours inachevée. « Le petit prince de la mode » : c'est ainsi qu'on a surnommé Yves Saint-Laurent, impossible conciliation entre un génie frustré par sa condition humaine et son désir de perfection. Niché dans chacune de nos garde-robes,  a gagné le pari de l'immortalité, transcendant le style au quotidien sans jamais passer de mode. Un créateur qui offrit aux femmes la plus belle des déclarations d'amour.

Yves Saint-Laurent est mort deux fois avant de devenir éternel. La première, c'est lorsqu'il met fin à sa carrière dans la haute couture, le 22 janvier 2002, lui qui affirme ne savoir « que créer », devenant ainsi le premier couturier à quitter sa maison sans y être forcé par l'échec. Alors qu'il décède le 1er juin 2008 à Paris à l'âge de 71 ans, c'est tout un chapitre de l'histoire de la mode qu'il referme avec lui. Fin observateur de son époque, il a révolutionné la société et transformé l'image de la femme, réussissant un coup de maître : « sentir » son temps, le transcrire en quelques coups de crayons pour le revêtir sur un corps en mouvement.

 

Et parvenir, de son vivant, à faire entrer ses créations au Panthéon des piliers de la mode contemporaine. Bien plus qu'un couturier incontournable, Yves Saint-Laurent personnifie à lui seul l'élégance intemporelle et absolue.

 

Yves Saint-Laurent nait a Oran

Né le 1er aout 1936 à Oran, en Algérie, Yves Henri Donat Mathieu Saint-Laurent mène une enfance comblée au coeur de la bourgeoisie locale. Enfant-roi, entouré de femmes et choyé par toute sa famille, il est un artiste né et commence, très jeune,  à dessiner et écrire des poèmes.

 

C'est dans ses doux souvenirs de jeunesse et dans sa ville natale, qu'il décrit comme « étincelante dans un patchwork de mille couleurs, sous le calme soleil d'Afrique du Nord », qu'il puisera l'inspiration nécessaire à ses collections. Á l'école, le jeune garçon préfère rester seul, recueilli dans un coin de la cour. Au lycée Lamoricière où il étudie, c'est dans la persécution et la honte qu'il franchit les couloirs depuis que des élèves ont découvert son homosexualité refoulée. Cette solitude devient une force, ainsi qu'il la cultive pour en faire une différence.

 

Yves Saint-Laurent, succès précoce

Le succès lui vient très vite : à 17 ans, le jeune homme découvre l'annonce du premier concours annuel de dessins de mode organisé par le secrétariat international de la laine à Paris. Avec un jury d'exception : parmi eux, Hubert de Givenchy et Christian Dior pour lequel il travaillera plus tard.

 

Les dessins d'Yves sont sélectionnés et il obtient le troisième prix de la catégorie robe. Heureux mais relativement insatisfait, Yves Saint-Laurent s'attendait à décrocher la première place. Rien que ça. C'est lors de la remise des prix qu'il rencontre un homme crucial pour son avenir : Michel de Brunhoff, le directeur et le rédacteur en chef du magazine « Vogue » depuis 1929, avec lequel il entame une étroite correspondance, vitrine de ses oeuvres sur papier. Dans ses lettres, ce dernier lui conseille de finir ses études avant de se lancer dans la création.

 

Un conseil que le jeune Yves suit à la lettre, puisqu'il intègre l'école professionnelle de la chambre syndicale de la haute couture après avoir obtenu son baccalauréat. En 1954, il retente le concours de mode du secrétariat international de la laine : victorieux, il remporte le premier prix et le troisième prix de la catégorie robe. C’est le coup d'envoi de sa carrière et de Brunhoff présente le jeune prodige à la maison Dior, dans laquelle il est immédiatement engagé.  

