Psycho et Sexo
Accueil > Bâtir une relation de confiance avec ses enfants

Bâtir une relation de confiance avec ses enfants

Info & Savoir

Elever des enfants est à la fois naturel et un vrai défi. Si l’on ne sait à quoi va ressembler le petit embryon que l’on voit sur l’échographie, il est encore plus difficile de savoir ce qu’il sera une vingtaine d’années après. Parvenir à bâtir de bonnes relations avec sa progéniture est en réalité le but ultime, et la confiance est la base de tout.

Entre le petit nourrisson que vous avez câliné, le petit enfant endiablé ou au contraire si tranquille, l’adolescent fatigant, les parents ont parfois la sensation qu’ils ont plusieurs enfants en un seul. Et lorsque l’on en a deux ou trois, la vie n’est pas monotone. En dépit de toutes les précautions prises, voici un bras cassé, une bonne angine, un vaccin fait juste à temps…

 

Elever des enfants n’a donc rien d’un long fleuve tranquille et pourtant toutes les femmes veulent devenir mère, ou presque. Il est vrai que l’on n’est pas très conscient de tout cela lorsque l’on en est à la première étape, celle de la grossesse. Et l’expérience des autres comme toujours est difficilement transférable, à chacun sa façon de vivre sa maternité et sa relation parentale.

 


 

La petite enfance, une époque primordiale

La confiance nait au tout début dans l’attachement entre le bébé et sa mère, avant que le père n’intervienne à son tour. Dès que l’enfant est fatigué, inquiet, qu’il a faim, il se manifeste, souvent en pleurant. Lorsque sa mère vient le réconforter, il comprend qu’elle est là en cas de souci. Il peut ainsi commencer à aller de l’avant. Ce sentiment est implicite bien entendu, les paroles ne sont pas vraiment essentielles, le ton est suffisamment rassurant pour que le petit enfant le perçoive.

 

En grandissant, les enfants construisent tout naturellement un lien d’attachement fort avec les parents leur permettant de surmonter les phases de stress. Il sourit, vient vous chercher, est heureux de vous voir en fin de journée après le travail. C’est la raison pour laquelle il est important d’être attentif à ses pleurs, ce qui permet de déterminer lesquels correspondent à une souffrance, à l’heure du biberon, ou simplement à la volonté de se faire prendre dans les bras.

 

Rapport de confiance : un modèle reproductible

Lorsque le tout-petit est en confiance avec ses parents, il est à même de donner cette confiance à d’autres adultes attentifs comme la baby-sitter ou l’assistante maternelle, qui elles aussi s’occupent de ses besoins. Une fois la découverte passée, il est capable de sentir s’il est en sécurité ou non. Cela n’empêche pas de prêter attention aux différentes phases importantes : changement de nounou, entrée en garderie, etc.

 

Les institutrices de maternelle savent que chez certains enfants, les pleurs peuvent durer plusieurs jours le matin, mais si cela continue, un entretien est nécessaire. Car l’enfant comprend normalement assez vite que les parents sont à nouveau là chaque soir ou de façon régulière. La relation née avec les parents donne une assise suffisante pour accepter d’autres types de contacts avec les adultes sans crainte préalable, si ce n’est celle de l’angoisse normale de la séparation, qui s’efface en occupant l’enfant à d’autres activités.

 

Rapport de confiance : l'état du couple

Il est clair qu’élever un enfant est plus simple lorsque le couple va bien. Car quand des problèmes de couple viennent s’insérer, qu’ils soient d’ordre sentimental, financier ou de santé, cela est parfois perceptible par l’enfant, du fait que ses parents sont en réalité différents avec lui, parfois moins attentifs, car il est difficile de parvenir à tout gérer en même temps. Il arrive que ce type de situation se prolonge, notamment en cas de problème de santé, et la situation devient alors nettement moins sécurisante pour l’enfant.

 

Evidemment, elle est également aussi très compliquée pour les adultes. L’important pour l’enfant, même tout petit, est surtout que cela ne s’installe pas dans la durée, afin que tout rentre dans l’ordre, ou qu’une nouvelle routine soit créée. Cela n’est pas toujours possible bien entendu, mais l’enfant a horreur du changement, quel qu’il soit. Il aimerait que tout soit immuable, or cela n’est pas toujours possible. En même temps, il est apte à faire preuve de grandes qualités d’adaptation, l’important est que la situation soit clarifiée dès que possible.

 

Rapport de confiance : l’importance de la routine

Enfants, petits et grands, adorent la routine. Et autant que faire se peut, il faut la leur offrir, ce qui représente bien entendu une contrainte pour les adultes et le reste de la famille. Cette routine est nécessaire en termes de sommeil (la fameuse sieste des petits par exemple), des horaires pour les repas et un estomac qui répond à des exigences quasi militaires. Elle existe aussi pour le coucher : au niveau de l’heure mais aussi du rituel quel qu’il soit, court ou long, peu importe.

