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Accepter ou refuser la succession

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Quel que soit son lien de parenté avec le défunt, un héritier n’est jamais obligé d’accepter la succession. Une décision qui ne doit pas être prise à la légère et qui suppose de respecter la procédure.

Si vous héritez, vous disposez d’un délai légal de réflexion de 4 mois à compter du décès pour vous décider. Vous avez le choix entre :
- accepter la succession purement et simplement ;
- la refuser ;
- ne l’accepter qu’à concurrence de l’actif net.


Si au terme de ce premier délai de quatre mois, vous n’avez pas pris votre décision, un créancier de la succession, un cohéritier ou l’État peuvent vous sommer, par acte d’huissier, de vous décider. Un nouveau délai de 2 mois vous est alors imposé. Vous pouvez aussi demander au juge un délai supplémentaire. Mais attention, si au terme du nouveau délai de 2 mois, aucune décision n’est prise, vous êtes «réputé» avoir accepté la succession purement et simplement.

 


 

Accepter une succession : peut-on changer d’avis ?
Si vous acceptez purement et simplement une succession, vous ne pouvez plus y renoncer par la suite, ni l’accepter à concurrence de l’actif net. Si vous acceptez une succession à concurrence de l’actif net, vous perdez le droit d’y renoncer mais rien ne vous empêche de l’accepter par la suite : on considère alors que vous l’avez acceptée purement et simplement depuis l’ouverture de la succession.

 

Enfin, si vous renoncez à une succession, vous avez le droit de changer d’avis pendant 10 ans à condition qu’un autre héritier ne l’ait pas acceptée entre-temps. Vous serez obligé de l’accepter dans son intégralité, donc d’assumer les éventuelles dettes. Si personne ne vous a sommé de prendre position, vous avez un délai de 10 ans à compter de l’ouverture de la succession pour exercer votre option. Une fois ce délai écoulé, si vous n’avez toujours rien décidé on considère que vous avez refusé la succession.

 

Accepter purement et simplement la succession
Lorsque vous acceptez purement et simplement une succession:
- vous êtes obligé d’accepter la totalité de ce qui vous revient : autrement dit, vous ne pouvez pas décider de prendre certains biens et d’en refuser d’autres ;
- vous êtes tenu d’indemniser les créanciers de la succession sur vos deniers personnels lorsque l’actif de la succession est insuffisant pour couvrir les dettes du défunt.


Il existe une exception à ce principe : en cas de découverte tardive d’une dette, vous pouvez demander en justice à en être déchargé si vous ignoriez en toute bonne foi son existence au jour où vous avez accepté la succession et si elle risque de peser lourdement sur votre patrimoine. Ce sont les juges qui apprécient au cas par cas si ces conditions sont réunies et décident du montant de la dette dont vous pouvez être déchargé.

 

Succession : accepter à concurrence de l’actif net
En cas de doute sur l’étendue des dettes du défunt, l’acceptation de la succession à concurrence de l’actif net vous permet de ne répondre de ses dettes qu’à hauteur de la valeur des biens recueillis. Autrement dit, si les dettes sont supérieures à la valeur des biens laissés, vous ne serez pas tenu d’indemniser les créanciers sur vos deniers personnels.

 

Renoncer à la succession
Lorsque vous renoncez à une succession, tout se passe comme si vous n’aviez jamais eu vocation à hériter : vous ne recevez aucun bien, mais en contrepartie, vous n’avez pas à répondre des dettes du défunt sauf que vous restez tenus, à proportion de vos moyens, au paiement des frais funéraires de l’ascendant ou du descendant à la succession duquel vous renoncez.

 

Étant considéré comme non héritier, vous n’avez pas à rapporter à la succession les donations que le défunt vous avait consenties (à moins que le défunt ait prévu le contraire dans l’acte). S’il existe des héritiers réservataires, ils peuvent néanmoins demander à ce que la donation soit réduite si elle empiète sur leur part de réserve.

 

Renoncement en tant que bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie
Si le conjoint survivant bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie souscrit par le défunt n’a pas besoin de ces sommes, il peut, en tant que premier bénéficiaire du contrat, y renoncer par simple lettre adressée à la compagnie d’assurances. La renonciation ne peut pas être partielle.

 

Elle a pour effet d’attribuer le capital au second bénéficiaire désigné. Les droits de succession sont alors liquidés en fonction du lien de parenté existant entre le second bénéficiaire et l’assuré. Ce choix permet, par exemple, aux enfants ou tiers désignés de bénéficier du cadre fiscal avantageux de l’assurance vie.

 

En l’absence de second bénéficiaire désigné (par une mention du type «à défaut, mes héritiers»), la renonciation de l’unique bénéficiaire désigné entraîne le transfert des capitaux du contrat dans la succession en dehors du régime fiscal avantageux de l’assurance-vie.


Succession : à savoir
La renonciation à succession par un héritier qui est, par ailleurs, le bénéficiaire désigné par le défunt dans son contrat d’assurance-vie n’a aucune incidence sur ce contrat.


Succession : à retenir
La seule exception au principe d’acceptation totale concerne les légataires et le conjoint survivant bénéficiaire d’une donation au dernier vivant ou d’un testament en sa faveur : ils ont la possibilité de ne prendre qu’une partie de ce que le défunt leur a laissé à moins que ce dernier ait expressément prévu le contraire.

 

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