 

Rendez-vous au 30, avenue de Montaigne. Á la différence des autres assistants modélistes, Saint-Laurent s'impose comme une figure à part entière de la maison Dior, où il s'éduque simultanément aux exigences de la haute couture ainsi qu'aux règles d'or de la vie mondaine parisienne. « Dior m'avait appris à aimer autre chose que la mode et le stylisme : la noblesse fondamentale du métier de couturier. » S'installent complicité et respect mutuel entre le maître et l'apprenti, une authentique complémentarité, l'un apportant son savoir faire du métier et l'autre, l'audace de sa jeunesse.

 

Yves Saint-Laurent ropulsé à la tête de la maison Dior

Á tel point qu'Yves Saint-Laurent se retrouve propulsé à la tête de la maison lorsque Christian Dior décède brutalement, en 1957, d'une crise cardiaque. Á son enterrement, le jeune couturier fait une première rencontre avec son futur compagnon Pierre Bergé, avec lequel il fera plus ample connaissance lors d'un dîner organisé par Marie-Louise Bousquet, la représentante en France du journal américain « Harper's Bazaar ». Á 21 ans, le jeune Saint-Laurent devient directeur artistique et lance un an plus tard sa célèbre collection « Trapèze », pour laquelle il obtient le Neiman Marcus Oscar, attribué chaque année à un couturier. C'est à cette occasion qu'il raccourcit son nom simplement en Yves-Saint-Laurent, une manière d'affirmer son identité tout en se détachant progressivement de celle de Dior.

 

Yves Saint-Laurent, surdoué de la mode

Les attentes sont nombreuses, la pression immense. La ligne remporte le triomphe tant espéré, début d'une révolution qui va marquer la mode des années 60. Les silhouettes se délient enfin de leurs corsages étroits, les mouvements se libèrent, le trapèze annonce l'arrivée du « prêt-à-porter » au sein de la haute couture sans jamais en violer les principes.

 

Inconnu jusqu'alors, Saint-Laurent se retrouve au centre de l'effervescence médiatique, des paparazzis et des flashs, une nouveauté pour ce bourreau de travail solitaire, tiraillé entre le désir d'innover sans pour autant trahir les codes de son défunt mentor. Harcelé par la presse, jamais le couturier ne dévoile d'informations personnelles ou superflues, laissant aux journalistes la fantaisie des suppositions ou des interrogations qui ne font qu'alimenter depuis le mythe Saint-Laurent. Indéchiffrable.

 

Yves Saint-Laurent mobilisé

Après avoir réalisé quelques six collections pour Dior, dont celle du « Beat Look », Yves Saint-Laurent est mobilisé en 1960 alors que la France s'enlise dans la guerre d'Algérie. Un traumatisme qui ne guérira jamais et le créateur tombe dans une dépression chronique et finit hospitalisé à l'hôpital militaire du Val de Grâce, pointé du doigt par la presse nationale qui lui reproche de fuir ses responsabilités.

 

Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé

Seul Pierre Bergé se bat pour l'extirper de là. Á sa sortie, ils fondent ensemble la maison  « Haute Couture Yves Saint-Laurent » en 1962, pour lancer ensuite « Yves Saint-Laurent Rive Gauche » en 1966, un projet porteur d'une philosophie particulière : confronter la haute couture à la réalité et affirmer la dimension sociale du vêtement. « Á bas le Ritz, vive la rue ! ».

 

Yves Saint-Laurent et Rive Gauche

Rive Gauche, c'est l'envie d'habiller la femme moderne de l'après-guerre, une femme active, nerveuse et décidée. Une femme qui n'a désormais plus d'excuses si elle commet une faute de goût. «Le plus beau vêtement qui puisse habiller une femme, ce sont les bras de l'homme qu'elle aime. Mais, pour toutes celles qui n'ont pas eu la chance de trouver ce bonheur, je suis là.» : telle est la promesse d'Yves Saint-Laurent.

 

Une promesse qu'il a su remplir à merveille, à commencer par la création de son « éternel » smoking, véritable bouleversement dans le milieu de la haute couture et symbole de la femme au masculin.

