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Automédication : les règles à respecter

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L'automédication est un véritable phénomène de société qu'il convient de ne pas diaboliser. il est effectivement inutile d'encombrer les cabinets médicaux pour des maux mineurs qu'il est simple de soulager via des molécules connues ou en suivant les conseils des pharmaciens.

L'automédication a connu un bel essor en 2011 : les médicaments vendus sans ordonnances ont connu une progression l'année dernière allant jusqu'à représenter un marché de 2,1 milliards d'euros. Il s'agit donc de l'un des rares marchés liés à la pharmacie qui se portent bien, a contrario de celui de l'officine qui est en baisse. Plus de 80% des Français font confiance aux médicaments vendus sans ordonnance.

 



On constate que le coût lié à chaque transaction d'automédication est normalement inférieur à 5 euros, et concerne donc souvent des médicaments courants et établis depuis longtemps sur le marché. On peut noter aussi que les femmes sont plus concernées par l'automédication que les hommes, pour deux raisons : il y a beaucoup de produits de soins inclus dans ce marché et généralement ce sont elles qui achètent les produits pour les enfants lorsqu'ils sont malades.

Il convient cependant de respecter certaines règles afin que tout se passe bien.

Il est spécifié clairement que l'automédication est possible à condition de demander le conseil et l'aide du pharmacien. Celui-ci est en effet tout à fait à même de savoir quels sont les produits à conseiller pour tous les petits maux de la vie, ainsi que les posologies à respecter. Il prévient aussi de certains effets secondaires possibles.

Le pharmacien est un spécialiste compétent qui suit des études durant six à neuf ans en fonction des filières, autant dire que si son orientation n'en fait pas un médecin, elle lui permet de conseiller à bon escient les personnes qui viennent le consulter.

Le préparateur en pharmacie est quant à lui sous la responsabilité du pharmacien et sa tâche est différente : il est généralement chargé de préparer les prescriptions médicales, gère les stocks de l'officine, il conseille aussi la clientèle sur les produits qui sont dans la gamme de parapharmacie. Le diplôme s'obtient en deux ans dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, ce qui explique la différence au niveau des rôles entre l'un et l'autre.

Même si les préparateurs ont une excellente culture au niveau des médicaments, c'est le pharmacien qui est à même de vraiment conseiller au niveau d'un traitement en automédication, à moins qu'il ne s'agisse simplement de crèmes ou de soins.

Soigner un rhume, des insomnies passagères en automédication est couramment pratiqué dans notre pays sans que cela ne pose problème. Il faut cependant faire très attention sur un point : avoir des problèmes de sommeil lorsque l'on a des soucis temporaires, en période d'examens, lorsqu'un proche est malade, est assez normal et prendre des solutions calmantes souvent à base de plantes peut aider à retrouver un certain calme.

S'il s'agit d'une insomnie qui s'installe, il en va autrement. Idem pour n'importe quel mal qui dure, qu'il s'agisse d'un problème de brûlure d'estomac, de mal de dos ou de migraine, lorsque cela est récurrent, il convient de consulter afin de s'assurer que cela ne cache en effet rien d'autre et voir si une autre solution ne peut vraiment régler le problème définitivement. Un traitement plus adapté, une rééducation peuvent parfois rendre la vie plus agréable. Il s'agit surtout de s'assurer que ces maux ne cachent rien de plus grave, car l'automédication ne doit pas entraîner un retard de diagnostic trop important.

Il y a aussi une catégorie de personnes qui sont très prudentes avec tout ce qui concerne l'allopathie, mais n'hésitent pas à se lancer dans des traitements à base de plantes. En fonction du dosage ou de la durée du traitement, ces produits ne sont pourtant pas sans danger. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas non plus les prendre trop longtemps. Prendre un laxatif léger à base de plante peut être utile, mais sur la durée, la muqueuse de l'intestin peut souffrir et provoquer de nouveaux maux. L'abus est toujours un souci quel que soit le produit !

