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Comment bien gérer une garde alternée ?

Info & Savoir

Une semaine chez la mère, une semaine chez le père. Un couple sur dix demande aujourd'hui la garde alternée pour leurs enfants. Ce mode de garde est pourtant loin de faire l'unanimité. Egalitaire pour les parents, est-il propice au bon équilibre de leur progéniture ? Quel est son impact sur la vie familiale et le bien-être des enfants ? L'alternance hebdomadaire est-elle trop courte pour que l'enfant s'adapte convenablement ? Faut-il la bannir pour les plus jeunes ? Bref, est-il possible de bien gérer ce changement permanent de résidence ?

La garde alternée a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années, du côté tant de ses détracteurs que de ses militants. Pourtant, ce mode de garde s'avère le moyen le plus juste et le plus rassurant pour l'enfant, qui peut ainsi être élevé au quotidien par ses deux parents.

La résidence ou garde alternée reste minoritaire en France car, dans la plupart des cas, la garde est accordée à un seul des deux parents, le plus souvent à la mère. Cependant, la loi sur l'autorité parentale du 4 mars 2002 a remis en avant cette possibilité, facilitée par les modifications apportées à la loi sur le divorce.

 

En fait, c'est la philosophie derrière la loi qui a changé. Le principe selon lequel il valait mieux pour l'enfant résider dans un seul foyer, traditionnellement le foyer maternel, est remis en cause pour faire en sorte que les deux parents aient une possibilité de garde équivalente. Les droits du père sont donc réaffirmés. L'article 373-2-9 précise même que le type de résidence alternée est le mode préférentiel, sauf s'il y a un autre accord entre les parents ou si le juge en décide autrement pour préserver l'enfant.

Elles sont plus nombreuses que dans le cas d'une garde classique.

La coopération des deux parents est non seulement conseillée mais obligatoire. En effet, il faut avoir une bonne organisation, mais surtout il faut accorder une attention toute spéciale à être en phase sur l'éducation et les valeurs à inculquer.

Bien sûr, même dans un couple marié, il y a parfois des désaccords, donc il ne faut pas exagérer les dissensions qui peuvent se manifester, mais l'essentiel doit être préservé afin que l'enfant ne sente pas de remise en cause permanente. Si cette condition n'est pas remplie, la résidence alternée représente alors une source de tension plus importante pour l'enfant qu'un autre type de garde.

 



Comme l'enfant va aller souvent d'une maison à l'autre, il est capital que ces arrivées et départs fréquents se passent bien et sans stress. Si les parents ont des choses à régler, qu'ils le fassent à un autre moment, afin qu'il ne soit pas pris à témoin et que ces changements ne soient pas une épreuve pour lui mais quelque chose qui peu à peu soit du ressort d'une habitude. L'idéal dans ce cas-là est de pouvoir dédoubler la garde-robe ainsi que les objets quotidiens.

 

Cela a clairement un coût. Mais il ne faut pas que chaque changement de résidence signifie déménagement ou passe par une crise, parce que les affaires de foot sont dans l'autre maison et que l'on a un match. Si l'enfant est petit et a un animal fétiche, essayez de le lui laisser.

Il faut aussi un accord sur la participation aux activités extra-scolaires. Tout simplement parce qu'il faut pouvoir se libérer ou avoir quelqu'un susceptible d'accompagner l'enfant aux activités.

Etant donné que les zones de résidence doivent rester proches, il faut prévoir le cas où l'on serait obligé de réviser ce type de garde ou en revoir la fréquence. Mieux vaut en parler dès le départ, plutôt qu'au moment où le problème se présente. Par exemple, si l'un des deux ex-conjoints est au chômage et retrouve un emploi dans une autre zone, cela modifie de fait le mode de garde. Il est aussi possible que la donne soit modifiée suite au remariage de l'un des parents ou des deux.

Il est bon pour les enfants de construire leur identité en s'inspirant de leurs deux parents et en connaissant leur histoire, en épousant et rejetant leurs valeurs. Cela n'est pas toujours possible, et ce sont parfois les grandsparents qui jouent ce rôle de mémoire pour l'enfant. Mais il est sûr que le fait de passer un temps assez équilibré entre ses deux parents est un avantage. De plus, les activités menées avec le papa sont souvent différentes de celles que l'on fait avec Maman et quel que soit le sexe de l'enfant, il est bon d'avoir un prisme large sur le monde des adultes.

Qui dit résidence alternée dit logiquement accord des deux parents. Et nous pouvons ainsi sortir du contexte où l'un des deux parents ne voyant pas souvent l'enfant représenterait le côté « gâteau » alors que l'autre assumerait toute l'autorité. Dans ce cas, les temps de garde étant relativement équivalents, ce phénomène est moins présent. Il est clair que pour le père qui a à coeur de rester proche de ses enfants, ce système est excellent. Statistiquement, lorsque la mère a la garde de l'enfant, plus de 20% des pères ne voient plus régulièrement leur enfant après cinq ans de séparation, les liens s'étant complètement délités.