 

Tous les parents le savent, l’enfant déteste déménager, aime à retrouver des rituels avec ses amis. Même plus âgé, lorsqu’il veut aller vers d’autres découvertes, il accepte difficilement que ses parents partent vivre ailleurs, se séparent. La base d’amarrage doit rester aussi solide que possible.

 

La confiance nait dans l’amour

Tout ce qui précède prend racine dans l’amour que portent les parents à l’enfant. Cet amour permet à l’enfant de se sentir protégé, mais aussi et surtout valorisé. Le père, la mère, mais aussi d’autres membres de la famille, applaudissent aux sourires, aux progrès en matière de marche, à un jeu gagné, à une compétition de judo ou autre ; l’institutrice aussi met en valeur les points positifs.

 

Toute cette chaîne est en place au fil du temps en faveur de la progression et de la mise en confiance de l’enfant. Les parents et les éducateurs sont ceux qui bâtissent jour après jour les conditions permettant à l’enfant d’avancer. Si les premières années sont au contraire défavorables, ce qui peut arriver chez des enfants abandonnés par exemple, il va falloir travailler à réparer cette blessure initiale. Comme l’ont démontré Marcel Rufo, Boris Cyrulnic et d’autres psychiatres ou pédopsychiatres, certains surmontent plus facilement que d’autres les obstacles grâce à une capacité de résilience supérieure, dont on ne connaît pas vraiment l’origine.

 

Les spécialistes mettent en avant certains conseils, logiques évidemment, mais difficiles parfois à mettre en place. Ainsi, il est recommandé de valoriser autant que faire se peut les efforts ou progrès, même peu importants, de l’enfant. Il adore les « bravo », mais attention il ne s’agit pas non plus de faire preuve d’admiration béate. Cette façon de faire donne une grande confiance en soi. En général, les parents n’ont aucune difficulté à applaudir aux premier pas, aux premiers mots, mais il ne faut pas oublier que cela doit aussi s’inscrire dans le temps.

 

De plus en plus autonome jusqu’à l’indépendance

Encourager l’autonomie est aussi une belle preuve de confiance, que cela se passe lorsqu’il descend ses premiers escaliers, va pour la première fois à l’école seul, ou arrive à faire du vélo sans roulettes supplémentaires. Même si le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, peu importe, c’est le progrès qui est intéressant et doit être applaudi. Et cela continue… la première soirée, le premier gâteau mis au four, la participation à une compétition de sport, sans oublier les événements comme le brevet ou le bac.

 

Il s’agit d’être là pour aller plus loin, y compris parfois pour l’aider à dépasser sa peur en lui faisant comprendre qu’il n’y a pas de honte à avoir. Mais le vrai challenge des parents est de parvenir à accepter les échecs et de faire sentir son mécontentement, parfois sa colère sans aller trop loin. Or, la maitrise de soi est en certaines circonstances difficiles avec les enfants ! Des mauvaises notes, des mensonges, une colle, etc. En effet, il est logique immédiatement de le réprimander, le problème est de parvenir à ne pas utiliser des mots blessants, histoire de le faire réagir. Ce qui ne marche habituellement absolument pas, bien au contraire.

 

Le pire (mais là encore, difficile de jeter la pierre !) est de faire des comparaisons peu flatteuses pour lui, avec son frère ou sa sœur par exemple. Ou encore de l’humilier sans vraiment le vouloir simplement parce que l’on est en colère, fâché, et que la journée a été mauvaise. Se moquer est parfois un simple réflexe, mais contribue en réalité à un profond découragement chez l’enfant. Tous les parents le savent, il suffit de se mettre à la place de l’enfant en transposant la situation dans le monde du travail. Comment supporterions-nous un supérieur qui viendrait se moquer de nous ou nous comparer au collègue du bureau d’à-côté ? Et pourtant nous ne sommes plus des enfants, encore moins des ados susceptibles.

 

Il ne faut pas oublier que le but ultime de l’éducation est de faire de ce petit bébé un adulte tout à fait capable de mener sa vie seul dans la société contemporaine.

 

Explications versus obéissance

Le dialogue est toujours préférable aux ordres. Il n’est pas question de transiger sur la politesse, mais expliquer le pourquoi du comment est toujours une meilleure solution. Il est vrai que là encore, il faut quand même que certaines circonstances soient réunies. Il est parfois plus rapide et efficace du moins dans un premier temps pour parvenir à ses fins de dire qu’il faut faire ainsi et pas autrement.

 

Mais pour que cela soit vraiment intégré, expliquer même avec une seule phrase est préférable. D’autant que les enfants adorent poser des questions. « Pourquoi » semble être leur mot favori à un certain âge.