 

Les exploits et les tours de forces s'enchaînent. Ce n'est pas l'oeil d'un novice prometteur qui s'impose, mais celui d'un couturier accompli. Si Saint-Laurent s'éloigne de la noblesse du noir - sa couleur emblématique -, c'est uniquement pour bousculer les associations de couleurs comme il le fait à la perfection sur la mythique robe « Mondrian », dont il restera le plus fier. Inspiré par le peintre, Yves Saint-Laurent décide de lui rendre hommage, non pas à la manière d'un vulgaire « copier-coller » sur du tissu, mais en s'appropriant les tableaux. D'autres viendront, notamment la robe « Picasso ». Cette initiative artistique audacieuse l'élève au-delà du statut de simple couturier, mais en fait un véritable visionnaire: le vêtement n'est plus une entité singulière sur laquelle on tamponne une date limite de péremption, ainsi que le veut la mode. Avec Saint-Laurent, le prêt-à-porter devient un art de vivre.

 

« La mode passe, le style est éternel. La mode est futile, le style pas ». Saharienne, trench-coat ou pantalon-tailleur : tous deviennent des classiques indémodables dès leur sortie sur les podiums. Yves Saint-Laurent emprunte à l'histoire et au vestiaire masculin ce qui marque l'avènement de la femme libérée: cigarette à la main, l'épaule avancée, l'élégance statique laisse place à la sensualité. Seule l'allure compte.

 

« Si Chanel a donné la liberté aux femmes, Yves Saint- Laurent leur a donné le pouvoir. » Ces propos de Pierre Bergé, largement plébiscités par la presse, prennent chair lorsque Coco Chanel désigne le créateur comme son successeur spirituel le 11 février 1968 sur la deuxième chaîne de télévision. Une mission à laquelle le prince de la mode s'adonnera tout au long de sa carrière. Les collections des années 1965 à 1969 sont fortement imprégnées des tendances pop-art (sous l'influence d'Andy Warhol) et africaines, avec des inspirations ethniques et sauvages.

 

Au sommet de sa gloire, Saint-Laurent fait face au scandale avec sa collection « 40 » au printemps-été de 1971. Tout le monde s'accorde à dire qu'on atteint le comble du kitsch : pour le couturier, c'est surtout une façon de rire de la mode de son époque, une surenchère en réponse à l'essoufflement créatif ambiant. Nouvelle controverse à la sortie de sa première eau de toilette pour homme lorsqu'il pose nu pour le magazine « Vogue », avec des lunettes pour unique accessoire. L'affaire ne manque pas de faire écho dans le milieu homosexuel, remettant le couple Bergé-Saint-Laurent au coeur de l'attention médiatique. Duo sulfureux, ils ont marqué les esprits en affichant leur homosexualité, une initiative d'autant plus risquée à leur époque puisqu'ils n'ont jamais cherché à cacher leur vie commune.

 

Union des contraires, car en apparence, tout les sépare. L'un a l'air d'un enfant timide, rêveur et mélancolique, l'autre est un homme d'affaires redoutable. Tel un Pygmalion, Pierre Bergé prend en charge la carrière d'Yves et le rayonnement de la maison Saint-Laurent. Unis par leur passion esthétique, ils rassemblent une collection de plus de 750 oeuvres d'art qui seront mises aux enchères à la mort du couturier. Se coupant progressivement du monde réel, le couple recrée un semblant de paradis perdu dans leur appartement rue de Babylone avant qu'Yves Saint-Laurent ne se plonge dans la drogue, résultat d'une liaison tumultueuse avec Jacques de Bascher, le petit ami de Karl Lagerfeld.

 

Le début de la chute : deux bouteilles de whisky par jour,  des drogues et des amphétamines et  des séjours en hôpital psychiatrique à la chaîne. C'est l'homme derrière le masque que dépeint Marie-Dominique Lelièvre dans sa biographie non autorisée « Saint-Laurent, mauvais garçon »,  une tentative de démanteler le mythe de l'artiste maudit. « Je ne crois pas au génie. C'est une invention bourgeoise. Freud ou Le Corbusier n'étaient pas géniaux. Ils étaient monomaniaques et concentrés sur leur travail. Yves -Saint-Laurent  a dédié sa vie à la haute couture.