Il y a aussi un avantage pour le parent qui a le droit d'apprécier la vie qu'il mène sans les enfants sans culpabilité. Le temps passant et les rancoeurs également, ce type de garde a tendance à fonctionner de mieux en mieux, au lieu de rompre le lien avec l'un des parents En fait on pourrait dire que ce type de garde est le plus positif, si les deux parents sont des adultes responsables, respectueux de l'autre et de leur enfant.

Le risque principal consiste dans le cas où l'on n'aurait pas pu détecter que l'un des deux parents est violent, ou exerce un type de chantage affectif sur l'enfant, ou autre déviance de comportement. Il ne faut pas croire que cela est rare ou que l'on peut le remarquer systématiquement. Et dans ce cas, ce type de garde est désastreux.

De même, il peut arriver que des parents peu scrupuleux pensent que ce système est plus intéressant car il évite de payer une pension (ce qui est d'ailleurs faux), ou tout simplement ce type de garde est demandé parce qu'il gène l'autre et permet donc d'assouvir une partie de son agressivité vis-à-vis du conjoint, l'enfant ne représentant plus qu'un enjeu.

Le deuxième risque est que la situation évolue. Cela a déjà été évoqué plus haut, mais les circonstances de la vie ne vont pas toujours là où nous le souhaitons, donc attention.

Troisième point : les choses évoluent dans la vie des parents, mais l'enfant aussi change. Il faut donc être attentif à son état d'esprit avant la garde alternée, et aussi lors de périodes « étapes » comme l'adolescence et ne pas rester bloqué sur un système ou sur des périodes de temps qu'il est possible de modifier.

Enfin, l'âge de l'enfant est à prendre en considération. Les psychologues s'accordent à dire que ce serait une erreur que d'adopter ce type de garde pour des bébés et des enfants de moins de trois ans, et dans tous les cas pour un nourrisson. Il vaut mieux procéder étape par étape. Il faut aussi savoir se remettre en tête comment le couple aurait continué à fonctionner et ne pas s'acharner à en faire beaucoup plus que ce que l'on aurait fait tout naturellement.

 

Tous les psychologues ne sont pas d'accord sur l'âge auquel le bébé ou tout petit enfant peut passer en garde alternée, mais il est clair qu'il faut agir avec plus de précautions, notamment pour les nuits qui peuvent être sources d'angoisse. Commencer par une nuit ou deux et augmenter au rythme de l'enfant est l'idéal. Les parents aimants auront tôt fait de voir la capacité d'adaptation de leur petit.

A ce jour, il n'existe pas suffisamment d'études qui permettraient statistiquement de voir quelles sont les conséquences pour les enfants de ce type de garde, notamment en fonction de leur âge. Il est clair que des enfants en résidence alternée consultent pour troubles du sommeil, nouvelles allergies, angoisses. Mais évidemment, il est très complexe pour un médecin, un juge ou un parent, de voir si cela est dû à ce nouveau mode de vie, à la simple séparation des parents ou à d'autres facteurs non détectés... De plus, chacun se devant d'être un parent modèle, il est difficile de garder la tête froide face aux problèmes d'un enfant petit ou grand. Dans les cas de séparation, l'exacerbation et la critique ne sont jamais loin et il faut se garder de jugements à l'emporte-pièce.

Connaître l'état d'esprit de l'enfant, surtout à l'adolescence. Il est tout à fait possible que l'enfant ait relativement peu de rapports avec l'un de ses parents, même avant la séparation, voire même qu'il dise ne pas vouloir aller chez un des parents. Dans ce cas, si les parents partent sur une résidence alternée, mieux vaut faire les choses pas à pas et non pas soudainement, afin de ne pas provoquer de rejet brutal. Il faut d'abord éclaircir ce qui se passe dans la tête de l'enfant avant d'imposer ce type de garde.

Les parents doivent aimer leur enfant, s'en sentir responsables, et parvenir à avoir une relation apaisée entre eux, au moins en présence de leur progéniture. Cela va sans dire, mais ce n'est pas toujours si évident dans les cas qui se présentent à la justice.

Les parents doivent pouvoir avoir des relations non agressives, même en cas de désaccord, afin de régler tous les détails matériels qui se présentent au fil du temps.

Les conditions matérielles dont nous avons déjà parlées doivent être remplies au mieux.

Il s'agit d'une garde alternée et non d'un partage, même s'il existe une convention, et les parents doivent garder une certaine souplesse quant à son application lors d'évènements spécifiques.

De plus en plus de familles font le choix de la résidence alternée qui permet à chacun de conserver sa place et son rôle au sein du nouveau modèle familial. Le droit de la famille a dû s'adapter à l'émergence de ces nouveaux comportements qui ne sont plus des cas isolés. Sauf motif grave, l'autorité est accordée à chaque parent, préservant ainsi l'intérêt de l'enfant. N'est-ce pas l'objectif essentiel ? 

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