Le pharmacien est de bon aloi, mais en automédication, on ne le consulte pas forcément, puisqu'il est possible de prendre des médicaments qui se trouvent tout bonnement dans l'armoire à pharmacie, voire en libreservice, ou sur Internet. Dans ce cas, il convient de lire systématiquement la notice, pour être certain de suivre la posologie, que ce soit en termes de quantités et de durée.

Autre paragraphe à consulter : celui des effets secondaires et indésirables. Evidemment, il fait parfois peur car il liste toutes les « catastrophes » qui pourraient arriver dans des cas vraiment peu courants. Mais enfin, cela n'arrive pas toujours qu'aux autres, il convient donc de connaître un peu mieux ce que l'on prend. Et mieux encore, il faudrait lire cette notice à chaque fois que l'on prend le médicament. En premier lieu pour se la remémorer, mais aussi parce qu'elle subit parfois des mises à jour, suite à de nouveaux cas signalés. Il est aussi conseillé de garder les emballages jusqu'à ce que le médicament soit terminé.

Les médicaments sont souvent fragiles dans le sens où leur conservation est délicate. Il ne faut pas les garder plus longtemps que la date inscrite sur l'emballage et les stocker dans une endroit sec. Certains liquides doivent aussi être protégés de la lumière.

A ce titre, il convient de faire attention et ne pas jeter les médicaments périmés n'importe comment. Les autorités demandent à ce que les boîtes non utilisées soient remises au pharmacien qui est dans l'obligation de les collecter.

La raison de cette précaution est qu'il convient d'éviter toute intoxication accidentelle ; les médicaments pouvant parfois être assimilés à des bonbons par les enfants par exemple une fois qu'ils ne sont plus dans un endroit hors de leur portée, y compris dans la poubelle.

Les jeter dans les toilettes ou l'évier peut avoir des conséquences sur l'environnement, car qu'ils se retrouvent dans les eaux usées, ou dans la nature, ils détiennent toujours des principes actifs. Bien évidemment, au niveau d'un foyer, cela semble peu important, mais comme pour le recyclage, tout est affaire de volume. Lorsque tout le monde jette n'importe comment, cela finit par devenir nocif.

Il est des cas où l'automédication est interdite : lorsque les femmes sont enceintes ou en train d'allaiter puisque tout ce qu'elles absorbent concerne aussi l'embryon ou le bébé et peut lui nuire. Dans ce cas, quelle que soit la substance, il faut s'assurer de son innocuité, la consultation médicale s'impose donc. Si la femme a l'habitude de prendre certaines substances et de « s'automédiquer », elle peut faire un point avec son médecin à l'annonce de la grossesse sur ce qui est autorisé et ce qui doit être évité, afin de ne pas commettre d'erreur.

Tout a son importance lorsque l'on est enceinte, et s'il ne faut pas culpabiliser en permanence, il s'agit simplement d'être bien consciente des enjeux, afin que tout se passe pour le mieux.

Autre cas où la consultation s'impose, celui où l'on suit déjà un traitement, soit temporaire, soit permanent. Lorsque l'on consulte un médecin, il faut ainsi toujours lui signaler si l'on suit un traitement pour l'hypertension, le diabète, l'asthme. De même, lorsque l'on s'automédique, il convient de s'assurer que la substance que l'on prend ne va pas venir modifier les effets du traitement, soit en en augmentant les effets, soit au contraire en les réduisant, ce qui est peut être aussi dangereux dans un cas que dans l'autre.

Il est bien évident que s'il suit une chimiothérapie par exemple, le patient aura tendance à se renseigner de façon systématique. Mais il en va de même pour des traitements plus bénins. Si l'on prend des antibiotiques pendant huit jours, tout ajout de médicaments même très courant doit être fait en connaissance de cause. Un appel à son médecin peut suffire et rassurer.

A titre d'exemple, un malade qui a un ulcère ne doit pas prendre d'aspirine, de même toute aspirine est interdite en cas de traitement anticoagulant. Il existe aussi des décongestionnants nasaux très courants qui sont pourtant contre-indiqués en cas d'hypertension. Il n'est pas toujours très aisé pour un néophyte de savoir les composants exacts de médicaments, car les noms sont parfois complexes, ou en latin.