 

Pierre Bergé a dit : "Yves Saint- Laurent est né avec une dépression nerveuse." Le médecin que j'ai vu conteste ce diagnostic. Le dépressif n'a pas d'énergie. Yves-Saint-Laurent avait une énergie considérable », a expliqué l’écrivain  au « Journal du Dimanche ». Une chose est sûre : ces années noires marquent un contraste entre la vie chaotique du couturier et la richesse de son élan créatif. Toujours en quête de perfection, serait-il allé au-delà de ses limites physiques et morales ? Une vie excessive. Pris au piège dans un élan auto-destructeur, il s'apparenterait à ses génies qui épuisent leur entourage et eux mêmes dans leur recherche d'un idéal inatteignable.

 

C'est ce qui amène le couple à abandonner la vie commune en 1976. Un an plus tard, le couturier sort son célèbre parfum « Opium », « pour celles qui s'adonnent à Yves Saint-Laurent ». Le flacon, laqué de rouge, se double d'une campagne publicitaire très intrigante et sensuelle. « Je ne voulais pas d'autre nom pour ce parfum », affirme Yves. Pourtant, aux États-Unis, le produit fait scandale, menacé de boycott par l'American Coalition Against Opium dans Drugs qui voit, dans l'appellation, une incitation à la consommation de drogues, renforcée par le vécu tumultueux du couturier en question. La protestation obtient gain de cause, puisque la phrase d'accroche sera réécrite en « celles qui adorent Yves Saint-Laurent».

 

1983. Se retirant du monde à nouveau, le couple Bergé-Saint-Laurent acquiert le Château Gabriel, à Benerville-sur-Mer en Normandie, un lieu où Marcel Proust aurait rencontré son éditeur Gallimard. L'écrivain fascine le prodige de la mode, et ce depuis son enfance : ce château devient le moyen de lui faire le plus bel hommage.Chaque pièce porte le nom d'un des personnages du roman « Á la recherche du temps perdu » : Yves occupe la chambre de Charles Swann, son compagnon celle du baron Palamède de Charlus, le tout dans une décoration Belle époque ? réalisée par Jacques Grange. Il faudra 4 ans à Yves Saint-Laurent pour ressortir de l'ombre, à l'occasion du « Bal des fées » ? donné par Marie-Hélène de Rotschild à l'hôtel Lambert.

 

Entre temps, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par le Président Mitterrand, le 12 mars 1985, et reçoit l'Oscar de la mode au Palais Garnier.

Nouvelle controverse en 1993, comme s'il devait en être ainsi à chaque sortie d'un parfum Yves Saint-Laurent. « Champagne », sa nouvelle création, est faite « pour les femmes heureuses, gaies et légères, et qui pétillent ». En moins de trois mois, les ventes explosent en Europe : le parfum sera néanmoins rebaptisé en « Yvresse », suite à une procédure judiciaire lancée par le comité interprofessionnel du vin de champagne, mais conservera son nom aux États-Unis. Pendant ce temps, leader en bourse en matière de mode, la société Yves Saint-Laurent fusionne avec le groupe Elf-Sanofi.

 

Le couturier cesse de dessiner les collections d' Yves Saint-Laurent Rive Gauche en 1997 pour confier la réalisation du prêt-à-porter au créateur israélien Alber Elbaz. Fatigué de s'être trop investi ? Las, peut-être, mais toujours brillant. Le 12 juillet 1998, en avant-première de la Coupe du monde de football, le prince de la mode organise un défilé grandiose au Stade de France. 40 ans de couture, plus de 300 modèles exposés aux yeux des téléspectateurs.

 

Un vainqueur avant l'heure, ainsi que le décrit « Paris-Match » : « Sur le Stade de France, le jour de la finale, il y aura un vainqueur. Mais ce vainqueur aura été précédé par un autre vainqueur : Yves Saint- Laurent. C'est notre histoire. Une scène antique : les trois cents femmes les plus belles du monde, caparaçonnées d'or, de soie et de lumière, habillées par Saint- Laurent, accompagneront les dieux du stade, semblables à des guerriers antiques ».