Les parents sont en première ligne, il leur faut parfois réparer les bévues commises par d’autres adultes et il est difficile de continuer à avancer en étant toujours parfait en tant que parent. Les erreurs sont possibles, le tout est de reconnaître que l’on peut avoir eu une réaction excessive, du simple fait que l’on a eu des contrariétés préalables. Histoire justement de rétablir la confiance.

 

Confiance envers ses enfants

Si la confiance acquise est la base d’une assise stable au développement de l’enfant, les parents aussi doivent apprendre à faire confiance à leur enfant, ce qui ne va pas toujours de soi.

Il y a en effet une grande différence entre les deux choses. Heureusement, les relations parents-enfants ont beaucoup changé. Auparavant, le père représentait l’autorité toute-puissante et sa parole ne pouvait être remise en cause. Aujourd’hui, le poids de la mère et du père sont plus équilibrés, voire l’autorité est parfois passée du côté de la mère, mais globalement le dialogue est de mise, en tous les cas bien plus que par le passé.


Mais s’il est un point important pour l’enfant qui grandit, c’est de sentir que le parent a confiance en lui, du moins pour les tâches en rapport avec son âge. Rien de pire que de sentir que ses propres parents ne croient pas en vous, en votre avenir, ou qu’ils ont peur de tout. Tout n’est peut-être pas rose, mais enfin, parler du taux de chômage à tous les repas, ou faire preuve de pessimisme quant au futur ne va pas arranger quoi que ce soit bien au contraire. Sans faire preuve d’angélisme, faire confiance à son enfant est un point essentiel pour son lancement dans la vie.

 

Une culpabilité à surmonter

Lorsque les choses tournent mal avec les enfants, c’est la culpabilité et le désarroi qui se font jour. Apprendre à être de bons parents, avoir éventuellement recours à une aide extérieure, que ce soit dans le cercle amical ou chez un pédopsychiatre est normal. Et pourtant le succès n’est pas toujours à la hauteur des espérances parentales.

 

Le parent doit aussi avoir confiance en lui et en ses capacités à réagir de la bonne façon. Lorsque l’on aime ses enfants et que l’on souhaite le meilleur pour eux, les réactions instinctives sont souvent les bonnes. Et s’il arrive que l’on se trompe, l’important est de redresser la barre, parfois en s’expliquant, mais en sachant qu’on ne devient pas parent d’un coup de baguette magique, cela se fait aussi dans le temps.


Réagissez face à l'auto-dévamuation de votre enfant
Si votre enfant a tendance à s’auto-dévaluer de façon régulière :
. « Je suis nul(le) »,
. « Je n’y arriverai jamais »,
. « Les autres sont meilleurs que moi »…


Il est toujours possible de réagir et de modifier le cours des choses. Alors, faites-le, c’est votre rôle de parents !

. La vision des psychothérapeutes

Il faut dire que les donneurs de leçons sont nombreux. En premier lieu d’ailleurs les psychothérapeutes qui n’hésitent pas à asséner des phrases terribles en corrélant directement le manque de confiance en soi avec l’incapacité des parents à inculquer à leur enfant une image positive de lui-même. Les spécialistes caractérisent ce manque de confiance par une absence de spontanéité chez l’enfant, puis chez l’adulte. Un comportement acquis au fur et à mesure que les attitudes instinctives de l’enfant sont systématiquement réprimées, que cela soit justifié ou pas. Cela est souvent le résultat d’une éducation très stricte.

 

Comme l’enfant ne peut pas suivre ses élans naturels, il tente donc de fonctionner systématiquement en se contrôlant et en sachant que ses élans ne sont pas appropriés. Evidemment dans ce cas, le processus d’auto-mépris se met en route, ne permettant plus de construire vraiment une assurance suffisante. L’enfant devenu adulte ne voit plus que ses défauts, ce qui l’empêche aussi d’aller vers les autres et de leur accorder à son tour une confiance qu’il ne possède pas.

 

Les conséquences sont diverses : un individu passif et résigné qui cherche à éviter ainsi les problèmes en tous genres, ou un individu qui peut reprendre pied grâce aussi à l’amour et au soutien d’un partenaire ou d’un médecin. Cela peut aussi être la conséquence d’un problème de santé chez l’un des deux parents, comme une dépression. Un parent dépressif aura en effet tendance à être et provoquer de l’anxiété, sans pouvoir se maîtriser et sans vraiment s’en rendre compte. On le sait, la dépression pousse à une vision pessimiste du monde qui se transforme souvent en peurs diverses et variées chez lui et chez l’enfant.

 

Il arrive en effet que les comportements négatifs des parents se transmettent dans la vision du monde acquise par l’enfant. Cela est relativement rare heureusement, car les deux parents exercent habituellement une influence différente.


La confiance est bel et bien la base de la relation entre parents/enfants, mais pour cela il faut que les parents possèdent également cette confiance en eux pour être à même de la transmettre.

Rejoignez notre communauté