Autre type d'interaction qui peut arriver : l'action de la pilule peut quasiment disparaître sous l'effet de certains médicaments dont on ne se méfie pas du tout.

Le enfants sont source de bonheur mais aussi d'inquiétudes, surtout quand ils sont très jeunes. Ils n'ont généralement pas idée de ce qui est dangereux ou ne l'est pas et l'apprennent parfois à leurs dépens. Les parents leur apprennent à ne pas toucher aux prises, même protégées, à ne pas s'approcher de la cuisinière, mais on ne pense pas toujours à lui dire de ne pas avaler le flacon de fleurs de Bach. Parce que cela paraît tellement saugrenu que l'on n'y pense même pas. Médicaments, sirops, huiles essentielles, tout cela doit donc être tenu hors de portée des enfants. Les armoires à pharmacie sont là pour cela, et si possible autant la mettre dans un endroit qui se situe en hauteur, ou acheter une armoire qui ferme à clé.

Les parents pratiquent aussi l'automédication pour leurs enfants. Avec l'expérience, ils connaissent leur enfant, savent s'il est sujet facilement à la fièvre, a un sommeil agité, etc. Et il devient assez normal de leur donner un petit sirop ou des doses de paracétamol adaptées sur simple conseil du pharmacien lorsqu'ils sont enrhumés. Les mêmes précautions valent alors pour parents et enfants.

L'automédication est parfois décidée par un patient car il ne veut pas se rendre chez le médecin. Par manque de temps, par souci de rapidité, parfois aussi parce que certains font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas se rendre dans un cabinet médical.

Si les Français sont tous des hypocondriaques en puissance, a contrario, il y a ceux qui font tout ce qu'ils peuvent pour éviter le cabinet médical. Pratiquer l'automédication est dans ce cas une solution privilégiée, mais cela ne doit quand même pas empêcher de se rendre chez le médecin lorsque les maux deviennent récurrents. Il faut savoir se montrer adulte et ne rien lui cacher. Un peu de courage donc, il suffit de prendre le téléphone et un peu de temps pour se rendre en consultation.

Quelle que soit la substance en question, l'alcool est déconseillé car il est à même de modifier l'effet de certains médicaments et il augmente le risque d'effets indésirables. Pour ceux qui sont vendus en libre accès, les risques sont réduits, le danger principal réside dans le fait que le mélange risque de provoquer des moments de somnolence dans le cadre du travail ou de la conduite d'un véhicule.

L'alcool est bien entendu toujours mis en avant, car il est en vente légale. Mais il est bien entendu que tous les produits apparentés aux drogues sont concernés, cannabis y compris. Le fait de voir de plus en plus de personnes se permettre de fumer des « joints » sans vraiment se cacher ne change rien à l'affaire, au contraire, cela doit augmenter la vigilance.

Si l'automédication est généralement bien appliquée par les Français, il faut aussi être à même de savoir quand il faut s'arrêter et ne pas hésiter à consulter. Si le mal persiste bien entendu, mais aussi si l'on s'aperçoit que l'on ne peut plus vivre sans avaler sa dose quotidienne. Il existe ainsi des habitués de l'aspirine qui en prennent quotidiennement, ce qui peut avoir de graves conséquences. Les produits auxquels on peut avoir accès, y compris les plus simples des sirops, ont un effet qu'il ne faut pas négliger. Prendre des substances en permanence est une mauvaise habitude qu'il convient de maîtriser. La campagne sur les antibiotiques vaut donc aussi pour tous les médicaments, qu'ils soient en libre accès ou pas : à trop prendre d'une molécule, elle finit par perdre de son efficacité.

En conclusion, on peut dire que l'automédication est positive, à compter du moment où certaines règles de bon sens et de prudence sont suivies. Inutile d'avoir systématiquement recours à un spécialiste médical pour tout et n'importe quoi, il faut savoir raison garder.

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