 

En 1999, le Groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute) acquiert Yves Saint-Laurent, un an avant que Tom Ford ne succède à Alber Elbaz à la direction artistique de la maison. L'année 2001 marque la dernière collection de haute couture à l'Hôtel Intercontinental, alors que personne ne se doute du départ proche du grand couturier français... La nouvelle tombe le 7 janvier 2002, au moment où Yves Saint-Laurent tient une conférence de presse au 5, avenue Marceau, siège historique de l’entreprise. Cette annonce fait l'effet d'une bombe. Le maître incontesté de la mode annonce son départ de la haute couture et la fermeture de la maison Yves Saint-Laurent.

 

«Je suis très fier que les femmes du monde entier portent des tailleurs pantalons, des cabans, des trench coats... Je me dis que j'ai créé la garde robe de la femme contemporaine, que j'ai participé à la transformation de mon époque. Je l'ai fait avec des vêtements, ce qui est sûrement moins important que la musique, l'architecture, la peinture et bien d'autres arts, mais quoi qu'il en soit, je l'ai fait. On me pardonnera d'en tirer vanité, mais j'ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n'était pas seulement faite pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s'assumer. Je me suis toujours élevé contre les fantasmes de certains qui satisfont leur ego à travers la mode. J'ai, au contraire, voulu me mettre au service des femmes. C'est à dire les servir… » dit-il en guise d'adieu.

 

Immédiatement, l'information circule, faisant les grands titres de tous les journaux. Alors que les admirateurs ont encore du mal à y croire, un défilé rétrospective est organisé au Centre Pompidou le 22 janvier à Paris, rassemblant plus de 2000 personnes des quatre coins du globe. Un grand moment d'émotion lorsque Catherine Deneuve, l'une des égéries du couturier, chante aux côtés de Laëtitia Casta, « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous » de Barbara. La fin d'une époque, peut-être même la fin d'un fardeau. Car le succès planétaire d'Yves Saint-Laurent n'a jamais semblé le remplir de bonheur, bien au contraire. Toute sa vie, il s'est adonné à la haute couture. Elle lui a volé sa jeunesse. Le jour où il tire sa révérence, il laisse transparaître ses faiblesses mais aussi un certain soulagement. La fin d'une quête que lui seul aurait pu mener à bien.

 

Après un retour aux sources au Maghreb, c'est dans la plus grande discrétion que le couturier s'éteint le 1er juin 2008 à Paris, à la suite d'un cancer du cerveau. Le deuil est d'autant plus grand que personne, à l'exception de Pierre Bergé, ne s'attendait à cette soudaine disparition. Des obsèques mémorables ont lieu à  l’égliseSaint-Roch, où des célébrités et les amis les plus proches du couturier viennent lui rendre un dernier hommage, le plus émouvant étant celui de son compagnon.

 

« Voilà, Yves, ce que je voulais te dire. Il va falloir se quitter maintenant. Je ne sais pas comment le faire parce que je ne te quitterai jamais. Même si je sais que nous ne partagerons plus l'émotion devant un tableau ou un objet d'art. Un jour, j'irai te rejoindre sous un palmier marocain ». Les cendres de Saint-Laurent reposent désormais dans le jardin Majorelle à Marrakech, une ville où il possédait une somptueuse résidence.  C’est un simple « Couturier français » qui  reste gravé sur la plaque de marbre de sa sépulture.

 

Dépossédé de son artiste le plus précieux, le monde de la mode craint désormais pour sa succession. « Dans la haute couture, il n'y aura rien après Coco Chanel et moi… », avait affirmé Yves Saint-Laurent. Bien plus qu'un savoir faire unique, c'est la noblesse d'une conception artistique du vêtement que le prince de la mode emporte avec lui. Le dernier d'une lignée flamboyante.

Rejoignez notre communauté